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Les Etats-Unis font leur nid

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Les Etats-Unis font leur nid
Par Maxime DUPUIS (à Rustenburg)|Ecrit pour TF1|2010-06-26T22:30:02.000Z, mis à jour 2010-06-26T22:30:02.000Z

Les "USA" ne font plus rire personne au soccer. Un an après avoir atteint la finale de la Coupe des Confédérations, les Etats-Unis sont soutenus par des millions de fans, dont Clinton et Obama. Ils jouent le Ghana samedi en 8e (20h30) tout en pensant à aller au bout.

Au début des années 70, Alain Peyrefitte soutenait mordicus que la Chine finirait par s'éveiller. Bien après, d'autres ont repris à leur compte cette prédiction de l'ancien ministre français et l'ont arrangée pour en faire le credo de leurs certitudes footballistiques. Les Etats-Unis s'éveilleront un jour au "soccer", disaient-ils. On peut, sans se tromper, annoncer que ce jour est arrivé. La nation à la bannière étoilée fait désormais partie des équipes qui comptent sur l'échiquier mondial. Il parait loin le temps où bande à Tony Meola retrouvait le la Coupe du monde (en 1990) après quatre décennies de disette. Même s'il se prend parfois à rêver et assure que ses joueurs "sont capables" d'aller au bout, Bob Bradley tente de garder les pieds sur terre, savourant simplement le travail effectué et le chemin parcouru ces dernières années.


Deuxième choix lorsqu'il a été nommé en 2006, la fédération US lui préférant le "Californien" Jürgen Klinsmann, Bob Bradley est désormais incontournable. Sous ses ordres, les Etats-Unis ont atteint la finale de la Coupe des Confédérations en 2009 tout en battant l'Espagne (2-0) et, samedi, affronteront le Ghana en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Qualifiés sur le fil, en battant l'Algérie (1-0) grâce un but plutôt tardif de Landon Donovan, les Etats-uniens ont maintenant l'assurance aveugle des équipes qui sont passés à deux doigts du couperet et qui, miraculées, sont toujours vivantes. "L'équipe a vécu sous pression lors du premier tour. Maintenant, c'est différent, assure Bob Bradley. On est heureux de ce que l'on a accompli. Nous sommes au deuxième tour. On a envie de voir jusqu'où on peut aller."


"Tout le monde supportera le Ghana..."


Le plus difficile est-il derrière les joueurs US ? Direction les quarts de finale, comme en 2002 ? "On ne pense pas à ça, tempère Bradley. Ce fut magnifique et on était tous fiers. Huit ans après, on ne se concentre que sur nous. Être un groupe, une équipe, ce que nous sommes aujourd'hui, c'est ce qui nous intéresse en premier lieu." Samedi face au Ghana, les Etats-Unis auront tout un continent contre eux. Normal. "Cette Coupe du monde est avant tout la fierté de l'Afrique, affirme le sélectionneur américain. Tout le monde supportera le Ghana".


Mais les Américains seront loin d'être seuls. Succès et progrès aidant, la masse des supporters ne cesse d'enfler. Dans des prévisions d'avant-Coupe du monde, on annonçait que les fans US seraient les plus nombreux, et de loin, en Afrique du Sud (115.000 sur l'ensemble de la compétition). "On reçoit un support incroyable de nos fans restés à la maison et de ceux qui sont là, sourit Bradley. C'est incroyable. Les gens sont fiers de nous. Nous devons continuer." Le "soccer" n'est pas encore aussi populaire que la NFL, NHL, NBA et au MLB et ne le sera peut-être jamais aux Etats-Unis. Mais il a des suiveurs fameux.


Obama se soucie des côtes d'Howard

"L'ancien président, Bill Clinton, est venu nous voir en Afrique du Sud. Avant le match face à l'Algérie, il a serré la main de tous et eu des mots pour chacun. Il est également passé après la rencontre, il semblé honoré d'avoir partagé ce moment avec nous." L'actuel pensionnaire de la Maison Blanche n'est pas en reste. "Le président Obama nous a appelés. On l'avait vu à la Maison Blanche quelques semaines avant la Coupe du monde. Il suit tout cela de près. La dernière fois, il souhaitait savoir comment allaient les côtes de Tim Howard".


Déjà forte aux Etats-Unis, la fierté du drapeau n'en est que renforcée par tous ces preuves d'amour pour une équipe qui, avant 1994 et l'organisation du Mondial à domicile, ne drainait que peu de ferveur. Aujourd'hui, Bob Bradley se sent investi d'une mission. Et espère que sa passion est communicative : "Avoir l'opportunité de diriger votre équipe nationale est un honneur extrêmement fort. Tant de personnes attendent de nous. On ne peut oublier les responsabilités et l'honneur qui en découlent. En tant que sélectionneur, vous voulez que vos joueurs ressentent la même chose." Sur ce que l'on a vu depuis le début de la compétition, c'est le cas.