Gueules de champions

Gueules de champions
On ne gagne pas la Coupe du Monde par hasard. Il existe un portrait-robot du vainqueur idéal, que nous avons dressé à partir de cinq critères-clés, certifiés décisifs par l'histoire de la compétition. L'Espagne ou les Pays-Bas ? La Roja a le profil pour le poste, mais le terrain va trancher.

Il existe un archétype de sélection championne du monde. Nous avons retenu cinq critères : un joueur offensif hors norme, un maximum de réussite durant son tournoi, un parcours semé d'embûches, un collectif réglé comme du papier à musique et un sélectionneur décrié. Qui des Ibères ou des Bataves possèdent le meilleur profil pour être sacré ce dimanche? Réponses subjectives.


1. UN JOUEUR OFFENSIF HORS NORME


Chaque équipe sacrée championne du monde possédait dans son effectif soit un joueur qui a marqué l'histoire du football, soit un buteur hors pair. Une individualité capable de porter sur ses épaules ou de sublimer un collectif. C'est Pelé en 1970, Maradona en 1986, Beckenbauer en 1974, Garrincha en 1962 ou Rossi en 1982. Impossible de soulever le trophée sans ce facteur x. Une seule exception, mais elle compte puisqu'elle est récente : l'Italie de 2006. Elle avait un leader défensif en état de grâce (Cannavaro), un très bon passeur (Pirlo), mais pas de fuoriclasse.


La référence : Le Brésil 2002
L'exception : Italie 2006


Les maîtres à penser des équipes championnes du monde démarrent généralement la compétition dans le scepticisme général. Aimé Jacquet en est l'exemple le plus frappant. Une campagne de presse incendiaire accompagne sa deuxième partie de mandat (96-98). "Laborieux du ballon rond", " tacticien fruste", L'Equipe (entre autres) n'y va pas de main morte. En 1982, Enzo Bearzot, pour avoir sélectionné Paolo Rossi, est descendu en flamme par la presse transalpine. Jacquet et Bearzot sauront répondre sur le tableau noir. A l'inverse, en 1990, et malgré un Euro 1988 très moyen, Franz Beckenbauer est indiscutable à la tête de la Nationalmannschaft. Son charisme et son sens tactique font l'unanimité. A raison.


La référence : Italie 1982 et France 1998
L'exception : Allemagne 1990


Espagne-Pays-Bas : Avec deux Ligues des Champions au palmarès, Vincente Del Bosque est un sélectionneur incontesté en Espagne. Il surfe sur la vague des succès initiée par Aragones et n'a jamais vraiment été discuté au pays. Il a dû essuyer un début de contestation (notamment par son... prédécesseur) après la défaite initiale face à la Suisse mais rapidement étouffé par les résultats de la Roja. L'arrivée de Bert van Marwijk sur le banc des Oranje a suscité plus de questions, du fait essentiellement de son CV famélique (1 seule sélection, coach de Feyenoord et du Borussia Dortmund). Quand Del Bosque a lâché du lest avec ses troupes, van Marwijk a lui, très vite, serré la vice pour chasser les égo. Sa brillante campagne d'éliminatoires l'a très vite consolidé à sa place.


On se mouille : match nul.


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