Casillas, l'homme qui tombe à pic

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Casillas, l'homme qui tombe à pic
Par Maxime DUPUIS (à Johannesburg)|Ecrit pour TF1|2010-07-05T09:15:03.000Z, mis à jour 2010-07-05T09:15:03.000Z

Auteur d'une saison décevante avec le Real Madrid, discuté en équipe d'Espagne, le capitaine de la Roja s'est rappelé au bon souvenir de ses détracteurs, samedi face au Paraguay (1-0). Décisif, Casillas est redevenu "San Iker". Au meilleur moment.

Ses coéquipiers ne s'y sont pas trompés. Lorsque monsieur Batres a sifflé la fin du match, les Espagnols, titulaires comme remplaçants, ont couru comme un seul homme en direction d'Iker Casillas, héros d'une soirée qui aurait pu mal tourner pour la Furia Roja. Souvent empêtrés dans le barbelé paraguayen, les champions d'Europe ont finalement trouvé la solution pour passer l'obstacle. Merci Iniesta, auteur du coup de sécateur qui a ouvert la brèche. Merci Villa, finisseur clinique. Et merci Casillas qui, s'il n'est pour rien dans l'action victorieuse, a fait bien plus que ça dans son but.


Comme souvent ces dernières années, le capitaine de l'équipe d'Espagne n'a pas eu à affronter des dizaines d'interventions à réaliser derrière le quatuor qui lui sert de rempart. Il en a eu quatre exactement. Dont trois bouillantes. La première sur un penalty de Cardozo (59e) qui aurait pu changer la face de ce quart de finale et même de cette Coupe du monde, les deux dernières sur une même action : un double arrêt face à la paire Santa Cruz - Barrios (90e). Il n'a pas été élu homme du match, mais aurait amplement mérité la distinction décernée à Andres Iniesta.


"Pepe Reina m'a dit où il allait tirer"


"Ce fut un match très difficile, mais c'est normal parce qu'on jouait un quart de finale de Coupe du monde. Je pense que l'on aurait pu mieux jouer mais au final nous sommes qualifiés. Cette partie a été un peu folle, notamment avec ces penalties accordés", a-t-il confié avant de décrire ce qu'il avait ressenti au moment de son face à face avec Cardozo : "Je me sentais un peu nerveux. J'avais tellement de responsabilités. Mais Pepe Reina m'a dit où il allait tirer (le gardien de Liverpool avait encaissé deux penalties du Paraguayen de Benfica en Ligue Europa cette saison)." Iker n'a pas hésité, s'est couché sur sa gauche et a bloqué avec autorité la tentative de l'attaquant.


A 29 ans et désormais 109 sélections au compteur, "San Iker" a à peu près tout connu dans sa carrière. Des saisons excellentes. D'autres moins bonnes. 2009/2010 est sans aucun doute à ranger dans cette deuxième catégorie. Avec le Real Madrid, Casillas n'a pas été très bon. Jamais épaulé par une défense qui n'en avait souvent que le nom, le natif de Mostoles a traversé l'exercice comme un gardien tout juste moyen. Logiquement, le joueur formé au Real a fini par être discuté et, avant le Mondial, certains voyaient en Victor Valdes ou Pepe Reina deux recours pour suppléer le capitaine des champions d'Europe 2008.


Del Bosque n'a pas cédé à la pression


Vicente Del Bosque, qui connait plutôt bien le bonhomme pour l'avoir dirigé lors de ses premières saisons professionnelles au Real et qui l'avait d'ailleurs rétrogradé au rang de numéro 2 en 2001/2002, n'a jamais cessé de croire en son portier. Même après un match de préparation difficile face à l'Arabie Saoudite (3-2). Même après la défaite initiale face à la Suisse (0-1). Samedi à l'Ellis Park, Casillas l'a remercié à sa manière. "Il a été extraordinaire et a réalisé des arrêts magnifiques", a tout juste relevé Del Bosque. On l'a senti ravi intérieurement de ne pas avoir cédé à la pression médiatique. Bien lui en a pris.