Fière comme l'Inter

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Fière comme l'Inter
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-04-29T12:55:05.000Z, mis à jour 2010-04-29T12:55:05.000Z

Qui aurait misé sur la présence de l'Inter en finale de la Ligue des champions il y a 6 mois? Les Nerazzurri n'avaient joué qu'un rôle tout à fait mineur sur la scène européenne ces dernières années. Mais ils n'ont plus seulement du talent. Ils ont aussi du caractère. Ils l'ont montré à Barcelone.

La dernière fois que l'Inter a disputé une finale de la Ligue des champions, on l'appelait encore Coupe des champions. L'Inter n'avait presque que des joueurs italiens dans son effectif. Une autre époque. Lointaine. Si lointaine que même Javier Zanetti n'était pas né. Jose Mourinho n'était encore qu'un petit garçon. C'était il y a 38 ans. Une éternité pour un club aussi prestigieux et puissant financièrement que l'Inter. Ce n'était donc pas gagné et ils n'étaient pas très nombreux, en début de saison, à imaginer les Nerazzurri en candidats au titre.


Non sans raisons, d'ailleurs. Ces dernières années, l'Inter n'avait rien fait pour prétendre à ce statut. Intouchable sur la scène italienne (quatre titres consécutifs de 2006 à 2009), elle était inexistante au plus haut niveau européen. L'Inter ne représentait rien. Ce n'était pas une affaire de talent. Les Lombards en ont à revendre. C'était une question de caractère. L'Inter n'en avait pas. Il lui manquait cette "grinta" indispensable au plus haut niveau, cette faculté à se transcender. Dans ce domaine, c'est une véritable métamorphose que le champion d'Italie a opéré en quelques mois, sous la houlette de Jose Mourinho. Désormais, l'Inter sait se transcender dans les grands rendez-vous. A ce titre, les 90 minutes du match retour à Barcelone disent tout de cette force mentale nouvelle. Réticente à enfiler le bleu de chauffe par le passé, l'Inter a fait preuve d'une détermination dans le combat qui l'autorise aujourd'hui à rêver au titre suprême. Cette abnégation, cette volonté de ne rien lâcher, tranche avec les saisons précédentes.


Loin des mercenaires


Pourquoi aujourd'hui et pas hier? Le mérite en revient en grande partie à Jose Mourinho, qui sait entraîner tout un groupe derrière lui comme personne. Ses joueurs le suivraient au bout du monde. Mais si, collectivement, l'Inter a autant changé, c'est qu'elle est à présent portée par des joueurs affamés, qui ont beaucoup à prouver. Comme Milito, enfin en mesure de démontrer ce qu'il vaut dans un grand club. Comme Eto'o, Sneijder ou Samuel, dont d'autres ne voulaient plus. Massimo Moratti, qui a dépensé tant d'argent pour amener son club au sommet de l'Europe, et qui a été si longtemps frustré, a trouvé une formule d'une réelle justesse mercredi soir. "Cette victoire, a confié le président intériste, c'est celle de l'humilité et du sacrifice". Nous sommes donc loin de l'équipe de mercenaires, un peu caricaturale, véhiculée par l'Inter des années durant.


Alors, bien sûr, l'Inter n'a rien proposé mercredi soir au Camp Nou. Les puristes pleurent. Mais il n'est pas interdit de penser qu'il y a une forme de beauté dans la façon dont l'équipe de Mourinho a su prendre le pas tactiquement. Même en jouant à 11 (puis à 10 après l'expulsion de Thiago Motta) dans ses 35 mètres, c'est paradoxalement elle qui a dicté son jeu, en privant son adversaire des espaces qu'il affectionne tant. Ce n'est pas parce qu'on maîtrise le ballon qu'on maitrise le jeu. "Je ne voulais pas du ballon, explique "The Special one". J'avais dit à mes joueurs de le rendre. Ce sont eux (les joueurs du Barça) qui voulaient le ballon et c'était parfait ainsi. Une équipe sans organisation tactique prend quatre ou cinq buts ici. " Et Mourinho de tout résumer d'une phrase: "Nous avons fait un match spectaculaire au niveau de l'organisation."


Mais cette infaillibilité tactique n'aurait pas suffi sans le sens du sacrifice évoqué par Moratti et symbolisée par l'attitude d'Eto'o ou Milito mercredi. "Eto'o a joué arrière gauche aujourd'hui, c'est fabuleux de la part de quelqu'un comme lui, qui a autant de talent et un tel palmarès", souffle Mourinho. "On a sué sang et eau pour y arriver, mais il n'était pas question de lâcher", confie Maicon, symbole de cette Inter jadis fantasque, mais dont la force de caractère est aujourd'hui enfin à la hauteur du talent de ses individualités. C'est en faisant preuve de fierté que les Nerazzurri ont rendu la sienne à ce club. Voilà sans doute leur plus grande victoire.


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