Finale Ligue Europa / Impitoyables, l'Atlético et Griezmann brisent le rêve de l'OM

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BUT DE GRIZI
Par Alexandre COIQUIL|Ecrit pour TF1|2018-05-16T20:37:15.703Z, mis à jour 2018-05-17T15:55:00.079Z

LIGUE EUROPA - Logiquement dominé en finale de la compétition par l'Atlético de Madrid (0-3), mercredi soir à Lyon, l'Olympique de Marseille a manqué l'opportunité de décrocher le deuxième titre européen de son histoire. Le club espagnol, lui, a remporté sa troisième C3 en l'espace de huit ans.

MARSEILLE / ATLÉTICO DE MADRID : 0-3 

 Parc Olympique Lyonnais / Buteurs : Antoine Griezmann (21e, 49e), Gabi (88e)

Une finale ça ne se joue pas, ça se gagne. Dominé en finale de la Ligue Europa par l'Atlético de Madrid (0-3), mercredi soir à Lyon, l'Olympique de Marseille a appris la maxime à ses dépends et de manière très prononcée dans la capitale des gaules. Joueur, mais joueur débutant, l'OM de Rudi Garcia a pris une leçon de réalisme de la part de son adversaire, aguerri aux finales européennes, à la façon de les jouer et de les gérer. Porté par le doublé d'Antoine Griezmann (21e, 49e), l'Atlético a parachevé son oeuvre en toute fin de rencontre grâce à un but de son capitaine Gabi (88e).

Battu en 1999 à Moscou par Parme et en 2004 à Göteborg par Valence, Marseille a cette fois subi la loi de l'impitoyable Atlético de Diego Simeone et manqué l'opportunité de devenir le premier club français à remporter la C3. Vingt-cinq ans après son sacre fondateur en Ligue des champions à Munich, cela aurait été une magnifique façon de fêter ce quart de siècle. Mais le football est un sport impitoyable, où les tueurs ont remplacé les romantiques. En 2018, il ne laisse plus la place aux erreurs individuelles et aux petits manques techniques et tactiques. Dans ces registres, l'OM a donné le bâton pour se faire battre mercredi soir. Sa défaite, elle, a ressemblé à un mélange de Parme et Valence assaisonné à la sauce "colchonera".


Une erreur de Zambo, la blessure de Payet, l'OM a tout perdu en dix minutes

Mieux entré dans cette finale, Marseille a fait tanguer son rival pendant vingt bonnes minutes. Avant que le destin ne le rattrape par le col du maillot. Privé de Dimitri Payet, sorti sur blessure à la 32e minute, après une rechute, le club phocéen a pris un gros coup sur le casque et vu sa finale définitivement basculer du côté négatif après cet épisode déchirant.  Dix minutes avant, une relance axiale un peu osée, mais dans la droite lignée du jeu demandé par Rudi Garcia, de Steve Mandanda avait pris André-Franck Zambo Anguissa par surprise et permis à Antoine Griezmann de piquer en plein temps fort adverse.

Sans son capitaine, joueur fondamental pour apporter le surnombre entre les lignes, Marseille, dominateur devenu dominé, a perdu en capacité de perforation. Plus prévisible, il s'est d'ailleurs peu à peu éteint au fil de la rencontre et laissé son rival avoir le ballon. C'est pourtant grâce à son meneur de jeu, sorti du terrain en larmes, qu'il s'était procuré la première occasion de la soirée, une frappe complètement ratée de Valère Germain (4e). Ce coup de semonce, qui aurait pu faire basculer la finale dans une certaine folie et mettre l'OM aux commandes, n'a finalement été qu'un pétard mouillé. C'est cette occasion qui aurait pu changer le visage de cette rencontre plutôt rythmée pour une finale.


Un troisième sacre en huit ans en C3 pour l'Atlético

Méthodique, carnassier dans les duels après une entame piano piano, le club espagnol a, lui, fait fructifier ses qualités pour aller chercher la troisième Ligue Europa de son histoire (la troisième remportée en l'espace de huit ans). Sans forcément pratiquer un grand football, l'Atlético, qui a gagné la majorité des duels après l'ouverture du score, a récité sa partition avec justesse et précision. Large dominateur lors du second acte, il a quadrillé la pelouse du Parc OL et dicté le ton de la rencontre. L'Atlético a joué et gagné à sa façon : en souffrant, en aimant ça avant de profiter des faiblesses de son adversaire pour l'abattre.

Six années après son sacre de Bucarest, puis celui en Supercoupe d'Europe face à Chelsea, revoilà donc l'Atléti avec une coupe européenne dans les bras. Finaliste malheureux de la Ligue des champions en 2014 et 2016, le club madrilène n'a pas démérité d'être sacré à Lyon. Cette victoire arrive surtout après les gros doutes survenus à l'automne dernier. Pour redémarrer, il n'y avait pas mieux.


PAYET


LE JOUEUR : ANTOINE GRIEZMANN

A domicile, l'international français a pris ses responsabilités. Libre de se balader sur le front de l'attaque, grâce au travail de provocation et d'appel de Diego Costa, il s'est transformé en facteur x de la finale. 

Auteur d'un doublé, c'est lui qui a débloqué le tableau d'affichage en faisant fructifier son sens de l'anticipation sur l'erreur de Zambo Anguissa. Le voilà désormais avec le premier grand titre de sa carrière entre les mains. Un titre qu'il a fortement contribué à remporter.


LES CHIFFRES :

6 - C'est le sixième titre de la carrière d'entraîneur de Diego Simeone avec l'Atlético de Madrid (Ligue Europa : 2012, 2018, Supercoupe d'Europe : 2012, Copa del Rey : 2014, Liga : 2014, Supercoupe d'Espagne : 2014).

6 - C'est le sixième titre européen de l'histoire de l'Atlético : Ligue Europa (2010, 2012, 2018), Supercoupe d'Europe (2012), Coupe des Coupes (1962).

8/9 - Depuis la saison 2013/2014, le football espagnol a remporté 8 des 9 titres européens disputés. Seul Manchester United (Ligue Europa 2017) est venu casser la série l'année dernière.

5 - En cinq finales européennes disputées face à des clubs espagnols, la France n'est toujours pas parvenue à battre son voisin. Pour l'OM, c'est la deuxième fois qu'il bute sur un pensionnaire de la Liga après la finale 2004 perdue face à Valence (2-0).



LE CLIN D'OEIL : TORRES, "GRANDE" PREMIÈRE

Champion de D2 espagnole en 2002 avec l'Atlético, Fernando Torres a remporté le premier très grand titre de sa carrière avec son club de coeur. 

L'attaquant compte désormais trois titres européens à son palmarès (Ligue des champions 2012, Ligue Europa 2013 et 2018).

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