Le cinglant réquisitoire

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L'amer réquisitoire
Par J.C. avec AFP|Ecrit pour TF1|2010-06-18T13:00:02.000Z, mis à jour 2010-06-18T13:00:02.000Z

Raymond Domenech ne trouvait pas ses mots jeudi soir après la défaite des Bleus. La presse mondiale, et particulièrement française en a trouvés pour lui. Les qualificatifs sont cinglants, les titres sans indulgence : "Imposteurs !", "Indigne !", "Lamentable !"...

LA PRESSE FRANÇAISE SE LÂCHE


Le cinglant réquisitoire

"Pas de tristesse, pas de désolation, surtout pas de colère. Ce serait trop donner à ces hommes qui ne savent rien offrir", lance L'Equipe, pour qui, "le je-m'en-foutisme est la seule bannière sous laquelle cette équipe est capable de rassembler."


"L'équipe de France va très probablement prendre la porte et sceller une faillite immense", "celle d'un sélectionneur, d'un système fédéral et d'une génération de faux cadres", peut aussi lire alors que la Une est barrée par un amer : "Les Imposteurs".


Sous le titre, "Les Bleus au fond du gouffre", le Figaro estime qu'on ne voit pas comment "cette équipe sans moelle ni âme peut espérer un miracle". "Il faudrait que les dieux du football soient tombés sur la tête pour sauver une sélection française qui ne mérite que l'opprobre", ajoute le journal.


Le journal Libération parle de "cauchemar bleu" et de "nettoyage aztèque". Pour le journal, "complètement dépassés, les Bleus ont aussi failli individuellement".


Le Parisien affirme de son côté que "pathétiques, les Bleus n'ont jamais fait illusion hier soir". "Ce résultat est-il vraiment étonnant ?", poursuit le quotidien.


ORGUEIL MAL PLACE, MESQUINES CABALES


Pour France Soir, "les Bleus ont fait honte à leur maillot".

"Cette défaite (...) est une sanction logique et méritée pour une équipe sans âme, sans envie, sans fierté. (...) ces Bleus n'étaient capables que d'un orgueil mal placé, de mesquines cabales et de mépris pour leur environnement", écrit ainsi Jacques Camus dans La République du Centre.


Ils ont "prouvé en six jours qu'ils n'avaient tout simplement pas leur place à ce premier Mondial africain", estime L'Alsace sous la plume de Marc Wilb.


Dans l'Est Républicain, Christian Frichet écrit: "On cherchera des boucs émissaires, Domenech a le look mais les derniers épisodes ont démontré aussi qu'il ne faudrait surtout pas qu'il porte seul le sombrero".


Le cinglant réquisitoire

ZIDANE DEÇU, POSE DES QUESTIONS


Dans Marca.com, Zinédine Zidane évoque sa déception et ne comprend pas pourquoi Yoann Gourcuff n'a pas été titularisé. Comme un sous-entendu qui pèse lourd dans le groupe. On retrouve d'ailleurs Zidane dans un encart de lefigaro.fr visible à côté de l'article "Les Bleus au bord du gouffre", mais qui concerne la "reconversion des joueurs". Tout un symbole.


"La France est d'une certaine façon la mal-aimée du Mondial", constate El Pais qui reprend rapidement la liste des arguments en défaveur des Bleus, de la main de Thierry Henry, aux affres de Ribéry aux sondages négatifs.


ALLEZ, A LA MAISON LES BLEUS


Le cinglant réquisitoire

La presse internationale en rajoute une couche, et vous l'aurez compris, les Britanniques ne sont pas les derniers : "Allez, Les Bleus: go. Go home. Il n'y en aura pas beaucoup pour pleurer votre départ", ironise le Times, tandis que le Daily Telegraph décrit la France comme l'équipe "méritant le moins sa place en Afrique du Sud".


En Allemagne, on trouve quelques jeux de mots forts à propos dont "Mexi-K.o. for Ribéry" dans le Bild. En Suède, on fait dans la surenchère : "Fiasco" dit Sportexpressen. "Superfiasco", ajoute Sportbladet:


Le Telegraph outre-Manche s'en prend d'ailleurs particulièrement à "Franck Ribéry, le meilleur joueur du pays", qui "a été un observateur plus qu'un participant durant 180 minutes". L'Independent est du même avis, décrivant la "capitulation française", les "tensions dans le vestiaire et le manque de cohésion".


L'IRLANDE EN TOILE DE FOND


The Sun a cru déceler dans l'équipe "un sentiment de honte diffus sur la manière douteuse dont elle s'est qualifiée aux dépens de la République d'Irlande en barrage. "Ils vont ouvrir les bouteilles de mezcal à Guadalajara, tandis que le liquide noir va couler à flots à Dublin", poursuit le tabloïd dans une allusion à la Guinness.


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AU MEXIQUE, ON JUBILE


Images de liesse, revue de presse exhaustive, le journal mexicain ElUniversal.com régale ses internautes du succès de son équipe et de l'enthousiasme provoqué dans le pays.


On trouve même dans la version électronique du même journal, un diaporama du premier but d'Hernandez, qualifié de but inoubliable. A trouver ici : http://fotos.eluniversal.com.mx/coleccion/muestra_fotogaleria.html?idgal=8475


Aux Etats-Unis, dans le New York Times, Christopher Clarey prend un peu de recul. Il rappelait avant le match que la France avait toujours souffert en Coupe du monde et que même l'équipe de 1998 a vécu sous le feu de la critique.


ADIEU DOMENECH


Le cinglant réquisitoire

Il y aussi ceux qui anticipent le départ de Raymond Domenech. "Il sera temps de souhaiter bonne chance à Laurent Blanc", dit Fabrice Jouhaud qui ne veut pas mélanger les genres dans une tribune acide et sarcastique publiée en Une de L'Equipe. Mais en Italie, où on se souvient des petites phrases de Raymond, on peut titrer sur "Adieu Domenech" dans la Gazzetta dello Sport. L'Express allemand lui généralise tout en restant mathématiquement dans le vrai avec un point d'interrogation : "Adieu les bleus?"


LE PASSAGE EN REVUE DES TWITTS


@JamesHorncastle : At least one man born in France scored today... Gonzalo Higuain (Au moins un joueur né en France a marqué aujourd'hui : Gonzalo Higuain)


@MD_eurosportfr : Raymond Domenech vient de passer devant moi. Je l'ai rarement vu avec un visage aussi noir.


@laprovence : Le Mondial vu par les enfants : ''Raymond, il est bidon''.


@JJBourdin_RMC : "Je demande que la Fédération Française de Football reverse les primes des joueurs aux sinistrés du Var ! "