Cissé n'a pas oublié

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Par Anthony PROCUREUR|Ecrit pour TF1|2010-06-04T14:30:07.000Z, mis à jour 2010-06-04T14:30:07.000Z

En 2006, la route du Mondial s'était arrêtée de façon dramatique face à la Chine pour Djibril Cissé. Quatre plus tard, le souvenir reste vivace. Mais, même s'il part avec un statut de remplaçant, l'attaquant du Panathinaïkos espère que la roue a tourné. Au point de bousculer la hiérarchie ?

La Chine reste un mauvais souvenir pour Djibril Cissé. En 2006, elle s'était dressée sur sa route lors du dernier match de préparation des Bleus avant la Coupe du monde (3-1). Au moment des retrouvailles, il espère bien que la roue a tourné. "Ce n'est pas un bon souvenir. C'est un clin d'oeil, ça arrive", relativise-t-il. Mais, aujourd'hui encore, les images font froid dans le dos. Lancé en profondeur, l'attaquant était au coude à coude avec un défenseur chinois avant de s'écrouler sur la pelouse de Saint-Etienne. Lors du choc, sa jambe droite s'était littéralement brisée. Le diagnostic fut terrible : double fracture du tibia-péroné. Depuis, il a fait du chemin. Mais le traumatisme reste suffisamment vivace pour qu'il se soit renseigné sur la présence à La Réunion de Zheng Zhi, son malheureux bourreau. "Il ne sera pas là, je me suis renseigné. Dommage, on aurait pu en parler tous les deux...", sourit-il.


Il y a quatre ans, le Mondial allemand lui était ainsi passé sous le nez. Une scoumoune qui semble le poursuivre depuis l'Euro 2004 qu'il rate à cause d'une suspension avec les Espoirs. En 2008, il fait partie des bannis exclus de l'équipe de France par hélicoptère et manque son deuxième Euro consécutif. Cette fois, Cissé ne veut pas laisser sa chance d'effacer l'image de son baptême difficile lors du Mondial 2002. Pour cela, il a dû s'armer de patience. Victime de la concurrence à l'OM puis prêté à Sunderland, il s'est finalement relancé en Grèce. Sous le maillot du Panathinaïkos, il relève le défi, terminant sur un doublé Coupe-championnat et surtout un titre de meilleur buteur (23 réalisations). "Je suis vraiment très fier ! Ca n'a pas été facile pour moi, ce n'était pas sûr que je sois là en début de saison", peut désormais souffler l'ancien Auxerrois.


"S'il faut jouer à droite, je prends"


En Afrique du Sud, c'est un rôle de remplaçant qui l'attend. Cissé fait même figure de quatrième option en attaque derrière Anelka, Henry et Gignac. Il s'en contente pourtant volontiers. "Il faut accepter de jouer dix minutes, un quart d'heure et savoir que si un joueur est blessé, on peut rentrer pour jouer plus de temps", estime-t-il. Mais, à l'heure où l'attaquant de pointe fait débat chez les Bleus, l'ancien joueur de Liverpool a-t-il une carte à jouer ? "Moi je préfère l'axe, mais s'il faut jouer à droite, je prends, je prends tout ce qu'on me donne", a-t-il fait savoir. C'est d'ailleurs à droite qu'il était entré en jeu en mars dernier face à l'Espagne (0-2). Ce soir là, il avait été l'un des rares à échapper au naufrage. Pourtant, c'est en pointe qu'il dispose de qualités naturelles pour prendre place au sein du nouveau 4-3-3. Son jeu en profondeur soulagerait les Bleus. Problème : il n'a pas la capacité de conserver le ballon dos au but de Nicolas Anelka.


Face à la Chine, Raymond Domenech aura peut-être l'occasion de le tester dans ce rôle s'il décide de le lancer en cours de match. Cissé pourra alors chasser les vieux fantômes et tenter de marquer des points. Mais, pour l'Arlésien, dont l'envie transpire à chaque entraînement, l'essentiel est désormais ailleurs. "On sait inconsciemment que les gens ne sont pas très contents. On a tous le même point de vue, on a envie de retourner les gens. On veut leur faire réaliser qu'on est une très bonne équipe. Ça nous booste", se motive-t-il. Car il s'est fixé un objectif : "aller au bout". "La plus belle Coupe du monde, c'est la gagner, rêve-t-il. Si vous posez cette question à une équipe plus petite que l'équipe de France, réussir sa coupe du monde c'est aller en quart de finale. Mais nous, on veut aller au bout".