Dunga, les nerfs à vif

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Dunga, les nerfs à vif
Par C. R. (Avec AFP)|Ecrit pour TF1|2010-06-28T16:15:02.000Z, mis à jour 2010-06-28T16:15:02.000Z

Le sélectionneur du Brésil se montre excédé par à peu près tout. La traditionnelle insouciance de l'équipe du Brésil en a pris un coup. Dans son sillage, l'équipe a fait preuve d'une certaine nervosité depuis le début du tournoi. Les nerfs devront pourtant tenir contre le Chili (20h30).

Dunga l'a spontanément reconnu à la veille du huitième de finale contre le Chili. Son job consiste moins à parler de technico-tactique à ses hommes qu'à assumer une pression sans égal sur la planète football. "Elle ne fait qu'augmenter, encore plus quand on est le Brésil, s'est-il plaint avant le huitième de finale contre le Chili (lundi, 20h30). On doit toujours gagner, et encore ce n'est pas assez, il faut bien jouer, et quand on joue bien, ça ne suffit pas, il faut marquer six buts! Et quand on réussit tout ça, on dit que l'adversaire était faible..." L'image de ce Dunga dévoré par la pression, le monde l'a vu après le match contre la Côte d'Ivoire (3-1). Alors qu'il répondait à une question, il s'est arrêté brusquement et a lancé à un commentateur de la chaîne de télévision brésilienne Globo: "Y a un problème?!", le tout avant de marmonner des insultes crasses, toutes enregistrées de près par les micros disposés devant lui.


Depuis, Dunga a fait amende honorable, présentant ses excuses "aux supporters brésiliens" qui n'ont rien à voir avec ces "problèmes personnels". Pour le reste, un peu comme Maradona à l'automne dernier, qui avait choisi de présenter ses excuses "aux femmes" après sa saillie grossière, Dunga ne renie rien de sa défiance envers la presse qui suit son équipe. Il avait lancé le 3 juin: "Il y a sûrement ici environ 300 journalistes brésiliens qui attendent notre élimination pour pouvoir dire qu'ils avaient raison, que le sélectionneur a eu beaucoup de chance à la Copa America et à la Coupe des Confédérations".


Pour Kaka, Dunga est "un gars super tranquille"


L'ancien capitaine des champions du monde de 1994 en veut aussi souvent aux arbitres et à ses adversaires, pendant les matches. Etonnant pour celui que Kaka décrit comme "un gars super tranquille". Sa vie hors du terrain n'est pas tous les jours facile. Son père, âgé de 71 ans, est victime de la maladie d'Alzheimer depuis huit ans et vient d'être hospitalisé. Mais dit y puiser plus d'inspiration que de mauvais stress. "Ma mère, qui est celle qui souffre le plus avec mon père, m'a donné l'exemple: ce qu'on est en train de faire à son fils, on ne devrait pas le faire à un être humain, mais elle m'a appris à ne jamais rien lâcher et tenir bon jusqu'à la fin".


Peu importe l'origine de cette instabilité, toujours est-il que les médias brésiliens ont fait le lien entre les agacements de Dunga et l'attitude parfois peu lisible de ses joueurs. Pour le premier match contre la Corée du Nord (2-1), le sélectionneur et ses hommes avaient eux-mêmes mis la laborieuse prestation auriverde sur le compte de "l'anxiété" causée par l'entrée en lice. Kaka s'est fait expulser au deuxième match pour avoir répondu à une provocation. Au troisième, Felipe Melo, agressé par le Portugais Pepe, lui a rendu la monnaie de sa pièce et récolté un carton jaune avant de sortir blessé à une cheville. Les adversaires pratiquent le "jeu dur" contre le Brésil, comme le regrette Dunga ? La Seleçao répond sur le même registre depuis le début de la compétition.


Le Chili mettra le pied


Contre le Chili, il lui faudra garder ses nerfs. En qualifications, lors de leur double confrontation, les arbitres avaient distribué la bagatelle de douze cartons jaunes et trois rouges. Le Chili est l'équipe qui a effectué le plus de fautes par match depuis le début de la compétition. Mais c'est sur le terrain du jeu que Dunga dit attendre son adversaire, terriblement déçu par le Portugal qu'il a affronté en poules (0-0). "Il n'a fait que défendre... Nous devrons être patients. (...) Quand une équipe joue contre nous, elle repousse ses limites, nous devons en faire autant." Même s'il s'agit des limites de la patience.