Emilien Messagé, rencontre avec le maître des dessins de footballeurs

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Dessin Emilien Messagé
Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2017-03-31T10:19:28.500Z, mis à jour 2017-03-31T10:19:29.933Z

Passionné de sport, dessinateur de talent et artiste dans l’âme, Emilien Messagé croque les footballeurs avec brio. Référence dans son domaine et amis des joueurs, le portraitiste nous a accordé une interview où il révèle les coulisses de ses dessins.

A 30 ans, Emilien Messagé ne brille pas sur les terrains. Son nom ne vous parlera probablement d’ailleurs pas. L’artiste préfère l’ombre à la lumière des projecteurs. Pourtant, dans le microcosme des dessins de footballeurs, le Cattenomois s’est fait un nom auprès des joueurs, qui noircissent son carnet de commande sans temps mort. Définitivement, ce qu’Emilien Messagé fait briller, ce sont ses portraits. Rencontre avec l’ami des footballeurs.

Vous vous décrivez comme un portraitiste… Peut-on en savoir plus sur vous ?

J’ai commencé l’activité de graveur sur pierre, qui est mon métier, il y a cinq ans. Dans ce travail, il est possible de faire des portraits sur des monuments, et cela nécessite d’avoir une bonne dextérité dans le dessin. Je me suis régulièrement entrainé sur des feuilles A3 blanches à faire des portraits. J’en ai fait une cinquantaine puis mon compte Instagram est devenu populaire. C’est grâce à cette application qu’un premier joueur de football m’a fait une demande il y a trois ans. C’était Chris Mavinga, qui jouait au Rubin Kazan à l’époque. J’avais à peine fini le dessin qu’Alexandre Lacazette m’a demandé un portrait également. C’était motivant pour la suite de commencer par des très bons joueurs. Avec le bouche à oreille et le partage des joueurs sur leur compte Instagram, la machine s’est lancée. Depuis, j’en ai fait 200.

D’où vous est venue la passion pour le dessin ?

A la base, je voulais être professeur de dessin. J’ai donc fait une fac d’art, mais ce n’est pas là-bas que j’ai appris le dessin. Je me suis perfectionné tout seul, en travaillant tous les jours à la maison. En quelques mois, les dessins étaient de plus en plus réalistes. J’ai eu des commandes de ma famille, de mon entourage, puis des amis d’amis jusqu’aux joueurs de football et de NBA.        

Vous vous êtes récemment mis à la peinture…

Je m’étais mis à la peinture il n’y a même pas un an mais je n’ai pas encore eu l’occasion de peindre un footballeur. Je suis en train de voir avec l’agent de Lucas et Cavani. Au début, la peinture ce n’était que par plaisir, mais c’est très agréable de savoir que son travail est apprécié.  

Quelques petites retouches avant la prochaine expo fin du mois à Nancy 🎨

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Vous dessinez des footballeurs, rugbymen, handballeurs, basketteurs… Pourquoi avoir choisi le domaine du sport ?

J’aime un peu tous les sports, et j’ai toujours fait du football. En NBA, je suis très fan de Boston. C’est le préparateur physique de cette équipe qui m’a consulté, car il est également consultant pour l’AS Roma et j’avais dessiné un joueur de la Louve. Il a ensuite montré mon travail à plusieurs joueurs qui se sont montré intéressés.

Comment vous préparez-vous à croquer un sportif ?

Je travaille à partir de photographies. Je demande aux sportifs de me fournir plusieurs clichés d’eux et je choisis celui qui se prêtera le mieux à l’exercice du portrait.

Qu’est-ce que vous ressentez quand vous voyez un joueur comme Lucas, Nani ou Isaiah Thomas avec l’un de vos portraits dans les mains ?

Au début, on ne s’en rend pas vraiment compte car tout s’enchaine. Ça fait plaisir, c’est fou. Mais moi, ça ne me change pas grand-chose dans mon quotidien car je n’ai pas spécialement d’objectif pour la suite, je ne cherche pas la célébrité. C’est que du plus. Mais c’est gratifiant et ça me permet d’avoir une belle collection de maillots. Ca laissera une trace de ce que j’ai pu faire dans les années à venir. Ça me fait autant plaisir de dessiner des joueurs « pas très connus » que des grands joueurs. Je ne fais pas de hiérarchie. Dans le métier, certains font le tri et l’impasse sur les petits joueurs, ce n’est pas mon cas.

Vos dessins vous ont-ils permis de voyager en Europe, dans des stades et de rencontrer des stars ?

J’ai été plusieurs fois en Allemagne, voir un match de Mönchengladbach notamment. J’ai été voir plusieurs fois Anthony Modeste à Cologne,  on s’entend très bien. Je n’oublie pas non plus un weekend mémorable à Londres, où j’ai été invité par Loïc Rémy chez lui. Je lui avais fait beaucoup de portraits, c’était vraiment sympathique de sa part. J’avais assisté au match du titre en Chelsea et Leicester avant d’aller dans un club avec les joueurs de Ranieri. C’était également le dernier match de John Terry, avant qu’il re signe. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs.           


Frèro je te remercierai jamais assez pour ce ptit week-end Londonien, c'était la folie 🙈👌 Ne change rien t'es au top 💙

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Vous avez également rencontré Zlatan Ibrahimovic…

Je ne l’ai pas dessiné, je l’ai croisé quand je suis allé donner des dessins aux joueurs du PSG. Son gabarit m’a vraiment impressionné, je n’avais jamais ressenti cette sensation.

Merci Zlatan pour ces 4 années en France 👌👑 #zlatan #ibrahimovic #psg

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Combien de temps mettez-vous pour réaliser un portrait ?

Ça peut aller très vite, de trois à quatre heures pour les formats les plus rapides. En général, c’est un portrait sur la journée, et il m’arrive de repasser dessus pour peaufiner les détails. Ca demande beaucoup d’énergie et de concentration. Je préfère n’en faire qu’un dans la journée pour garder mon esprit créatif.

Avez-vous toujours autant de demandes ?

J’ai énormément de demandes et je ne peux plus toutes les honorer ! Je privilégie les joueurs qui m’ont déjà demandé. En ce moment, je prépare un dessin sur un joueur de l’AS Roma avec Totti dessus.

Vous souvenez-vous de votre premier dessin de footballeurs ?

Je dessinais quand j’étais jeune, je devais avoir 12-13 ans, je lisais le magazine Onze Mondial et il m’arrivait de croquer quelques joueurs. Je me souviens d’une planche avec Ronaldinho, Shevchenko, Raymond Domenech, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs, et Camel Meriem. C’est fou de se dire qu’on dessine des joueurs que l’on rencontre après. J’ai de très bons souvenirs avec eux. Certains joueurs demandent des dessins et ne donnent plus de nouvelles.

Y a-t-il un footballeur que vous rêveriez de rencontrer ?

Pas plus que ça. Mon but c’est surtout de faire des dessins qui me plaisent et d’échanger avec les joueurs. Avec les stars, je sais que ça ne serait pas possible. Si tout s’arrêtait demain, je serais déjà très satisfait. J’ai plein de projets en valise. J’aime beaucoup Arsenal et j’aimerais beaucoup me rendre à l’Emirates Stadium. Si j’avais vraiment un nom à donner, ce serait de celui Thierry Henry.


Quels sont désormais vos projets ?

J’ai une nouvelle activité maintenant, je me suis lancé dans le tatouage ! J’ai même déjà des demandes de joueurs  que j’avais déjà dessinés ! Et je parle de joueurs qui n’ont pas de tatouage...


Mes premiers pas dans le tatouage. Le tatouage est en cours je vous le montrerai terminé semaine prochaine :)

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Vous pouvez retrouver Emilien Messagé sur son compte Instagram ou sur sa page Facebook.