Dans l'actualité récente

Coupe des confédérations : Capitaine, cadre et référent, Draxler passe un examen grandeur nature avec la Mannschaft

Voir le site Téléfoot

2017 06 10T190905Z 140123345 MT1ACI14804404 RTRMADP 3 SOCCER WORLDCUP GER SMR
Par Alexandre COIQUIL|Ecrit pour TF1|2017-06-19T14:38:25.389Z, mis à jour 2017-06-20T06:46:24.040Z

Promu capitaine d’une sélection allemande recomposée, Julian Draxler passe un test sérieux aux yeux de son sélectionneur Joachim Low lors de cette Coupe des confédérations.

Attention, futur taulier en vue. A tout juste 23 ans Julian Draxler va avoir bien des regards à soutenir tout au long du mois de juin. Affublé du brassard de capitaine de la Nationalmannschaft, championne du monde en titre et demi-finaliste du dernier Euro 2016, pour cette Coupe des confédérations 2017, le joueur du Paris Saint-Germain va passer un double test en Russie. Un test sportif où il devra démontrer plus de régularité dans ses performances ainsi qu’une capacité à être décisif. Et un autre en tant que chef de meutes. Tout un programme à un an pile de la défense du titre mondial acquis par la sélection allemande en 2014.


Décidé à la mi-mai, lors de l’annonce d’un groupe de 23 complètement remodelé, le choix de donner le brassard à l’ancien joueur de Schalke 04 a légèrement surpris. Et même interpellé. Du haut de ses 23 ans, le milieu offensif polyvalent ressemble plus à un joueur en apprentissage du très haut niveau qu’à un joueur entièrement confirmé et prêt à assumer un rôle plus important que le simple fait de mettre un élastique noir autour de son biceps. Ses performances inégales avec Schalke, puis à Wolfsburg lors de la saison 2015/2016, puis sous les couleurs du Paris Saint-Germain où il a baissé d’un cran à l’approche du printemps, ont laissé entrevoir un joueur au potentiel exceptionnel, mais branché sur courant alternatif. Son dernier trimestre parisien a prouvé qu’il n’était pas encore totalement établi comme joueur référence.


La jeunesse ne fait pas forcément toujours loi, c’est la philosophie de Joachim Low qui s’est toujours appuyé sur des groupes équilibrés en âge depuis une décennie. "À 20, 21 ans, beaucoup de joueurs n’ont pas encore atteint le maximum de leurs capacités. Seuls certains d’entre eux font déjà partie du top mondial. D’autres doivent encore attendre deux, trois ans. Ceux qui afficheront ce niveau ou laisseront entrevoir un potentiel intéressant durant le tournoi peuvent espérer être de retour dans 12 mois." Le message est clair : les nouveaux-venus, les irréguliers et les quelques cadres présents sont en période d’examens. Draxler aura lui le double de devoirs en Russie. A un du Mondial, Low est à la recherche de joueurs confirmés sur tous les plans pour tenir la dragée haute au monde entier pendant un mois.




Draxler, un joueur Low-compatible

Irrégulier ou non, le N.23 est pourtant le joueur le plus capé de cette équipe d’Allemagne (30 sélections). Ce brassard ainsi que son titre de champion du monde 2014 et sa place de titulaire indiscutable sur le côté gauche du milieu de terrain lors de l’Euro 2016 lui confèrent une certaine légitimité au moment d’attaquer la Coupe des confédérations face à l’Australie. Dans ce groupe recomposé convoqué par Joachim Low pour cette première campagne russe, seuls Shkodran Mustafi et Matthias Ginter auraient eu le CV pour contester son statut au joueur de Gladbeck qui devra tirer tout un groupe vers le haut. Mais ce dernier a un vécu en sélection qui est double : aux yeux du sélectionneur un tel détail compte.


Draxler a récupéré cette double casquette car il est principalement Low-compatible, c'est un quasi indéfectible du maillot blanc. En poste depuis juillet 2006, le sélectionneur allemand a lancé plusieurs générations depuis une décennie et n'a jamais manqué d'appeler des joueurs de groupe pour harmoniser ses convocations (Lukas Podolski en est le parfait exemple). Draxler a lui-même eu droit à un traitement spécial depuis ses débuts très précoces à 19 ans tout juste, à quelques jours du début de l’Euro 2012. Hormis la période octobre 2014 /octobre 2015, où il a été stoppé par des blessures, le joueur du PSG a toujours compté aux yeux de Low qui n’offre pas une présence régulière à un jeune joueur sur un claquement de doigts.


Derrière cette dotation du brassard de la Mannschaft, porté par les seuls Michael Ballack et Philipp Lahm en compétitions internationales depuis le Mondial 2006, il y a avant tout un message de confiance de la part du bosse de la Mannschaft. "Si je donne une telle responsabilité à Julian, c’est pour qu’il mûrisse encore d’avantage, mais il a les capacités et le potentiel pour s’affirmer et devenir un cadre de cette équipe", avait d’ailleurs expliqué le sélectionneur en conférence  de presse au début du mois de juin.


Et Draxler dans tout cela ? Intronisé capitaine lors du match amical disputé face au Danemark le 6 juin dernier (1-1), puis face à Saint-Marin quatre jours après (7-0), le milieu offensif avait assuré à nos confrères du Parisien vouloir grandir comme joueur mais sans vieillir trop vite non plus. "J'essaie d'assumer ce rôle en servant de guide aux jeunes joueurs et en leur prodiguant des conseils. Mais porter le brassard ne signifie pas pour autant que je suis subitement devenu un autre homme et que je vais tenir des discours de vingt minutes dans le vestiaire", avait -t-il précisé. Draxler homme fort au sein de la Mannschaft, c’est un pari d’avenir et probablement un pari gagnant. En choisissant ses cadres avec minutie, Low a probablement écrit LE mode d’emploi de la vie d’un groupe en sélection nationale depuis une décennie. Draxler, c’est un Philipp Lahm en puissance en quelque sorte. 

Coupe des confédérations : Revoir la prestation de Ronaldo face au Mexique



en savoir plus : Equipe d'Allemagne de Football, Equipe d'Australie de Football