L'oeil de Téléfoot - Guingamp, le miracle permanent... et bien parti pour durer

7.000 habitants, le 19e budget du championnat, une médiatisation limitée : et pourtant, l'En Avant de Guingamp s'impose comme une valeur montante du championnat de France. Et, surtout, comme un club aux composantes saines et séduisantes.

Guingamp, ses 7.000 habitants, sa culture de la danse bretonne - le Festival de la Saint-Loup est un succès chaque fin d'été - et… son club de football. L'En Avant Guingamp est une petite anomalie à l'échelle de la Ligue 1. Même le nom est atypique. Club d'une petite ville, au petit budget (le 19e du championnat), il n'en reste pas moins une valeur émergente de Ligue 1, et


Sur le plan sportif, ils devraient toutefois continuer à faire confiance à une direction qui s'est, jusque-là, très peu trompé. Sans grands moyens, Guingamp a montré qu'il avait des idées lors des derniers marchés des transferts. Pour remplacer Younousse Sankharé, le club breton a misé sur Lucas Deaux et Etienne Didot. Deux bonnes pioches. Et les exemples sont légion de ce type de recrutements intelligents. "Le fait d'avoir une bonne assise financière leur permet de recruter tôt, dès la fin de la saison précédente, ajoute Matthieu Huët. Cette année, Kombouaré a eu la quasi-totalité de son effectif avant le stage de pré-saison. Ça joue."

Antoine Kombouaré, bonne pioche

Antoine Kombouaré, justement, fait lui aussi figure de bonne pioche. Il a fait office de successeur idoine à Gourvennec, véritable légende locale. "Ce sont tous les deux des coachs à forte personnalité, analyse Stéphane Carnot. Ils ont une très bonne image auprès des joueurs, ce qui nous facilite la tâche quand on souhaite les recruter." Huët ajoute qu'il a "eu l'intelligence de ne pas tout chambouler, dans le jeu comme dans l'état d'esprit."

L'état d'esprit, justement, revient fréquemment quand on parle de l'EAG à nos deux interlocuteurs. "Ici, on sait d'où on vient, affirme Stéphane Carnot. Quand on est dans un club comme Guingamp, de si petite taille, on est obligé d'avoir faim. Si on n'a pas ça, on ne peut pas se maintenir ici." Matthieu Huët parle quant à lui de cette "niaque" qui perdure, de ces "victoires arrachées dans le temps additionnel" : "C'est une équipe qui ne renonce pas."

L'EAG aurait deux faces. D'un côté, les valeurs ancestrales, les anciens qui occupent toujours des fonctions au club (le légendaire Coco Michel est encore entraîneur de la réserve) et une simplicité immuable. "Il n'y a eu aucun entraînement à huis clos cette année", dit par exemple Matthieu Huët ; Stéphane Carnot embraye : "Ici, les supporters ont accès aux joueurs. On y tient." Et puis, de l'autre côté, il y a ce club géré au centime près, ce modèle économique et sportif qui fait ses preuves et ses axes de développement (le nouveau centre de formation a été inauguré en début de saison). Ce cocktail subtil fait, année après année, que l'En Avant continue d'avancer.


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