France-Allemagne : Benzema, le rendez-vous manqué

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Benzema France PB hors jeu
Par François Touminet|Ecrit pour TF1|2014-07-05T16:10:00.000Z, mis à jour 2014-07-05T21:10:34.000Z

Parce qu'il était dans les conditions idéales pour forcer le destin des Bleus et qu'il ne l'a pas fait, Karim Benzema a déçu. Il lui reste deux ans, avant l'Euro 2016 en France, pour s'affirmer comme le leader que la France a besoin dans les grands rendez-vous. Pour le Brésil, c'est raté.

Neuf tentatives pour autant d'échec. Lors de ce France-Allemagne, l'attaquant du Real Madrid n'a pas été à la hauteur du rendez-vous.


Benzema n'a pas apporté la lumière

L'enceinte carioca, qui a vu passer en son sein tant de talents purs, s'est refusée à Benzema, pourtant très convaincant jusque-là dans cette Coupe du monde. Le bilan statistique parle pour lui avec 3 buts et 2 passes décisives en cinq matches disputés (le seul avec Lloris à avoir joué de bout en bout toutes les rencontres). Plus que correct si l'on y ajoute l'auto-goal du gardien hondurien, le penalty manqué et le but refusé à l'utime minute de jeu face à la Suisse. Oui mais voilà... Face au Nigéria lundi dernier et à l'Allemagne ce vendredi, dans les matches qui comptent, le sauveur attendu n'est jamais venu. En l'absence de Ribéry, on ne comptait que sur lui.


Deschamps lui a donné les clefs

La déception est d'autant plus grande que jamais le Lyonnais n'avait été mis dans de telles conditions pour réussir. Rien ne dit d'ailleurs qu'il retrouvera à l'avenir une telle liberté d'expression. Le retour de Ribéry, à ce titre, apportera son lot de réponses. Ces deux derniers matches du Mondial, Karim Benzema les a traversés au mieux comme un avant-centre disponible, au pire comme un poids pour l'équipe quand on songe a son refus explicite de jouer à gauche pendant une grosse demi-heure contre le Nigeria. Un comportement étonnant mais que Deschamps ne lui a pas fait payer. Vendredi, il a frappé 9 fois au but (soit plus que l'équipe d'Allemagne, 8) pour deux tirs cadrés. A chaque fois, il manquait un petit quelque chose (précision, force, détermination...) pour, une fois l'heure du bilan arrivée, voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide.


Un héritier qui se fait désirer

Frustrés, les supporters français l'étaient à la lecture de son match. Frustré l'était-il aussi certainement hier soir, à la sortie des vestaires. Le numéro 10 des Bleus choisissait pourtant de ne retenir que le positif : "On peut être fier de notre parcours, a-t-il dit. On a fait une très grande deuxième mi-temps. On restait sur notre faim après la première. Neuer a fait les arrêts qu'il fallait. On a essayé mais ce n'est pas rentré. On a manqué de réussite." Emblématique de l'impuissance française hier, sur la pelouse du Maracana, il reste encore du travail à Benzema pour devenir emblématique de l'idée que l'on se fait du leader à la française. On pense à Platini, on pense à Zidane. L'Euro de dans deux ans éclairera peut-être d'une lumière nouvelle le potentiel insondé (insondable ?) de Benzema.