Escudé: "Aller au combat"

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Escudé: 'Aller au combat'
Par DPPI|Ecrit pour TF1|2009-11-10T16:53:05.000Z, mis à jour 2009-11-10T16:53:05.000Z

Malgré la pression qui règne avant la double confrontation face à l'Eire, Julien Escudé fait preuve de sérénité. Le défenseur des Bleus et du FC Séville souligne qu'il ne faudra pas avoir peur pour répondre au défi imposé par les Irlandais.

JULIEN ESCUDE, est-ce le moment le plus important de votre carrière?


J.E. : Oui. Si on va en Coupe du monde, ce sera un autre moment encore plus important, mais ces deux matches restent primordiaux.


Que savez-vous de l'Eire?


J.E. : On connaît son état d'esprit, sa combativité et son ambiance particulière. Par leur culture, ils ont un jeu de "guerriers", et avec leur entraîneur italien (Giovanni Trapattoni, ndlr), qui apporte un aspect tactique, ça peut leur donner des bases pour être bien positionnés. C'est un bon équilibre. Mais l'équipe de France aussi a son potentiel physique. On a aussi du répondant dans le jeu, donc ça fera une belle bataille. Il y aura peut-être un investissement supplémentaire en se disant qu'il y a deux matches, et puis plus rien derrière: il n'y a pas de rattrapage.


Pensez-vous à l'élimination?


J.E. : On y pense. Il faut être en confiance, il y a deux matches à jouer et rien n'est fait. On peut rester sur le carreau si on n'est pas bien impliqués, concentrés, si on ne donne pas le maximum. On joue dans de grandes équipes, on a plus ou moins l'expérience des grandes compétitions: si on joue à notre réelle valeur, avec un petit plus, avec esprit de corps, j'espère qu'on ira au bout. Une élimination resterait un coup dur pour la France en général.


A quel type de match vous attendez-vous?


J.E. : Vu les ballons qui vont arriver, il va falloir aller au combat, ne pas avoir peur. Le but à l'extérieur est primordial pour leur faire peur. On n'est pas là que pour défendre et garder la cage inviolée: on va attaquer, parce que c'est notre jeu et qu'on représente l'équipe de France.


Un 0-0, ce serait bien?


J.E. : Je n'aime pas trop.


Les Irlandais sont réputés pour leur jeu aérien, sur coups de pied arrêtés...


J.E. : C'est leur point fort: ils les tirent bien, ils montent bien, c'est leur façon de jouer, avec engagement. Mais nous, avec Abidal, Gallas, Diarra, c'est costaud quand même, il faut leur passer dessus! Sur les coups de pied arrêtés, c'est du marquage, du duel et de la concentration, suivre le ballon et l'adversaire. Il faudra éviter les fautes et les corners: moins ils en auront à tirer, mieux ce sera pour nous. Avant les matches, il y a un listing: "Toi, t'es au marquage d'untel", etc. Et quand ça arrive, c'est le un contre un, se dire que l'adversaire ne touchera pas le ballon.


L'ambiance peut-elle avoir une influence?


J.E. : Ca peut avoir une influence, déjà au niveau de la communication, si on ne s'entend pas. C'est aussi une surmotivation pour l'équipe qui reçoit. A nous d'en faire abstraction, c'est un travail dans la tête. De toute façon, ce sera onze contre onze sur le terrain, et les supporters peuvent chanter, ça ne nous fera pas mal jouer.


Est-ce un souci d'avoir une charnière centrale qui change souvent?


J.E. : On travaille à avoir une défense-type, ça reste difficile, même si l'entraîneur voudrait l'avoir. J'ai plus d'automatismes avec Squillaci, avec lequel je m'entraîne tous les jours, mais ça ne veut pas dire qu'on sera performant au même niveau qu'à Séville. L'équipe de France, c'est une autre dimension. Il y a des changements parce qu'il y a eu des pépins, des suspendus, des méformes. Mais je trouve ça bien qu'il y ait un petit noyau. C'est dur de compter toujours sur les mêmes. Chacun a sa part d'importance, même si certains le sont plus que d'autres, avec plus d'expérience.