"Etre les patrons"

Voir le site Téléfoot

'Etre les patrons'
Par Olivier d'ARIES|Ecrit pour TF1|2009-09-08T16:46:00.000Z, mis à jour 2009-09-08T16:46:00.000Z

Pour Yoann Gourcuff, l'équipe de France ne doit pas se laisser impressionner par l'ambiance qui l'attend en Serbie, mercredi. Mais le Bordelais prévient qu'elle devra en finir avec le "manque de réussite" affiché face à Roumanie (1-1). Car "l'objectif est de se qualifier, barrage ou pas".

YOANN GOURCUFF, vous avez digéré le match nul face à la Roumanie ?


Y.G. : On aurait préféré une victoire, mais c'est comme ça. Il faut aussi faut retirer le positif, et faire une analyse objective. Il y a eu de bonnes séquences de jeu, notamment en première mi-temps. Il faut essayer de les répéter, parce que quand on joue comme ça, on devient très bons. Ca faisait quelques matches qu'on n'avait pas réussi de telles séquences de jeu, il faut s'appuyer sur ces bases-là. Et il faut maintenant essayer d'être meilleurs dans la finition.


Comment expliquer justement la maladresse des Bleus devant le but ?


Y.G. : Peut-être qu'il y a eu un peu de précipitation, un manque de réussite aussi. Quand on fait de belles actions et qu'on ne marque pas, quand on a une, deux, trois occasions, inconsciemment pour les actions d'après, on a moins de sérénité et on commence à douter un peu. Il faut dire aussi que le gardien a été excellent. Sur la frappe de Titi (Henry) au début, il va bien la chercher, sur celle de Dédé Gignac, il fait un arrêt de grande classe. Mais je ne suis pas inquiet: on a des attaquants qui sont parmi les meilleurs en Europe, même ceux qui rentrent ont énormément de qualités. Cette inefficacité ne peut pas continuer à long terme. A un moment donné, on les mettra au fond.


Pourquoi l'équipe de France a-t-elle baissé le pied après son but ?


Y.G. : On ne marque pas forcément dans la période où on est le mieux. On est mieux en première période, où on a maîtrisé les adversaires. On a produit de bonnes séquences de jeu, avec de la disponibilité pour le porteur de balle et des mouvements, c'est là qu'on aurait dû marquer. Le but nous a fait du bien, peut-être qu'il y a eu du relâchement après tant d'efforts pour marquer. Et on prend un but malheureux sur une action qui n'est pas si dangereuse. Il y a eu un relâchement physique et psychologique, les deux sont liés.


Vous considérez que c'était le meilleur match des Bleus ?


Y.G. : Lors de la deuxième mi-temps en Roumanie et le match contre la Serbie, il y avait de très bonnes choses dans la continuité. Hier, on a eu de bonnes séquences, mais on peut s'améliorer dans la gestion des temps forts, avec des attaques rapides, et des temps faibles, parce qu'on ne peut pas toujours aller vite vers l'avant, ça demande beaucoup d'efforts.


Avez-vous discuté avec Julien Escudé (auteur d'un but contre son camp) ?


Y.G. : Non. Ca arrive, il n'y a pas de problème. C'est toujours compliqué quand on court vers son but, et les centres qui arrivent entre les défenseurs et le gardien sont souvent très dangereux. Julien va très bien, je ne l'ai pas trouvé marqué psychologiquement.


A quel match vous attendez-vous en Serbie mercredi ?


Y.G. : Ce sera un très bon match, à mon avis. On va se concentrer sur notre jeu, essayer de faire douter cette équipe, d'être solide défensivement. On ne sera pas impressionnés par l'ambiance. Il faudra essayer d'être les patrons sur le terrain et dicter le rythme du jeu, produire du jeu en mouvement, tout ce qu'on a eu samedi soir, et essayer d'avoir plus de justesse dans le dernier geste.


Jouer les barrages, est-ce une forme d'échec ?


Y.G. : L'objectif est de se qualifier, barrage ou pas. Au final, ça ne change pas énormément de choses, tout le monde a envie d'atteindre l'objectif de la qualification.