Gyan, l'insouciant

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'Go Baghana Baghana !'
Par Maxime Dupuis (à Johannesbourg)|Ecrit pour TF1|2010-07-03T08:00:02.000Z, mis à jour 2010-07-03T08:00:02.000Z

Déjà auteur de trois buts depuis le début de la Coupe du monde, Asamoah Gyan, 24 ans, ne se prend pas la tête. Le Ghana soutenu par tout un continent et en lice pour devenir la première équipe africaine en demi-finale du Mondial ? Pas de problème. Zéro pression.

C'est peut-être la jeunesse. Ou la religion. "Je vais prier pour qu'on réussisse", assure-t-il. On ne saura jamais vraiment. Mais si certains se mettent une pression folle ou stressent devant l'obstacle, Asamoah Gyan, lui, semble blindé. N'allez pas croire qu'il n'est pas concerné par l'événement et la possibilité de hisser son pays en demi-finale de la Coupe du monde, ce qu'aucune nation africaine n'a réussi jusqu'ici. "Pour moi, ce serait écrire l'histoire, rêve-t-il déjà. L'Afrique a déjà placé trois pays en quarts de finale de la Coupe du monde. Maintenant, nous pouvons montrer au monde ce dont nous sommes capables. C'est quelque chose que je n'oublierai jamais."


Face à l'Uruguay, l'attaquant du Stade Rennais et ses partenaires ne porteront pas seulement les espoirs d'une nation. Mais de tout un continent. Première Coupe du monde en Afrique, premier pays africain en demi-finale ? Voire mieux ? Tous l'espèrent. Tous s'y préparent. Mais cela n'ébranle pas Gyan. "On représente l'Afrique mais la pression n'est pas sur nous. On sait comment faire, nous sommes unis sur le terrain. Nous sommes les Black Stars et j'ai confiance en mes amis. On sait comment gérer ça psychologiquement."


"Je ne suis pas surpris"


Costaud dans sa tête, Gyan l'est également sur le terrain. Asamoah Gyan a pas mal bourlingué depuis depuis ses débuts. International depuis 2003 (!) et parti en Europe quelques mois après cette première cape, le Ghanéen a connu des hauts et des bas. Notamment avec Rennes où il a traversé la saison 2008/2009 comme un fantôme. Entre blessures et manque de réussite, l'ancien de l'Udinese a ramé et en a pris plein la poire. De quoi s'endurcir. L'exercice 2009/2010 aura été plus lumineux pour le joueur, auteur de 13 buts en Ligue 1 et relancé par Frédéric Antonetti qui n'a jamais douté de ses qualités.


Sur sa lancée, Gyan réalise une très bonne Coupe du monde. A son compteur, 3 réalisations dont une déjà historique face aux Etats-Unis, au tour précédent (2-1, ap). Ajoutez à ces trois buts celui marqué en Allemagne il y a quatre ans et Gyan est déjà le deuxième meilleur buteur africain de l'histoire du Mondial derrière un certain Roger Milla (5 buts). Face aux Uruguayens, il pourrait égaler le vieux Lion indomptable, à 24 ans seulement.


"Je suis encore jeune et j'ai encore beaucoup à faire en football", affirme-t-il sans sourciller. Le secret de sa réussite ? Du travail et la nature qui fait bien les choses : "Les Africains ont des facilités et sont doués pour le football. De plus, je suis en forme et je crois en moi, en mes qualités. Je ne suis pas surpris de ce qui m'arrive." Quand on vous dit que Gyan est insouciant...