Inter: Zanetti raconte la triste chute de "L’Imperatore" Adriano

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Adriano Leite Ribeiro
Par Nicolas BAMBA|Ecrit pour TF1|2017-08-08T15:07:08.043Z, mis à jour 2017-08-08T16:07:17.390Z

Au milieu des années 2000, Adriano Leite Ribeiro a brillé de mille feux en Italie avec l’Inter Milan avant de s’effondrer aussi soudainement. Le Brésilien, monstre de puissance, a été rattrapé par ses démons. Son ancien capitaine, Javier Zanetti, évoque le moment où tout a basculé pour Adriano.

Le football n’est pas fait que de belles histoires. Ce sport compte aussi de nombreux destins gâchés et autant de carrières et de vies cabossées. A une époque, Adriano semblait destiné à être dans la catégorie des superstars du ballon rond. Malheureusement, il s’est retrouvé dans la catégorie opposée…

Un phénomène de puissance qui dynamita la Serie A


Et dire qu’il a failli rejoindre le PSG, bien avant l’ère QSI ! Au début des années 2000, l’Inter Milan accueille un tout jeune attaquant très prometteur venu du Brésil. Il s’appelle Adriano Leite Ribeiro. A l’époque, le club lombard n’a pas de place à lui offrir dans son vestiaire, alors la recrue, née en 1982, est envoyée en prêt à la Fiorentina (2002), et surtout à Parme (2002-janvier 2004). Là-bas, c’est l’explosion.

A 22 ans, Adriano marche sur la Serie A avec les Parmesans. Ses statistiques sont affolantes et les Nerrazzuri n’hésitent pas à le rapatrier pour l’associer à Christian Vieri. Le duo est monstrueux. Le Brésilien pratique un jeu tout en puissance qui fait beaucoup de dégâts. Des épaules de déménageur, des appuis de rugbyman, une frappe surpuissante, une technique faite de finesse et de dynamite… Bref, l’attaquant parfait. En 2004 et 2005, Adriano est l’un des meilleurs buteurs du monde.

"Le nouveau Ronaldo" qui valait 100 millions


Déjà, à son arrivée en 2001, celui qui n’avait que 19 ans s’était illustré un marquant un coup franc d’anthologie lors d’un match amical contre le Real Madrid. Interrogé par Tuttomercatoweb et repris par Squawka, Javier Zanetti se souvient : "Quand il a marqué ce but contre le Real, je me suis dit qu’on venait de trouver le nouveau Ronaldo."

A l’issue de la saison 2004-2005, Adriano marche sur l’eau. Ses 16 buts en Serie A et ses 10 buts en 9 matches de Ligue des champions font saliver Chelsea, nouveau riche grâce à Roman Abramovitch, et surtout le Real Madrid, avide d’une nouvelle superstar. A l’époque, il se dit que le club madrilène serait prêt à débourser 100 millions d’euros pour Adriano. Mais le TGV auriverde va vite dérailler…




Un appel traumatisant : la mort de son père


Javier Zanetti se rappelle avoir eu des doutes au sujet de son coéquipier d’alors : "Il venait des favelas. Ça me faisait un peu peur car j’ai vu à quel point la vie est dangereuse là-bas. Quand on devient riche en partant de rien, tout devient insidieux."

Un événement tragique bouleverse la carrière d’Adriano. Fin 2004, son père succombe à des problèmes cardiaques. Zanetti s’en souvient : "Quand il a reçu cet appel lui annonçant la mort de son père, nous (lui et quelques coéquipiers, ndlr) étions dans la pièce. Adriano a raccroché et s’est mis à hurler d’une façon que personne ne peut imaginer. J’en tremble encore aujourd’hui…" Peu après, Adriano commence à sombrer : alcool, fête, surpoids… Ses performances déclinent en même temps que lui dérape.

"Plus rien n'a été pareil"


"A partir de la mort de son père, Massimo Moratti (ancien président de l’Inter, ndlr) et moi l’avons traité comme un petit frère. Il a continué à jouer, à marquer et à dédicacer ses buts à son père en pointant les cieux. Mais après ce coup de téléphone, plus rien n’a été pareil."

La saison 2005-2006 est déjà moins brillante. L’été 206 aussi : malgré une attaque de folie (Ronaldo, Kaka, Ronaldinho, Adriano, Robinho…), le Brésil, déséquilibré, ne brille pas au Mondial. La saison 2006-2007 est encore pire pour l’Intériste : il ne marque plus, traîne sa peine et sombre un peu plus dans l’alcool. La comète qui embrasait la planète foot s’est transformée en étoile filante.

La fin d'un rêve


Pendant quelques mois en 2008, l’Inter Milan envoie Adriano au Brésil en prêt à Sao Paulo pour qu’il se refasse une santé. En 2008, l’attaquant est de retour en Italie. José Mourinho tente de le relancer, mais en vain, malgré quelques coups d'éclat. Adriano quitte l’Inter en 2009, direction Flamengo au pays. Là-bas, il reprend un peu goût au foot et décide en 2010, à 28 ans, de retenter sa chance en Europe à l’AS Rome : échec total. Et nouveau retour au Brésil, définitif croit-on.

Adriano félicité par José Mourinho

Le Havre a failli se l'offrir !


Fin 2014, le nom d’Adriano a circulé en France dans un club un peu insolite : Le Havre. L’homme d’affaires Christophe Maillol voulait racheter le club de Ligue 2 et booster sa notoriété en faisant venir une ex-star. Adriano était, d’après Maillol, motivé par le projet. Mais celui-ci a capoté. Depuis, des photos ont circulé montrant l’ancien attaquant de retour dans les favelas, entourés d’hommes armés. En mai 2016, le club de Miami United (2e division américaine) a tenté l’expérience : nouveau raté. L’aventure a tourné court. Adriano, en net surpoids, a toujours des soucis avec la boisson.


La dépression a eu raison d'un talent incroyable


Aujourd’hui, Adriano Leite Ribeiro a 35 ans. Sa carrière si prometteuse a volé en éclats. Les amoureux du football ne peuvent que le regretter tant le Brésilien était talentueux. A l’époque, les fans de jeux vidéo (avec PES comme référence en ce temps) adoraient jouer avec ce monstre aux statistiques surhumaines. Malheureusement, la réalité a été toute autre. Et finalement, le grand Adriano n’aura brillé que brièvement, durant deux petites années. Qui sait quel niveau il aurait pu atteindre sans ses démons ?

Javier Zanetti y songe. Et l’Argentin ne peut s’empêcher d’avoir des regrets. "Nous n’étions pas capable de le tirer de la spirale de la dépression. Ce fut l’un de mes plus grands échecs. Je me sentais impuissant."

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