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Les finales de l'OM / 1991 : Bari et l'Etoile Rouge de Petrovic, la pluie de regrets de Marseille

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Nadj à la lutte avec JPP
Par Alexandre COIQUIL|Ecrit pour TF1|2018-05-16T10:05:20.623Z, mis à jour 2018-05-16T15:49:54.751Z

LIGUE EUROPA - Tout au long de la journée, Téléfoot vous fait revivre les quatre finales européennes de l’Olympique de Marseille. Premier volet : la finale de Ligue des champions contre l’Etoile Rouge de Belgrade le 29 mai 1991. La première de l'histoire du club

ETOILE ROUGE DE BELGRADE / OLYMPIQUE DE MARSEILLE (0-0, 5-3 tab)


Finale Coupe d'Europe des clubs champions 1990-1991 / 29 mai 1991


Etoile Rouge de Belgrade : Stojanovic (G) - Sabanadzovic, Najdoski, Belodedici, Marovic - Prosinecki, Jugovic, Miajlovic, Savicevic - Pancev, Binic / Ljubomir "Ljupko" Petrović


Olympique de Marseille : Olmeta (G) - Amoros, Boli, Mozer, Casoni, Di Méco - Waddle, Fournier, Germain, Pelé - Papin / Raymond Goethals



Finale1991


LA FINALE

Pour beaucoup, Bari est synonyme d’injustice. L’injustice, la vraie, la seule. Complexe à comprendre, foudroyante a subir, elle frappe quand elle veut. Neuf ans après Séville 1982 et alors que l’équipe de France de football vit un des pires moment de son existence, c’est un club qui va remettre le football français dans le droit chemin : l’Olympique de Marseille. Et c'est l'OM qui va la prendre de plein fouet cette injustice.

Finaliste de ce qu’on appelait à l’époque la Coupe d'Europe des clubs champions, l’OM, pas n’importe lequel, celui dirigé par Bernard Tapie, déclinaison sauce Vieux-Port du Milan de Berlusconi qui avait révolutionné le football européen et italien dans les années 1980, va prendre le relais d’un mythe, le Saint-Etienne de 1976. Maudit en finale de C1 quinze ans plus tôt à Glasgow, le club stéphanois n’avait jamais pu redevenir celui qu’il avait été en Europe. L'ASSE c'était quelque chose de plus terre-à-terre, une approche plus sociale du football. L'OM de 1991 c'est une machine à jouer, à marquer. Une machine à billets aussi. Tapie n'en démordra jamais, pour gagner une coupe d'Europe il faut lâcher des millions et acheter ce qu'il se fait de mieux. Bref, cet OM, c'était une équipe qui avait de la gueule.

L'Etoile Rouge machine à jouer le jour, machine à défendre la nuit

Cette donnée d'être confronté à un adversaire à priori plus complet, l'Etoile Rouge l'a bien compris et assimilé dans sa préparation de la finale. Le club de Belgrade, qui possède alors une génération dorée dans son effectif dont un entrejeu qui ferait frémir les nostalgiques (Robert Prosinecki, Dejan Savicevic,  Vladimir Jugovic, Sinisa Mihajlović), va passer son temps à défendre au San Nicola de Bari et priver l'OM de solution. 

Marquage individuel, bloc très bas,  pressing intense, Ljubomir Petrovic va tendre une énorme toile d'araignée à Raymond Goethals et aux Olympiens qui vont plonger dedans la tête la première. Pas de corner du match, un Pascal Olmeta seul au monde dans sa surface, le Crvena zvezda va appliquer son plan de jeu avec une conviction désarmante. Jean-Pierre Papin, qui croyait dur comme fer à la victoire, et Chris Waddle se montreront d'une maladresse désarmante dans les Pouilles.

Le vieux sorcier serbe justifiera cette approche minimaliste en prétextant que son équipe était alors sur les rotules. "La victoire justifie les moyens, à nous Yougoslaves, on nous reproche d'être romantiques", soulignera Petrovic, avant de lancer une belle pique à son homologue belge. "Moi, Stojkovic je l'aurai fait jouer."

Goethals critiqué de toutes parts

Habitué à disputer des tirs au but dans son championnat, l'Etoile Rouge parviendra à ses fins et remportera cette finale alourdie par une énorme chaleur aux tirs au but, grâce à Darko Pancev,  et fera plonger l'OM dans des abysses psychologiques. Remise en cause générale, effectif trop vieux, un Goethals dépassé, tout sera remis en cause après Bari. Pourtant, les joueurs, eux, continueront à soutenir leur sorcier. Tapie, alors en partance, restera car il lui était hors de question de quitter Marseille sans ce grand trophée.

L'histoire donnera raison à ces vaincus qui se voyaient vainqueurs. Pourtant, malgré l'apothéose de Munich deux ans après, et vingt-sept ans après Bari, Marseille pleure toujours ce rendez-vous avec l'histoire manqué.


LE SOUVENIR DU SUPPORTER

Maxime, supporter de l'OM depuis 1979

"C'est un souvenir horrible, j'avais douze ans. J'en ai pleuré, tellement c'était frustrant. C'est d'ailleurs la dernière fois que j'ai pleuré pour du football L'OM a dominé tout le match. En face, l'Etoile Rouge c'était une machine à jouer : au milieu de terrain il y avait Prosinecki, Savicevic, Jugovic, Mihajlovic."


"Une des choses les plus dures à avaler c'est que c'est Manuel Amoros rate le dernier tir au but alors que c'était lui le meilleur joueur du match. Aucun club n'avait fait une finale de Coupe d’Europe des clubs champions depuis 1976 et ces ‘putains’ de poteau de carré. Et là, l'histoire se répète plus ou moins, mais différemment et c'est encore quelque chose d'injuste. C'était injuste qu’ils gagnent."


"Papin et Waddle ont eu les plus grosses occasions et ils ont tout manqué ce soir-là. Sur la séance de tirs au but, Pascal Olmeta est impuissant, c'est un symbole. Son impuissance m'a fait penser à Jean-Luc Ettori contre la RFA en 1982 à Séville..."



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