Ça vaut encore le détour

Voir le site Téléfoot

Ça vaut encore le détour
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2009-10-21T11:50:02.000Z, mis à jour 2009-10-21T11:50:02.000Z

Real-Madrid-Milan AC. Voilà une affiche qui sent bon la Ligue des Champions… du début de ce siècle ou du XXe. Cependant, même si les deux clubs ont été dépassés à l’échelle continentale ces dernières années, difficile de passer à côté de la rencontre entre les deux formations les plus titrées en C1.

Du haut des Cieux de la Ligue des Champions*, sept Milan et neuf Real Madrid vous contemplent. Avec seize trophées au total pour les deux formations les plus titrées de la compétition, l’affiche est alléchante sur le papier. Clairement. Pourtant, si on descend sur terre pour y regarder de plus près, que voit-on ? Des Espagnols incapables de franchir les huitièmes depuis 2004 (ndlr : ils avaient été éliminés par Monaco en quarts de finale) et dont la dernière victoire date de 2002. Et des Italiens, vainqueurs en 2007, mais absents l’an dernier, sortis dès les huitièmes il y a deux saisons et qui viennent de s’incliner à domicile devant le FC Zurich (0-1), lors de la dernière journée.


Ça vaut encore le détour

Les deux monstres sacrés seraient-ils "has been" ? Dépassés par des Anglais ultra-compétitifs, réguliers dans le dernier carré, et un FC Barcelone dont toute l’Europe envie le beau jeu ? Pour le défenseur du Real Madrid Alvaro Arbeloa, pas vraiment. "On peut difficilement faire mieux comme affiche en Europe, explique-t-il. Même si le Milan AC n’est pas dans sa meilleure période, il possède des joueurs de grand talent." "C’est le genre de rencontre que tout le monde veut jouer, assure de son côté Clarence Seedorf. Il y a tellement de bonnes raisons de se donner à fond. Ce n’est pas la motivation qui manque".


Benzema suscite l’inquiétude


Le Néerlandais n’a pas tort. Ce match présente plusieurs particularités. Les retrouvailles de Kaka avec son ancien club où il passé six ans. Le retour de Seedorf, vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real en 1998, de Klaas-Jan Huntelaar ou encore celui de Ronaldinho qui, même s’il n’a jamais porté les couleurs merengue, avait été applaudi comme tel un soir de novembre 2005 quand le Barça était venu gagner (0-3) grâce à deux de ses buts. Et puisqu’on parle de buts, il ne faut pas oublier que, de chaque côté, exercent les plus prolifiques canonniers de la compétition : Pippo Inzaghi (68), qui n’a jamais marqué à Bernabeu, et Raul (67).


Autre intérêt de la rencontre, nos "Francés" évidemment. A trois semaines du barrage face à l’Irlande, il faudra surveiller la forme de Lassana Diarra, un temps jugé incertain en raison d’une douleur à l’épaule mais finalement retenu dans le groupe, ainsi que celle de Karim Benzema dont la presse espagnole s’inquiète de la position fragile. "Les ombres de Raul, Higuain et Negredo, qui veut revenir à Madrid, obscurcissent le front du Français", soulignait par exemple El Pais dans son édition de lundi. Titulaire et buteur face à l’Autriche, l’ex-Lyonnais serait bien inspiré de se monter devant les caméras du monde entier et l’œil de Raymond Domenech.


Et le sportif dans tout ça ? La pression est clairement sur le Milan AC, qui a effacé les bénéfices de sa victoire à Marseille en s’inclinant à San Siro devant Zurich. En cas de succès, les Madrilènes prendraient une belle option sur la première place. Et si l’OM a la bonne idée de battre les Suisses, le Real compterait six points d’avance sur tout le monde, à mi-parcours. Alors, même si la mayonnaise n’a pas encore pris entre toutes les étoiles du Real et que le Milan AC se cherche, aussi bien en Serie A que sur la scène européenne, cette rencontre vaut définitivement le détour. Et puis ça vaudra toujours mieux que de regarder un Wolfsbourg-Besiktas ou un Porto-Nicosie.


* Toutes dénominations confondues.