Inter : un roc (presque) sans faille

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Inter : un roc (presque) sans faille
Par Cedric ROUQUETE, avec Luca STACUL à Milan|Ecrit pour TF1|2010-05-21T21:57:04.000Z, mis à jour 2010-05-21T21:57:04.000Z

Analyse des forces et faiblesses de l'Inter Milan avant la finale face au Bayern Munich. L'équipe, bâtie à son image par José Mourinho, est une machine impressionnante. Parfaite ? Disons : complexe. Et donc vulnérable. Demain : analyse du Bayern.

LES FORCES DE L'INTER


Un incroyable trio défensif
Lucio et Walter Samuel en défense centrale, Julio Cesar dans le but. Les trois derniers remparts de l'Inter forment une barrière incroyablement dissuasive. Lucio, recruté au Bayern (2004-2009), a apporté à la défense interiste la stabilité dont elle avait besoin. Il n'y a pas eu de temps d'adaptation pour le Brésilien. Samuel y a trouvé un terrain propice pour épanouir davantage ses tacles et un sens du duel exacerbé, tandis que Julio Cesar s'est révélé, aux yeux de l'Italie, comme l'un des meilleurs gardiens du monde, irréprochable cette saison en dehors d'une erreur - importante, certes - contre la Roma en Serie A. Sur les côtés, Maicon et Zanetti réalisent une saison solide, avec beaucoup de fougue d'un côté et de maîtrise de l'autre. Que Zanetti soit droitier pourrait avoir une importance considérable dans ses duels avec le gaucher Robben.


Sneijder et Milito, l'architecte et l'ingénieur
Wesley Sneijder est de loin le joueur le plus créatif, mobile et imprévisible de la machine mourinhesque. Il est "le Robben de l'Inter", celui sur lequel une bonne partie de l'effort défensif devra être produit par le Bayern. Dans le 4-2-1-3 que Mourinho a bâti en Ligue des champions, il est l'élément central, le coeur de la relation milieu-attaque, un élément-clef dans la vitesse que peut pendre un contre milanais. Milito, c'est l'arme fatale de ce plan. Celui qui convertit en but les idées de Sneijder.


Eto'o, si décisif et si travailleur
Samuel Eto'o a joué arrière gauche en demi-finale à Barcelone, a résumé Mourinho dans une jolie formule. S'il l'a inventée, c'est pour souligner à quel point le Camerounais s'était encore bonifié, à l'Inter, dans le travail de harcèlement et de replacement qu'il effectuait déjà beaucoup au Barça. Tel un Wayne Rooney à United, Eto'o met toutes ses forces au service de la cohérence collective, que son équipe ait le ballon ou pas, ce qui n'enlève rien à ses talents de buteur décisif, comme il l'a montré par exemple à Chelsea en huitième de finale. L'Italie est sous le charme de ce talentueux-travailleur. En Serie A, généralement, les stars se donnent plus le temps de souffler.


LES FAIBLESSES DE L'INTER


Un milieu parfois coupé
Motta suspendu, Sneijder aura l'entière responsabilité de la créativité à Madrid. Cambiasso et Stankovic, irremplaçables relayeurs, n'ont pas le volume (ou la consigne ?) pour jaillir assez vite et assister les quatre joueurs offensifs sur les ballons de contre. L'Inter est parfois réellement coupé en deux. Contre une équipe aussi capable que le Bayern de faire circuler le ballon dans l'entrejeu, il courra forcément quelques risques.


Les corners
Les corners ne sont plus ce qu'ils étaient, à Milan. L'Inter ne marque pas aussi souvent qu'il y a quelques années sur ces phases arrêtées. A part Samuel, l'Inter a peu de joueurs de tête d'un niveau remarquable. Même sur le plan défensif, il a des faiblesses. L'égalisation de Kroldrup lors de Fiorentina - Inter symbolise cette fragilité (2-2).


Un destin trop parfait
Dans la plupart des pronostics, l'Inter est présenté comme le favori de cette finale. Question posée vendredi à Louis Van Gaal en conférence de presse : "Il y a quelques jours l'ancien entraîneur de l'AC Milan Arigo Sacchi a déclaré que si les deux équipes étaient au même niveau physiquement, il n'y aurait pas de match, l'Inter s'imposerait...". Pour l'anecdote, le Néerlandais a répondu : "Monsieur Sacchi est un expert". L'an passé, la balance penchait légèrement en faveur de Manchester. L'année d'avant, Chelsea ne pouvait pas perdre à Moscou... Milan en 2005, la Juventus en 2003... : ces dernières années, il n'a pas toujours fait bon arriver en finale avec un maximum de certitudes. En Italie, on dit de l'Inter que cette équipe est capable de gagner tous les matches, mais aussi de les perdre. Un triplé Scudetto-Coppa-C1 pour un entraîneur si mal aimé que Mourinho en Italie, c'est une fin qui ressemble peu à un destin. AMilan, tout le monde sait que l'Inter n'a pas gagné ce trophée depuis 1965. Et les anciens sont sûrs d'une chose : l'équipe d'Herrera, avec ses Facchetti, Suarez ou Mazzola, c'était révolutionnaire, et pour tout dire bien supérieur au commando du Special One.