"Le gardien ne pourra pas anticiper"

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'Le gardien ne pourra pas anticiper'
Par C. R. (Avec AFP)|Ecrit pour TF1|2010-06-09T09:55:00.000Z, mis à jour 2010-06-09T09:55:00.000Z

Une étude en Australie qualifie le ballon de la Coupe du Monde "d'imprévisible". Hugo Lloris l'a comparé à un "ballon en plastique". Il reste 64 matches à jouer avec le fameux Jabulani. Le concepteur du ballon, lui, y voit une aide apportée aux joueurs...

Le Jabulani est un ballon au comportement anormal. Ce ne sont plus les joueurs qui le disent, c'est la science. Selon les simulations informatiques du professeur australien Derek Leinweber, de l'université d'Adelaïde, le ballon créé par Adidas pour le Mondial 2010 va plus vite que les autres et se déforme davantage. Et son revêtement rugueux rend ses trajectoires imprévisibles. "Cela signifie que le gardien ne peut plus vraiment anticiper", a expliqué Leinweber, directeur du département de physique-chimie, mardi. "Vous voyez le ballon arriver vers vous, vous évaluez rapidement là où il va aller et il se passe quelque chose d'autre."


Hugo Lloris n'a pas dit autre chose, mardi à Knysna, cinq jours après son but encaissé face à la Chine (0-1) sur un coup franc flottant. "C'est comme si le mur avait dévié le ballon et qu'il était parti dans l'autre sens donc c'est difficile à prévoir. On sait maintenant qu'il peut se passer n'importe quoi, même sur les ballons les plus faciles". Comme arme pour contrer le phénomène, Lloris voit "encore plus de rapidité dans l'analyse de la trajectoire" et... un travail des défenseurs pour "ne pas laisser la possibilité au joueur adverse de frapper."


"Même les attaquants sont gênés à la réception des centres"


Le gardien lyonnais a expliqué, à ses yeux, ne pas avoir fait de faute technique sur ce but. "A la rigueur, j'aurais préféré, au moins j'aurais pu m'en vouloir. Le ballon se déplace de haut en bas, de droite à gauche. Même les attaquants sont gênés à la réception des centres, il est difficile d'analyser le point d'impact entre le ballon, la tête et le pied." Au moins, il voit le Jabulani comme un antidote anti 0-0, ce qui était peut-être le but recherché. "Il y aura beaucoup de buts, des beaux, des bizarres. Le ballon est léger, on dirait qu'il est fait en plastique. On est loin des gros ballons en cuir. Et plus on va monter en altitude, plus on va connaître des problèmes."


Confronté à une vague croissante de reproches, le professeur britannique Andy Harland, un ingénieur spécialisé dans l'aérodynamisme et l'un des concepteurs du ballon, a pris la défense de son bébé dans la presse britannique. Il considère que le ballon offre une précision inédite aux attaquants: "Les footballeurs doivent être récompensés pour leur qualité technique, avec un ballon qui réponde de manière uniforme. Quiconque affirme que ces ballons sont plus légers que leurs prédécesseurs devrait sortir sa balance de cuisine". La texture du ballon le rend en outre "plus facile à attraper pour les gardiens" précise-t-il aussi. A condition d'être dessus évidemment.