Dans l'actualité récente

Le choc des Special coaches

Voir le site Téléfoot

Le choc des Special coaches
Par Cédric ROUQUETTE|Ecrit pour TF1|2010-05-22T10:00:10.000Z, mis à jour 2010-05-22T10:00:10.000Z

Van Gaal - Mourinho, en finale de la Ligue des champions, ce sont les retrouvailles entre deux managers qui se sont cotoyés et admirés à Barcelone entre 1997 et 2000. A Madrid, lors d'Inter - Bayern, il n'y aura ni maître ni élève. Mais un seul entrera dans la légende.

A la fin de la rencontre, ils tomberont dans les bras l'un de l'autre. Ils se respectent. L'un (Mourinho) a admiré l'autre (Van Gaal). Mais celui-ci vient de qualifier son adversaire de "meilleur entraîneur de sa génération". Un seul, pourtant, parmi les deux, sera à la tête d'un triplé Championnat-Coupe-C1 samedi en fin de soirée à Santiago-Bernabeu. Un seul rejoindra Ernst Happel (Feyenoord 1970 et Hambourg 1983) et Ottmar Hitzfeld (Dortmund 1997 et Bayern 2001) dans ce club aristocratique des entraîneurs ayant gagné la Ligue des champions pour deux clubs différents. Van Gaal a vaincu avec l'Ajax en 1995 et Mourinho avec Porto en 2004.


Leur doublé n'aura pas lieu sous les couleurs de Barcelone, où ils se sont rencontrés, testés, appréciés entre 1997 et 2000. Depuis qu'il s'est émancipé de la tutelle du Néerlandais, Mourinho a crû au-delà même de ce que Van Gaal avait imaginé. "José Mourinho est un homme que j'ai rencontré à l'époque de Bobby Robson à Barcelone, raconte Van Gaal. Lors de cette rencontre José Mourinho, a déjà montré qui il était. Après un an, il aurait pu partir mais il est resté." Car grâce à l'ex-mentor de l'Ajax, Mourinho est passé du rôle de traducteur à celui de véritable conseiller technique. "C'était un excellent co-entraîneur, entraîneur adjoint. Il s'occupait de toutes les analyses pour le FC Barcelone et il étudiait tous les adversaires. Il a fait un excellent travail. Et je ne fais pas cela souvent, mais je l'ai laissé diriger certains matches à l'époque parce que j'étais convaincu qu'il avait des qualités particulières."


"Je savais qu'un jour il deviendrait le grand entraîneur qu'il est devenu"


Récemment, Van Gaal a dit que Mourinho l'avait surpris par sa trajectoire. A la veille du match, il s'est un peu corrigé. "Je savais qu'un jour il deviendrait le grand entraîneur qu'il est devenu. C'était déjà un excellent entraîneur et maintenant c'est l'un des meilleurs du monde. Je ne pense pas que beaucoup d'entraîneurs feraient ce genre d'éloge". Mourinho lui-même a un passif légendaire vis-à-vis de ses collègues italiens anglais, trop pleureurs, "voyeurs" ou plus simplement pas assez winners à son goût. Pour Van Gaal, il change. "C'est un grand entraîneur, et quelqu'un de bien, assure le Portugais sur Van Gaal. Il a été très important dans ma carrière, il a beaucoup de confiance en lui, et à mes débuts, j'avais besoin de ça".


"Avant, José était quelqu'un de modeste, c'est bien de voir quel personnage il est devenu, reprend Van Gaal. Je pense que je l'ai un peu aidé pour ça". Son envol, le Portugais l'a pris chez lui, à Leiria, puis à Porto. A Chelsea, il est devenu le Special One. En Italie, il a eu tout le pays à dos, même son président, à un moment, mais ses résultats parlent pour lui ; et en Italie, ça compte, le résultat. La seule chose qui manque à Mourinho, 47 ans, par rapport à son aîné, 58 ans, ce sont quelques années de traversées du désert. Ces échecs qui vous font revenir plus fort. Décrié avec la sélection néerlandaise (2000-2002) puis au Barça (2002-2003), Van Gaal a eu besoin de faire gagner l'AZ Alkmaar au Pays-Bas (2009) pour retrouver du crédit. Aujourd'hui, Mourinho n'a qu'à claquer des doigts pour entraîner le Real Madrid, club le plus riche du monde. L'autre différence concerne le style. Robben a jugé qu'il était plus court-termiste chez Mourinho et plus entraînant chez Van Gaal. Celui-ci n'a pas nié. Mais il n'a pas oublié l'essentiel : "Il a fait de son équipe une équipe qui gagne et c'est ce qui est important". A Madrid, il n'y aura pas de note artistique.