Comment gérer les rumeurs de transfert autour d’une jeune pépite ?

Voir le site Téléfoot

error
Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2016-05-18T12:54:26.623Z, mis à jour 2016-05-18T12:56:54.664Z

A l’approche du mercato estival, plusieurs pépites vont être approchées et sollicitées par les plus grands clubs. Comment gérer ces joueurs pour qu’ils gardent les pieds sur terre ? Gilles Séro, provocateur de performance répond à nos questions.

« Tout va très vite dans le football. » Cette maxime n’est jamais autant d’actualité que lorsque des périodes de mercato. Cette saison, Ousmane Dembélé et Renato Sanches se sont révélés aux yeux de l’Europe. Le Français ne compte que 26 matches de Ligue 1. Le Portugais n’est pas plus expérimenté avec 24 matches de Liga Sagres dans les jambes. Pourtant, le Borussia Dortmund et le Bayern Munich n’ont pas hésité à casser leur tirelire pour les enrôler. Comment ces deux jeunes joueurs peuvent-ils garder les pieds sur terre après de tels transferts ? Gilles Séro, expert en préparation mentale et auteur de Gagner, 1er sinon rien, livre son expérience.

Comment protégez-vous un jeune talent qui vient de réussir une saison exceptionnelle ? Comment faire pour qu’il garde les pieds sur terre ? Y a-t-il un travail mental spécifique à effectuer avec lui ?
J’insiste toujours sur les fondamentaux. Mon travail est de leur faire comprendre pour quelles raisons et comment ils en sont arrivés là. Demain, s’ils oublient ces raisons-là, tout peut s’arrêter. Plein de choses peuvent les faire dévier. S’ils oublient comment ils en sont arrivés là, c’est-à-dire en exprimant leurs points extraordinaires qu’ils ont, ils vont rentrer dans le rang. On voit parfois des jeunes qui explosent rapidement, puis en oublient ce qu’ils sont, comment ils en sont arrivés là, puis tombent dans les méandres du football. A un moment donné, ils en ont marre, puis reviennent aux bases. C’est certainement l’exemple d’Hatem Ben Arfa, qui a redécollé cette saison.




Le 10 juin débute l’Euro… Pour un joueur amené à changer de club, c’est mieux de faire le point avant ou après la compétition ?

Je pense que cela ne change rien si le joueur a cette capacité à bien séparer les choses dans sa vie. C’est comme un chef d’entreprise qui doit faire du commercial, du management et de la gestion. S’il sort d’un mauvais entretien qu’il n’a pas bien géré et qu’il a ensuite une réunion avec ses comptables et qu’il prend n’importe quelles décisions car il n’a pas bien géré le rendez-vous précédent, cela n’a aucun sens.

Personne ne leur apprend tout cela

Le transfert est une chose, mais l’Euro et le terrain en est une autre. Quand un joueur me dit qu’il doit régler sa situation avant le 10 juin, je ne comprends pas trop. Et en plus, ils ont des agents et ne règlent pas d’eux-mêmes leur situation. Ils doivent également apprendre à séparer le terrain du hors terrain, et cela fait partie du métier de sportif de haut niveau. Mais personne ne leur apprend tout cela.

On sait qu’Adrien Rabiot est très proche de sa maman et qu’elle intervient beaucoup dans ses choix de carrière. Cette proximité peut-elle être néfaste pour le joueur ?
Je ne pense pas. Tout est une question de forme. Si son entourage est là avec des valeurs d’honnêteté et d’intégrité, qu’il défend les intérêts du joueur, cela ne pose strictement aucun problème, au contraire. Certaines personnes ne sont là que pour elles.  Parfois, des parents arrêtent leur travail et vivent sur le dos du joueur. Cela peut être possible mais si c’est au détriment de la carrière du joueur, ça ne doit pas se faire.