"Pas catastrophé"

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'Pas catastrophé'
Par AFP|Ecrit pour TF1|2010-03-04T15:50:10.000Z, mis à jour 2010-03-04T15:50:10.000Z

Malgré la défaite face à l'Espagne au Stade de France (0-2), Raymond Domenech ne veut pas dramatiser. Face à un "vrai favori de la Coupe du monde", il relativise. Ni l'état de forme de Thierry Henry ni les sifflets du public ne l'inquiètent. "Ca ne peut être que mieux", se satisfait-il.

RAYMOND DOMENECH, quels enseignements tirez-vous ?


R.D. : Je confirme que l'Espagne est un vrai favori de la Coupe du monde.


Et concernant l'équipe de France ? On a l'impression qu'elle ne progresse pas...


R.D. : Ca n'est qu'une impression. Je le dit, on n'a pas été exceptionnels. Mais vous oubliez qu'on a joué contre le champion d'Europe. Une équipe qui est annoncée favorite de la prochaine Coupe du monde. Un match de football, c'est une opposition. C'est plus facile de jouer contre une autre équipe que l'Espagne. Moi, j'ai vu de très bonnes séquences, de la qualité dans la récupération. Il nous a manqué le bon geste, la bonne passe au bon moment pour pouvoir renverser la situation. A la fin, on met un ballon sur la barre. On aurait pu revenir. Je ne suis pas catastrophé. Il y a trop de moments où on a été indécis. Mais il y a des choses intéressantes pour la Coupe du monde. On peut faire mieux. Si on avait été exceptionnels et qu'on l'avait perdu de cette manière, j'aurais dit que c'était inquiétant. Mais là, on ne peut être que meilleurs.


Le fait que de nombreux cadres soient à court de forme vous inquiète-t-il ?


R.D. : Non. Je dis que c'est rassurant. Parce que, en ayant des joueurs cadres qui sont peut-être un peu moins bien parce qu'ils ont trop ou pas assez joué, c'est bien. Ca veut dire que ça ne peut être que mieux. Est-ce qu'ils seront en forme le jour J ? C'est notre travail. C'est les amener à leur meilleur niveau le 11 juin. Et jusqu'au 11 juillet d'ailleurs (date de la finale de la Coupe du monde, ndlr). Le 11 juin, ça ne suffit pas, il faut qu'ils soient bien pendant un mois.


Que pensez-vous du match de Thierry Henry ?


R.D. : Tout le monde a connu Titi mieux sur un terrain. Il ne joue pas beaucoup en club donc il avait besoin d'un peu plus de temps de jeu. Mais le fait de moins jouer et rentrer ensuite dans ces matches de haut niveau lui pose un problème. Il faut qu'il joue. C'est difficile de trouver le rythme lorsqu'on ne fait que des bouts de match ou que l'on rentre en cours de jeu. La préparation doit servir à ça : amener au meilleur niveau. Ca soulève quelques questions. Mais rien ne m'inquiète pour le moment.


Pourquoi ne pas avoir essayé d'autres joueurs qui étaient peut-être plus en forme ?


R.D. : Parce qu'il fallait se mettre en situation en peu difficile. On ne fait pas une sélection sur un seul match. Ce qui compte, c'est ce qui se passera du 11 juin au 11 juillet. On se prépare pour ça. Après, concernant les choix, on aurait pu tout faire. Il y en a qui sont en meilleure forme, ou peut-être pas. On n'est pas sûr. Et je ne veux pas jeter des joueurs en pâture dans un match difficile, compliqué. Souvent, ceux qui sont sur le terrain ont quelque chose à défendre, ils s'accrochent peut-être un peu plus ou, en tout cas, ils sont moins sous pression car ils sont dans le rythme du match. Il y a besoin d'expérience et de maturité pour aller au sacrifice.


Avez-vous peur que la question du positionnement de Ribéry pourrisse la préparation ?


R.D. : Non, pas du tout. C'est une chance d'avoir des joueurs polyvalents, c'est un plus, ça permet des changements qui ne mettent pas l'équipe en déséquilibre. L'important c'est le collectif, ce qui est positif pour le collectif, tout le monde en a conscience.


Même Ribéry ?


R.D. : Ribéry en est conscient, il sait que l'équipe est la base de tout succès.


Pourquoi avoir choisi Ciani et pas Boumsong en défense centrale ?


R.D. : Depuis la fin de l'Euro 2008, on n'a pas eu la même charnière centrale plus de deux fois. C'était l'occasion de voir de nouveaux joueurs dès le début de match. J'ai pu associer Ciani à un ancien (Escudé).


Comment avez-vous trouvé sa prestation ?


R.D. : C'est une première. Il a fait de bons trucs, des moins bien. Mais il le sait. On fera l'analyse du match ensemble. Ce qu'il y a de bien dans ce match, c'est que tout le monde peut se dire qu'il peut progresser.


On a encore entendu de nombreux sifflets et des "Domenech démission" venus du public...


R.D. : Il y a un vrai souci. La Coupe du monde, c'est dans trois mois. Les joueurs ont besoin de soutien, d'encouragements. Le reste, ce sont des parasites qui n'aident personne. Ca n'a pas de sens. Je ne vois pas l'utilité. D'autant plus que les "Olé" ont commencé au début du match alors qu'il n'y avait rien de spécial. C'est dommage d'oublier qu'on peut siffler à la fin parce qu'on trouve qu'un match n'a pas été bon mais, quand on est supporter, on encourage son équipe.