"Ça fait progresser"

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'Ça fait progresser'
Par DPPI|Ecrit pour TF1|2009-10-21T08:15:00.000Z, mis à jour 2009-10-21T08:15:00.000Z

Laurent Blanc ne s'inquiète pas des deux défaites de rang de Bordeaux, une première depuis son arrivée en Gironde, avant de recevoir le Bayern Munich en Ligue des champions, ce soir. Car seuls "les échecs font progresser" estime l'entraîneur qui se réjouit toutefois d'enregistrer le retour de Yohan

LAURENT BLANC, le Bayern, club prestigieux, est un véritable test à domicile en Ligue des Champions...


L.B. : Il n'y a que de l'impatience en ce qui nous concerne d'affronter un grand d'Europe.


Bordeaux reste sur deux défaites et paradoxalement vous dites "ça peut nous rendre service"...


L.B. : Même dans la vie de tous les jours, il n'y a que les échecs qui vous font progresser. Les succès vous font régresser car inconsciemment vous vous reposez dessus. On ne l'a pas fait exprès, je vous rassure. Mais il y a plus de choses à dire des défaites que quand votre équipe gagne. Ces défaites m'ont fait comprendre certaines choses et j'espère que je les aurai fait comprendre à mon équipe.


C'est donc une remise en question...


L.B. : Il le faut. Pas seulement pour les joueurs. Le staff technique aussi. Je ne me mets pas à part, je m'inclus toujours. Je pense, que contrairement à ce qu'on fait en Ligue des champions parce qu'on rencontre de grands clubs européens, un retour à un peu d'humilité nous fait du bien. Par notre faute, et la vôtre, on a adressé beaucoup de louanges à cette équipe de Bordeaux, qui le méritait aussi, mais on a oublié certaines choses, et, comme on le dit en rugby, si on oublie les fondamentaux... Ca sert aussi à cela les défaites. A remettre les choses à leur place et surtout à prouver que, quelle que soit l'équipe, si vous oubliez certaines forces, vous ne pouvez pas gagner.


Le Bayern est-il donc l'adversaire idéal ?


L.B. : Je ne sais pas s'il y a un adversaire idéal. Je sais que mon prochain adversaire est le Bayern. Avec une équipe de 2e division ou de National, mon discours aurait été le même. Ce qui m'intéresse, c'est, à travers ces défaites, de prouver à mon équipe qu'elle peut mieux jouer et que surtout, si elle continue à jouer comme elle l'a fait, notamment en deuxième mi-temps contre Auxerre, elle n'a aucune chance contre le Bayern. Mais pas plus contre une équipe de 2e division.


Le Bayern sans Ribéry ni Robben... à quoi vous attendez-vous ?


L.B. : A une bonne équipe. Ce sont deux joueurs majeurs, notamment avec leur animation sur les côtés, mais paradoxalement, avec eux, le Bayern a un système différent. Avec l'éclosion de Müller, ils vont peut-être muscler leur entrejeu, jouer avec deux attaquants. Le Bayern va avoir le même raisonnement que nous quand on a rencontré le Maccabi Haïfa: il leur faut prendre des points. Ils n'en ont pris qu'un contre la Juve et contre les "deux plus faibles", Bordeaux et Haïfa, il leur faut prendre des points. A mon avis, ils vont prendre un peu de risques.


Yoann Gourcuff, absent pour blessure, va faire son véritable retour. C'est un atout...


L.B. : Quand vous avez un bon joueur qui est remis d'une blessure, vous êtes toujours content parce que la performance de votre collectif peut en être améliorée. Je pense que non seulement la performance technique peut l'être mais c'est un garçon qui a un état d'esprit, une mentalité de compétiteur qui est toujours profitable pour le collectif. Ces deux défaites nous ont permis d'avoir beaucoup de dialogue, de parler beaucoup. A un moment donné, il faut arrêter de parler, il faut agir. Et demain soir, il y aura un stade magnifique avec 33 ou 34.000 personnes c'est l'endroit rêvé pour agir.