Les excuses bleues

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Les excuses bleues
Par DPPI|Ecrit pour TF1|2009-11-19T15:30:10.000Z, mis à jour 2009-11-19T15:30:10.000Z

L'équipe de France, qui a toutefois décroché son billet pour l'Afrique du Sud, n'a pas été au rendez-vous mercredi, pour cette rencontre cruciale des barrages face à l'Eire (1-1). Si les Bleus se cherchent des excuses, la gestion psychologique des joueurs de Raymond Domenech laisse songeur.

Une qualification sans gloire. Des interrogations en suspens. L'équipe de France a tremblé jusqu'au bout pour décrocher son billet pour la Coupe du monde 2010. Pendant 103 minutes au Stade de France, les Bleus ont souffert face aux Irlandais. Incapables de trouver le chemin de filet, médiocres aussi bien collectivement qu'individuellement, bousculés par l'envie des joueurs de l'Eire, ils n'ont pas été à la hauteur de ce rendez-vous crucial sur le pré du Stade de France. "Je ne dirais pas que l'équipe a été apathique mais bousculée par l'équipe d'Irlande. Les Irlandais sont costauds", avance Raymond Domenech, le sélectionneur français pour justifier la contre-performance de ses protégés. Les excuses ne manquent d'ailleurs pas pour expliquer cette piètre prestation.


Après la victoire décrochée à Dublin (0-1), les Bleus n'avaient eu de cesse de répéter leurs bonnes intentions pour ce match retour. Ils voulaient imposer leur jeu et jouer haut pour ne pas tomber dans le piège irlandais. Au final, ils ont laissé leurs bonnes intentions au vestiaire. "Psychologiquement, c'est presque plus facile de débuter un match en étant mené 1 à 0 car vous n'avez rien à perdre. Ils nous ont imposés leur jeu. Nous avons été obligés de jouer avec leurs armes", ajoute Domenech.


Un mental défaillant


Le mérite de l'Eire, engluée au 34e rang Fifa et qui a parfaitement joué le coup, peut en effet être une explication. Thierry Henry a ainsi la même vision. Pour lui, ce sont les Irlandais qui ont fait déjouer les Bleus : "Ce qu’on a su faire chez eux, nous n’avons pas réussi à le refaire chez nous. Poser le ballon, essayer de jouer, repartir de derrière… On savait que leur jeu consistait à allonger, imposer un combat physique. On a malheureusement été obligé de rentrer dans leur jeu, ce n’est pas vraiment le notre", explique le capitaine tricolore. Pourtant, on tombe un peu dans la facilité avec ces excuses.


La tactique mise en place par les Français n'a aussi pas porté ses fruits. L'équipe de France a souvent été coupée en deux avec un milieu de terrain dépassé. Mais surtout, dès le coup d'envoi, les Tricolores ont été tétanisés, terrassés par l'enjeu. Le manque d'expérience sur la scène internationale d'une partie de ses joueurs a sauté aux yeux à l'heure de ce match décisif. Avec la pression, certains ont eu les jambes plus lourdes qu'à l'accoutumée. André-Pierre Gignac ne s'en cache pas : "Je pense qu’on a eu un peu les chocottes. C’était un match à enjeu", lance le Toulousain, qui a sûrement disputé la rencontre la plus importante de sa carrière mercredi soir comme bon nombre de ses coéquipiers qui sont encore loin du vécu d'un Thierry Henry ou encore de William Gallas.


Le buteur du TFC dresse un constat réaliste mais inquiétant à quelques mois de la Coupe du monde. Mercredi, il était ainsi difficile de retrouver l'équipe qui avait lutté à dix contre onze à Belgrade en septembre (1-1) ou celle qui offert un visage plus séduisant après la pause à Dublin samedi (0-1). Avec une telle gestion psychologique, le Mondial s'annonce compliqué. Mais l'important pour le moment est déjà d'y être. "Jusqu'en décembre, je veux être tranquille. Les projections sont pour plus tard", lâche Domenech. La manière attendra. On se satisfait de peu en ce moment avec les Bleus...