Cette Allemagne a de l'avenir

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Par Anthony PROCUREUR|Ecrit pour TF1|2010-07-10T19:01:35.000Z, mis à jour 2010-07-10T19:01:35.000Z

Comme en 2006, l'Allemagne va jouer pour la 3e place, ce soir (20h30), face à l'Uruguay. Mais le meilleur est peut-être encore à venir. La jeunesse et le nouveau visage de la Mannschaft peuvent lui permettre de viser plus haut en 2012 ou en 2014. Müller, Ozil ou Khedira nous ont donné rendez-vous.

Comme en 2006, l'Allemagne va devoir se contenter de la lutte pour la 3e place face à l'Uruguay, samedi. Quatre ans après sa troisième place dans "son" Mondial, deux ans après avoir disputé, et perdu, la finale de l'Euro 2008, elle a encore échoué dans la dernière ligne droite. Pourtant, un vent d'optimisme souffle toujours sur la Nationalmannschaft. En Afrique du Sud, cette dernière a montré beaucoup de vertus comme l'ont prouvé ses victoires contre l'Angleterre (4-1) et l'Argentine (4-0). "Je suis un entraîneur qui ne se focalise pas sur les résultats et les classements. On peut être très content du football pratiqué durant ce tournoi et en particulier de notre style de jeu", se réjouit Joachim Löw. Outre-Rhin, on en est persuadé : le meilleur est à venir. D'ici 2012 et l'Euro en Pologne et Ukraine, ou plus sûrement en 2014 pour la Coupe du monde au Brésil, il faudra compter avec l'Allemagne. "Un jour, je suis persuadé que nous pourrons être parmi les meilleurs", assure ainsi Philipp Lahm.


Pourquoi faudrait-il les croire cette fois ? Après tout, on avait déjà entendu ce discours en 2008. Mais, deux plus tard, tous les ingrédients semblent en place. D'abord, l'Allemagne a la jeunesse pour elle. L'équipe alignée durant le Mondial 2010 affiche une moyenne d'âge de 24,9 ans, la plus basse pour une sélection allemande en Coupe du monde depuis 1934. Révélation de la compétition, Thomas Müller (20 ans) sera encore des prochaines aventures. Tout comme le gardien Manuel Neuer (24 ans) "Cette jeune équipe a emmagasiné beaucoup d'expérience, c'est important pour ces jeunes en vue des prochaines échéances", espère Miroslav Klose. De leur côté, les trentenaires Klose ou Friedrich disputeront sans doute leur dernier tournoi dans deux ans. Mais le temps pourrait jouer pour eux à en croire Lahm. "Nous pouvons croire en notre futur. L'Espagne a prouvé qu'il y a toujours une marge de progression. Il y a 3-4 ans, ils avaient les mêmes joueurs et puis ils ont pris confiance, explique-t-il. Nous aussi nous pouvons y arriver".


Une technique latine, une combativité allemande


L'autre force de l'Allemagne, c'est d'avoir su changer de visage en s'ouvrant aux joueurs d'origines étrangères. "Cette équipe a, je crois, inspiré beaucoup de respect par sa joie de jouer et son état d'esprit. Elle a montré que des jeunes gens qui ont des origines, des religions différentes pouvaient former une belle équipe et incarner la nouvelle Allemagne", avance Bierhoff. Le "Turc" Mesut Ozil (21 ans), le "Ghanéen" Jerome Boateng (23 ans) ou le "Tunisien" Sami Khedira (23 ans) incarnent désormais la nouvelle génération allemande. "Ces joueurs sont de parfaits ambassadeurs de notre pays", estime le manager général. Mieux que ça, ces joueurs ont changé la façon de jouer de la Mannschaft. Un mélange entre "une qualité technique un peu latine et une combativité tout allemande", résume Lahm (26 ans) qui évoquait avant même le début du Mondial "la meilleure sélection allemande dans laquelle j'ai évolué".


En attendant, les Allemands devront répondre à quelques interrogations. A commencer par celles concernant l'avenir de Joakim Löw. En poste depuis 2006, il sera théoriquement libre après la Coupe du monde. Selon tout vraisemblance, le successeur de Jürgen Klinsmann devrait rempiler. On imagine mal comment il pourrait en être autrement. Confronté à une cascade de forfaits de dernière minute (Ballack, Adler, Rolfes, Westermann, Träsch), Löw n'a pas dévié de sa philosophie, un collectif huilé au service d'un football offensif, et a même insufflé un supplément d'âme aux vice-champions d'Europe 2008 avec une équipe jeune, insolente même. S'il est maintenu, il aura un dossier urgent à régler : celui de l'avenir de Michael Ballack. Matthaüs le pousse vers la sortie, Lahm n'a pas envie de lui rendre le brassard... mais le nouveau joueur du Bayer Leverkusen ne semble pas avoir l'intention de raccrocher en sélection. Mais comment le réintégrer dans une équipe jeune et véloce ?


"Cette équipe a besoin de gagner"


Quoi qu'il en soit, il faudra attendre la vérité du terrain pour juger. Et il lui manque encore le plus important : la victoire. Car, malgré toutes les belles promesses affichées en Afrique du Sud, il va bien falloir que la Mannschaft gagne un jour. Depuis son sacre européen de 1996, elle n'a plus rien gagné. L'Allemagne a perdu deux finales (Mondial 2002, Euro 2008). C'est tout le football allemand, longtemps implacable, qui court après un succès majeur sur la scène internationale : depuis la Ligue des champions 2001, même le Bayern Munich tâtonne. "C'est génial de jouer un beau football, mais cette équipe a besoin de gagner quelque chose", a lancé comme un défi Ballack. Dès le 3 septembre, les Allemands reprendront le chemin de la compétition avec le début des qualifications pour l'Euro 2012 avec un déplacement en Belgique. En attendant, ils leur restent la troisième marche du podium mondial à conquérir.