Bundesliga / Bayern Munich : Heynckes, le pompier qui tombe à pic

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Par Alexandre COIQUIL|Ecrit pour TF1|2017-10-09T16:44:26.488Z, mis à jour 2017-10-09T17:28:46.591Z

Présenté comme nouvel entraîneur du Bayern Munich, lundi, Jupp Heynckes va entamer son quatrième passage à la tête d'un Bayern Munich malade. Confiant en lui, le double vainqueur de la Ligue des champion, pense qu'il peut réussir son retour aux affaires express. Un retour qui ne devrait pas se prolonger au-delà de la fin de la saison.

Heynckes : le choix de la raison pour le Bayern


Uli Hoeness a des amis de choix. Obligé de limoger Carlo Ancelotti, en disgrâce avec cinq cadres du Bayern, et fragilisé par sa méthode aux antipodes du quotidien d’un club décidément complexe, le puissant patron du Bayern Munich a fait le pari d’aller chercher une vieille connaissance pour relancer la machine. En engageant Jupp Heinckes jusqu’à la fin de la saison, le board de l’ogre bavarois s'est avancé en terrain connu car la tempête gronde au FC Hollywood.  Personne ne connaît mieux le fonctionnement du FCB que l’ancien international allemand, dont la riche carrière comme entraîneur parle pour elle.


"C'était clair, je ne voulais plus entrainer. En 2013, j’avais pris la décision de ne pas continuer en tant qu’entraîneur", a expliqué Heynckes lors de sa présentation effectuée lundi matin. "Mais il ne s'agit pas de moi, mais du Bayern. Je me suis décidé tout de suite", a soutenu le nouveau technicien munichois qui a reconstruit tout son staff - Toni Tapalovic, Peter Hermann, Hermann Gerland et Holger Broich - avec qui il avait réalisé un triplé historique Bundesliga, Coupe d’Allemagne et Ligue des champions en 2013. Ce retour que l'on n'attendait plus sera probablement un one-shot et rien d'autre. "J'ai reçu des offres de grands clubs ces dernières années, que j'ai refusé. Ce n’est pas un retour, je viens aider le Bayern", a martelé l'ancien attaquant de Gladbach et d'Hanovre.




Salihamidžić : "Le plan d'Heynckes m'a réellement impressionné"


Représentant de l’autorité calme, le natif de Mönchengladbach sait surtout comment trouver la paix sociale au sein d’un vestiaire complexe et vieillissant. Mais un vestiaire qu’il connaît et qui le connaît. Mais surtout le respecte. "Je suis impatient de relever ce challenge. Je sais comment faire pour m’adresser aux joueurs, comment travailler avec eux. Je suis confiant sur le fait que le club retrouve le chemin de la victoire", a-t-il indiqué devant la presse. Lâché par les cadres, Arjen Robben, Franck Ribéry, Thomas Müller et Jerôme Boateng, Ancelotti n’avait lui pas trouvé la formule humaine et technique pour gagner les faveurs d’un groupe amputé par les départs à la retraite de Xabi Alonso et de son capitaine Philipp Lahm à l’intersaison. Ce sera également une donnée importante de son deuxième intérim au Bayern, après la période avril - juin 2009. Ce Bayern est beaucoup plus jeune que celui qu'il avait laissé au sommet de l'Europe.


Incapable de faire passer son message, Ancelotti n’avait pas non trouvé la recette technique pour que le Bayern retrouve un peu de verticalité après la période Pep Guardiola, dont le travail et les méthodes ont indéniablement apporté un plus mais sans permettre aux Bavarois de trouver la clé face au Real Madrid et au FC Barcelone en Ligue des champions. Mais au jeu de la nostalgie comtemporaine, c'est bien le Bayern d'Heynckes qui manque au public bavarois. Timing, situation, effectif à reconstruire, connaissance sans égal du club, l'ancien technicien du Real Madrid remplissait plus le cahier des charges qu'un Thomas Tuchel, au profil moins diplomate.


Le choix d’engager le champion du monde 1974, qui avait lui su trouver cette clé face aux clubs espagnols en C1 lors de son dernier passage à la tête du Bayern entre 2011 et 2013, a d’ailleurs été le fruit d’un consensus au sein de la haute direction du Bayern qui remettra la grande décision à plus tard. Fortement critiqué pour ces récents choix sportifs, le board du Bayern avait besoin d'un pompier aux idées claires. "Nous avons rapidement conclu que Jupp était la meilleure solution. Il nous laisse le temps de préparer l'été prochain", a reconnu Uli Hoeness. Pour Hasan Salihamidžić, nommé directeur sportif l’été dernier, Heynckes a constitué une évidence. "Lors de nos premières discussions, son plan clair m'a réellement impressionné."




"Le Real est un bon exemple à suivre"


Obligé de redonner confiance à un groupe en berne, Heynckes va devoir trouver des solutions rapidement pour relancer une machine qui a évolué en retrait depuis le début de la saison.  "Je ne sais pas encore dans quel système nous allons jouer (...) Pour avoir vu le Real, je pense que c'est un bon exemple à suivre." Concernant les réfractaires au retour en arrière, l'Allemand a préféré bomber le torse. "Je peux comprendre les sceptiques, mais le football n'est pas nouveau. Je connais deux ou trois choses dessus."


Malgré quatre années hors du circuit, l'entraîneur allemand a reconnu volontiers que le football n’avait pas tellement changé depuis sa première retraite. Un état de fait qui lui donne confiance. "Mon travail est de constituer une équipe qui peut changer les choses. J’ai un plan clair pour cela et je sais comment l’appliquer.  C’est important que les joueurs retrouvent la confiance par rapport à leur possibilité.  Je veux créer une équipe ou chacun travaillera pour l'autre et où tout le monde se souciera de la réussite du club."


A 72 ans, ce quatrième passage à la tête du club qui lui a permis de lancer sa carrière d’entraîneur dans les années 1980, Jupp Heynckes n’a pas peur du temps qui avance et des affres de l’âge. "L'âge n'est qu'un chiffre. J'aime toujours la musique et le sport. Je suis en bonne condition, physiquement et psychologiquement.  J’ai le pouls d’un homme de 60 ans."


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