Cissé, et maintenant?

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Cissé, et maintenant?
Par Eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2010-03-02T07:23:00.000Z, mis à jour 2010-03-02T07:23:00.000Z

Appelé de dernière minute pour le match amical face à l'Espagne, Djibril Cissé retrouve l'équipe de France, 21 mois après sa dernière apparition. L'attaquant du Panathinaikos veut croire qu'il peut encore accrocher le bon wagon. Il revient de loin, mais le chemin reste long jusqu'en Afrique du Sud.

Finalement, il est bien là. Frustré de ne pas avoir été retenu par Raymond Domenech pour le match amical face à l'Espagne, Djibril Cissé est à Clairefontaine. Il doit cet appel de dernière minute à la blessure de Louis Saha. Preuve qu'il n'est encore qu'une solution par défaut. Mais il s'en fout, Djibril. Il est là. Heureux, tout simplement. Après pratiquement deux ans d'absence, il n'a pas l'intention de bouder son plaisir. Peu importe les moyens, la fin suffit à le combler. Il est à nouveau membre de l'équipe de France.


Cissé, et maintenant?

Drôle de destin international que celui de Cissé. Avec Nicolas Anelka, l'ancien meilleur buteur de Ligue 1 est sans doute le joueur qui a vu le plus de trains bleus lui passer sous le nez sans pouvoir monter dedans au cours de la décennie écoulée. En 2002, lorsqu'il dispute à 20 ans sa première Coupe du monde, il incarne un peu le présent, et beaucoup l'avenir. Mais sa trajectoire ne sera pas aussi rectiligne. Loin de là. Aujourd'hui, il totalise 37 sélections (dont 16 entre mai 2002 et octobre 2003...) et 9 buts (le dernier en novembre 2005), mais depuis quatre ans et demi, "Djib" n'a quasiment été appelé que pour des matches amicaux, à l'exception de trois rencontres qualificatives pour l'Euro 2008, au cours desquelles il n'était que remplaçant. C'est peu. Juste des poussières de gloire pour celui qui se rêvait star.


"Je n'ai jamais lâché"


Huit ans après, cette Coupe du monde 2002, il n'a pourtant plus disputé la moindre phase finale majeure. Par sa faute, et celle à pas de chance. Privé de l'Euro 2004 pour cause de suspension puis du Mondial 2006 à cause d'une sale fracture du tibia, il s'est aussi assis sur l'Euro 2008. A la régulière, cette fois. Victime du dégraissage domenechien (passage de 30 à 23 joueurs) opéré juste avant le départ en Suisse, il quitte Tignes (La maison Big Brother comme il l'appelle) en hélicoptère, avec six autres "victimes". Depuis, plus rien. Il faut dire que de Sunderland à Athènes, Cissé n'a rien fait pour attirer la lumière sur lui. Depuis son départ de Marseille à l'été 2008, sa carrière a pris les chemins de traverse. Ils ne mènent pas toujours à Clairefontaine. "C'est dur de ne plus être dans cette équipe, car j'avais une petite habitude, raconte-t-il. Cela fait bizarre de suivre les Bleus de loin, à la télé. Mais je n'ai jamais lâché. Je remonte tout doucement, je reviens un peu."


Comme tous les enfants trop gâtés, à qui on donne tout, tout de suite, Cissé n'a sans doute pas apprécié à sa juste valeur son début de carrière. Tout lui semblait normal. Il était international, il n'y avait pas de raison que ça change. Mais c'est quand on la perd qu'on mesure vraiment la juste valeur d'une chose. Ce fut son cas avec l'équipe de France. "Je ne me rendais pas bien compte de ce que représentait l'équipe de France, avoue le buteur du Panathinaikos. Je réalise maintenant que c'est précieux, très important, il faut se donner à fond, Ces deux dernières années, j'étais mal de ne pas être là. Mais j'ai un peu mûri, grandi". L'homme dit avoir changé. Le joueur aussi. Il se dit "plus efficace", avec moins de déchet devant le but, reproche récurrent qui lui colle à la peau depuis ses débuts.


Ce nouveau Cissé, il brûle de le montrer. Son retour, même via le forfait d'un autre, c'est, peut-être, le début d'une nouvelle histoire à écrire. A 28 ans, il a encore un peu de temps, même s'il commence à presser. Mais seule une participation à la Coupe du monde en Afrique du Sud pourra atténuer ce sentiment d'une forme de gâchis. Alors il veut y croire. "Bien sûr que j'y crois, assène-t-il. Si moi je n'y crois pas, qui va le faire? Le sélectionneur fera ses choix. Mais je ferai tout pour être là. Je ne doute pas, c'est une des mes qualités, certains pensent que je suis prétentieux, mais même dans les moments difficiles, je sais que ça ira mieux." La question est maintenant de savoir s'il peut être autre chose qu'un bouche-trou aux yeux de Domenech. C'est tout sauf gagné.