"Envie d'en profiter"

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'Envie d'en profiter'
Par DPPI|Ecrit pour TF1|2009-11-19T10:20:12.000Z, mis à jour 2009-11-19T10:20:12.000Z

Raymond Domenech revient sur la qualification de l'équipe de France pour le Mondial après le match nul face à l'Eire (1-1 a.p.). Le sélectionneur français ne s'étend pas sur la main de Thierry Henry qui a amené le but. Et se réfugie derrière le match contre la Serbie pour répondre à cette injustice.

RAYMOND DOMENECH, y avait-il main sur le but ?


R.D. : Je n'ai pas vu le ralenti. L'arbitre accorde le but mais je ne vois rien du banc. Toutefois, je veux rendre hommage à cette équipe irlandaise et à son public. C'est presque regrettable que cette formation ne se qualifie pas à la Coupe du monde car elle nous a posé beaucoup de problème. Bravo à eux. C'était une belle bataille.


L'équipe de France est-elle miraculée ?


R.D.: Après le match contre la Serbie, où Lloris s'était fait expulser au bout de 10 minutes, on ne m'avait pas demandé si on avait eu de la chance. En foot, c'est comme ça. Quand on fait le bilan sur une saison, on se rend compte que les péripéties d'un match s'équilibrent. L'objectif, c'était de se qualifier. On reste dans l'émotion d'avoir battu une équipe qui s'est démenée jusqu'au bout. Plus que les détails et les explications, j'ai envie d'en profiter. On a envie de dire "Merci" à ceux qui ont soutenu l'équipe de France.


Une équipe ne va toutefois pas au Mondial à cause de ces péripéties...


R.D.: Je le répète, mais si contre la Serbie on reste à 1-0, c'est nous qui n'y allons pas. Ça été difficile, compliqué mais laissez nous un petit moment de bonheur...


Au-delà la communication, êtes-vous satisfait de la prestation de vos joueurs ?


R.D.: Je suis dans le bonheur d'être qualifié. Ça fait deux ans que l'on galère. On a été critiqué de tous les côtés et ce soir l'objectif est atteint. Oui, on va me dire qu'il y a eu des matches moins bien. Mais mes joueurs ont eu du coeur, ils ont souffert. Et j'ai envie d'en profiter. Tout à l'heure, Gérard Houllier m'a dit : "Quand vous allez vous inscrire à la fac, on ne vous demande pas si vous avez eu votre bac avec mention, vous vous inscrivez. On est inscrit."


Quelles sont les satisfactions du point de vue individuel ?


R.D.: Je n'ai pas l'habitude de faire des différences. J'englobe tout le monde. Les dirigeants, le staff et ceux qui nous ont soutenus et qui ce soir sont heureux. Certaines personnes sont heureuses de voir la France au Mondial. J'en fais partie. Toutefois, il n'y a pas eu d'explosion de joie dans le vestiaire par respect pour les Irlandais.


Alors peu importe la manière...


R.D.: Dites ce que vous voulez...


Dans les discours d'avant-match vous aviez évoqué le fait que la France devrait jouer son jeu. Au final, on a vu une équipe de France apathique...


R.D.: Je ne dirais pas apathique. La France a été bousculée par une équipe d'Irlande décidée, qui a joué son va-tout. Psychologiquement, c'est presque plus facile de débuter un match en étant mené 1 à 0 car vous n'avez rien à perdre. Ils nous ont imposés leur jeu. Au match aller, nous avions réussi à rééquilibrer le débat. Mais ce soir (mercredi), nous avons été obligés de jouer avec leurs armes.


Si on se projette un peu, pensez-vous que ce genre de prestation permette à la France de s'illustrer au Mondial ?


R.D.: Il va falloir attendre un peu. Jusqu'en décembre, je veux être tranquille. Les projections sont pour plus tard.


Avez-vous senti un peu de crispation ?


R.D.: Je comprends votre déception de ne pas avoir vu l'équipe dominer, faire des débordements ou encore des centres en retrait. Désolé, mais onze irlandais en face se sont battus pour ne pas lâcher. Ils se sont arrachés jusqu'au bout. Oui, nous n'avons pas fait le meilleur match des qualifications. Mais voilà, nous sommes qualifiés.


Que pensez-vous de la performance d'Hugo Lloris ?


R.D.: Oui, il a été bon mais il y en a d'autres sur l'ensemble des deux matches. Il a du potentiel. Il a des qualités. Je suis content qu'il participe à la qualification de l'équipe.


La hiérarchie est-elle établie au poste de gardien ?


R.D.: Oui. Aujourd'hui, le numéro 1 c'était Hugo. Mais aujourd'hui....


Comment vous seriez-vous senti si la France avait encaissé un pareil but ?


R.D.: Ce n'est pas le cas...