Domenech, l'anti-Hidalgo

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Par Anthony PROCUREUR|Ecrit pour TF1|2010-06-04T17:58:04.000Z, mis à jour 2010-06-04T17:58:04.000Z

Raymond Domenech a battu le record de Michel Hidalgo face à la Chine, vendredi. Comparaison entre deux sélectionneurs que tout semble pourtant opposer, notamment leur palmarès, leur image et leur style, après le 76e match de l'actuel patron des Bleus à la tête de l'équipe de France.

. LEUR BILAN


Face à la Chine, Michel Hidalgo a cédé sa place à Raymond Domenech au panthéon des sélectionneurs français. Mais, pour l'instant, les bilans des deux hommes sont assez proches. Le premier, en poste du 27 mars 1976 au 27 juin 1984, représente 75 matches, 41 victoires, 16 matches nuls, 18 défaites, 139 buts marqués et 72 encaissés. Domenech, de son côté, affiche depuis le 12 juillet 2004 un bilan de 76 matches, 41 victoires, 23 matches nuls, 12 défaites, 109 buts marqués et 50 encaissés. Série en cours. Bien sûr, il est difficile de comparer les deux époques. Toujours est-il que l'actuel patron des Bleus a manqué l'occasion de devenir le sélectionneur le plus victorieux dans l'histoire de l'équipe de France. Les statistiques semblent toutefois être la seule chose qui les rapproche.


. LEUR PALMARES


Au-delà des chiffres, la première différence entre les deux sélectionneurs concerne le palmarès. Michel Hidalgo a apporté à la France son premier titre international avec l'Euro 1984. Un trophée soulevé à domicile après avoir disputé une demi-finale d'anthologie à Marseille contre le Portugal (victoire 3-2 à la dernière minute de la prolongation) et battu l'Espagne en finale au Parc des Princes (2-0). De son côté, Raymond Domenech n'a rien gagné à la tête des Bleus. Il peut toutefois se targuer d'être le premier sélectionneur à avoir qualifié la France pour trois phases finales successives : Mondial 2006, Euro 2008 et Mondial 2010. Après malgré tout une finale perdue en Allemagne en 2006, l'Afrique du Sud est sa dernière chance d'inscrire une ligne son palmarès chez les Bleus.


. LEUR IMAGE


Durant les huit années qu'il a passées à la tête de l'équipe de France, Michel Hidalgo a acquis l'image d'un sélectionneur très populaire. Tout l'inverse de Raymond Domenech. Il faut dire que l'ancien joueur de Reims et Monaco a repris les rênes de la sélection alors que celle-ci échouait invariablement lors des éliminatoires des grands tournois internationaux. Grâce à un jeu séduisant, il a qualifié la France pour la phase finale de la Coupe du monde 1978 après douze ans d'absence. La demi-finale de Séville perdue aux tirs au but face à la RFA en 1982 et l'Euro 1984 participent également à sa légende. Avec Domenech, dont la longévité ne doit rien à la côte d'amour, le contraste est saisissant. "Il (Domenech) a un truc difficile, c'est qu'il a l'opinion contre lui. Il aime la contradiction, il aime un certain personnage", décrypte Hidalgo qui voit néanmoins dans son héritier un "provocateur sympathique". "Raymond n'a pas toujours fait le nécessaire pour être populaire. Ça lui plaît peut-être", conclut-il.


. LEUR STYLE


L'un a toujours prôné l'offensive, l'autre s'est forgé une réputation pour le visage défensif de ses équipes. A l'époque, Hidalgo s'appuyait sur la génération des Michel Platini et autre Dominique Rocheteau. "Je jouais avec Genghini, Platini, Giresse, trois numéros dix. Et Tigana !", aime-t-il rappeler. Son principe : "on n'a jamais aussi bien joué qu'avec des créateurs". Autant dire qu'il était allergique à l'équipe de France en 4-4-2 version Domenech. "Franchement, jouer avec deux milieux défensifs contre les Iles Féroé, ça ne s'imposait pas", confie-t-il. Le récent passage au 4-3-3 va-t-il réconcilier les deux hommes ? C'est possible. "Les joueurs s'y retrouvent. L'équipe est mieux comme ça. Je suis content et très optimiste pour la Coupe du monde si on joue comme ça", disait récemment Hidalgo à L'Equipe.


. LEUR AVIS


Si les statistiques les ont rapprochés, Michel Hidalgo et Raymond Domenech ne sont pas les meilleurs amis du monde. Trop de choses les opposent. "C’est un honneur d’abord. L’épopée de Michel Hidalgo, c’est quelque chose d’exceptionnel, a toutefois commenté Domenech. Je vais arriver à le rattraper au nombre des matches, mais pas au nombre des années. Mais tous les records sont faits pour être battus. Celui-là sera aussi battu un jour. En règle générale, avoir un sélectionneur qui dure c’est un signe de stabilité. Je dois être l’exception ". Hidalgo, lui, ne s'est pas gêné pour glisser un petit tacle à l'actuel patron des Bleus. "Je dis bravo à Raymond même s'il aura duré moins longtemps que moi. On jouait beaucoup moins de matches à mon époque. Je suis resté près de huit ans et demi et j'ai pu décider de la date de mon départ", a-t-il souligné.