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Football Leaks - TPO, Doyen, illégalité : le transfert rocambolesque d'Imbula à Porto fait parler de lui

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Par Alexandre COIQUIL|Ecrit pour TF1|2016-12-20T16:28:33.667Z, mis à jour 2016-12-20T18:34:18.676Z

Selon les informations de Médiapart, qui a enquêté sur les documents des Football Leaks, Doyen Sports aurait entaché d'irrégularités le transfert de Giannelli Imbula de Marseille au FC Porto lors de l'été 2015.

Une nouvelle histoire rocambolesque, une, autour de l'OM et Doyen Sports. Le journal en ligne Médiapart révèle, mardi, dans sa dernière enquête issu de l'analyse des documents des Football Leaks, que Doyen aurait joué avec la loi et imaginé un montage financier des plus tordus, pour effectuer le transfert de Giannelli Imbula de l'Olympique de Marseille au FC Porto à l'été 2015.

Le contexte : L'OM cherche un point de chute pour Imbula

Obligé de vendre ses meilleurs éléments pour trouver des liquidités, à la demande de l'ancienne actionnaire majoritaire Margarita Louis-Dreyfus, l'Olympique de Marseille a selon les informations de Médiapart, chargé Doyen Sports, désireux de s'implanter au sein du club de la cité phocéenne, chose qu'il réalisera plus tard avec l'arrivée de Michel comme technicien, de trouver un point de chute à l'ancien joueur de l'En Avant Guingamp.

Après un départ avorté vers l'Inter de Milan (qui a acheté Geoffrey Kondogbia), ainsi que Valence, dont l'ancien directeur sportif, Francisco Rufete, qui souhaitait récupérer le joueur avant qu'il ne démissionne en même temps que l'équipe du président Amadeo Salvo en juin 2015, c'est vers Porto que le futur du joueur s'est tourné.

L'opération : Porto et Doyen jouent avec le feu

Disposé à payer la somme de 20 millions d'euros, demandée par l'Olympique de Marseille, le FC Porto a été l'heureux élu pour récupérer le joueur. Médiapart a révélé cependant dans son enquête que le club portugais n'avait pas l'argent pour s'offrir le milieu de terrain, mais qu'il a missionné Nelio Lucas, le co-dirigeant de Doyen de rapidement trouver un nouvel acheteur pour Imbula. Un acheteur qui serait prêt à mettre une offre ferme de 30 millions d'euros sur la table.

Incapable de payer les deux premiers échéanciers - soit 5 millions d’euros à la date du 30 juillet 2015 et 5 autres millions d’euros à la date du 15 septembre 2015 - Porto, fortement endetté, a traîné comme un boulet l'arrangement passé avec Doyen, avec qui la relation quasi-fusionnelle lui a empêché de dire non au transfert le plus onéreux de son histoire. 

Menacé de poursuites judiciaires par l'OM en septembre 2015, Porto a finalement donné le premier versement au club français - d'un montant de 9,65 millions d'euros - de manière assez mystérieuse (l'acquisition des 10 millions restants a lui été confié au fonds londonien XXIII Capital). 

Entretemps, Médiapart a révélé que Nelio Lucas avait décidé de faire intervenir sa société offshore basée à Malte, Vela, pour acquérir 50% des droits du joueur, soit un recours à la TPO, interdit par la FIFA au printemps 2015. Un accord de partage proposé à une société basée aux Emirats Arabes Unis n'aurait elle rien donné. 

Malgré les démentis de Doyen, obligé de lâcher du lest pendant l'été 2015 sur ce dossier épineux au profit de Vela, et du FC Porto, la FIFA s'est elle intéressée de près au cas Imbula suspectant fortement un recours à la TPO. L'entretien donné au JDD par Willy Ndangi Manengo, père et agent du joueur, en juillet 2015, n'avait pas laissé placer au doute. Le paternel y avait indiqué que Porto et Doyen "étaient proches de trouver un accord" pour arranger le transfert à Porto.



La suite : Imbula part à Stoke, D'Onofrio entre en scène

Rapidement en échec sportif à Porto, où les relations avec l'ancien entraîneur Julen Lopetegui n'ont jamais été bonnes, Imbula, dont le court passage au sein du club portugais était finalement scellé dès le départ, va rebondir en Angleterre dès le mercato de janvier 2016. 

Transféré à Stoke City pour 24 millions d'euros, le transfert d'Imbula aurait permis à un agent banni par la FIFA, le sulfureux Luciano d'Onofrio, de toucher 1,2 millions d'euros de commission. Médiapart indique que c'est un homme de paille, le dénommé Maurizio Delmenico qui a signé les documents et empoché l'argent via sa société écran néerlandaise Kick International, avant de le redistribuer à D'Onofrio. Soupçonnant la TPO à plein nez, la FA a elle mis son nez dans cette affaire. Mais rien n'est encore sorti de son enquête.