Espagne - Pays-Bas, une partie d'échecs

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600x336 PAYS-BAS-ESPAGNE
Par Julien LECORNU|Ecrit pour TF1|2010-07-10T08:43:00.000Z, mis à jour 2010-07-10T08:43:00.000Z

Le vainqueur de la Coupe du Monde 2010 sera forcément inédit. Les Pays-Bas auront une troisième chance d'accéder au titre suprême après les finales perdues de 1974 et 1978, tandis que l'Espagne est novice à ce stade de la compétition.

Les Pays-Bas et l'Espagne s'affrontent ce soir pour une finale inédite, au Soccer City Stadium de Johannesburg.


La Roja étouffe ses adversaires

Fidèle au jeu qui l’avait conduit à la victoire lors de l’Euro 2008, l’Espagne a conservé le ballon avec une virtuosité qui n’a pas trouvé son égal pendant cette Coupe du Monde. Avec ses deux organisateurs Xavi et Iniesta, la Roja développe un jeu très proche du Barça, fait de passes au sol et de mouvements rapides en une touche de balle. Un jeu harassant pour les équipes adverses, contraintes à courir après le ballon la plupart du temps. Si on devait lui trouver un point faible, on pourrait dire que l’Espagne peine parfois à concrétiser ses actions de but. Elle s’en remet trop souvent au tueur David Villa, qui a marqué 5 des 7 petits buts de la sélection. En revanche, elle dispose de la meilleure défense de ce Mondial avec seulement 2 buts encaissés.


La Hollande endort ses adversaires

Sans faire de bruit, les Pays-Bas ont remporté tous leurs matchs depuis le début de la compétition, contrairement à l’Espagne. L’équipe de Bert Van Marwijk pratique un jeu où alternent temps forts et temps faibles, qui a tendance à endormir ses adversaires. Pas toujours flamboyants, les Hollandais donnent parfois l’impression de livrer un match décousu. Mais ce n’est qu’une illusion. Ils maîtrisent parfaitement leur sujet et peuvent compter sur une force de réaction impressionnante. Le match contre le Brésil l’a montré, lorsque les Bataves ont réussi à remporter le match avant la fin du temps réglementaire (2-1), alors qu’ils étaient menés à la mi-temps. Côté individus, les Oranje peuvent compter sur l’intelligence de Wesley Sneijder et l’explosivité d’Arjen Robben. S’ils veulent l’emporter, les Pays-Bas doivent accepter de subir en espérant profiter d’un faux-pas de l’imperméable défense espagnole.


Des pronostics défavorables à la Hollande

Deux grandes voix du football hollandais ont livré leur pronostic sur la finale. D’abord la légende vivante Johan Cruyff : le finaliste malheureux de la Coupe du monde 1974 est partagé. Si sa fibre patriotique le conduit naturellement à supporter les Pays-Bas, il est un fervent supporter du jeu espagnol. Sans sourciller, il a annoncé une victoire de l’Espagne. Même son de cloche chez le jeune retraité Ruud Van Nistelrooy, pour qui le jeu de l’Espagne est « hors de portée ». Si l’on ajoute à ces deux voix dissidentes le pronostic de Paul le poulpe, difficile de parier sur la Hollande.


Petite lueur d’espoir statistique pour les Bataves : jamais une équipe qui a perdu son premier match de Coupe du Monde n’a soulevé le précieux trophée. Faites vos jeux.