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Juventus Turin : Andrea Pirlo, arrivederci maestro

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Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2015-07-08T10:20:29.657Z, mis à jour 2015-07-08T10:37:18.276Z

Après plus de 20 ans à rouler sa bosse dans les plus prestigieux clubs italiens, Andrea Pirlo a décidé de s’en aller. Il ira désormais étaler sa classe sur les prés de la MLS. L’architecte s’en va construire la fin de son histoire.

Morsures, coups de boule, simulations… Le monde du football est aussi impitoyable que magique. Derrière cette folie qui le rend si particulier, le foot compte encore quelques ovnis, des joueurs aux multiples casquettes. Andrea Pirlo en fait indéniablement partie. Esthète dans l’âme, Andrea Pirlo a fait les beaux jours de la Juventus et a participé à toutes les campagnes victorieuses de la Vieille Dame ces quatre dernières années. Le tout grâce à un talent indéniable, qu’il est capable de décliner dans plusieurs domaines.

Pirlo, ce gérant de pressing

Quand on regarde Andrea Pirlo, un constat saute tout de suite aux yeux. L’Italien n’a pas le physique de l’emploi. Son mètre soixante-quinze et ses 67 kilogrammes contrastent avec la position qu’il occupe sur le terrain, positionné devant la défense. L’histoire du football a démontré qu’il était plus aisé d’être robuste pour réussir à ce poste. Que nenni pour Pirlo. En 2002, Ancelotti le place en 6 devant les larrons défensifs. Dès lors, Andrea se transforme en véritable gérant de pressing. Il bonifie, nettoie tous les ballons qu’il touche. Une machine à laver capable de transformer un cuir crasseux en un caviar exquis. Une étape primordiale, qui le conduit à endosser son deuxième costume, celui d’architecte.

L’architecte

De tous les surnoms affublés à Andrea Pirlo au long de sa carrière, l’architecte est celui qui lui correspond le mieux. Plutôt que de déconstruire le jeu adverse comme le voudrait sa position sur le terrain, l’Italien construit celui de son équipe. Comme un château de Kapla qui tomberait incessamment, Pirlo ne cesse de le reconstruire. Habile, il est capable de créer le danger avec n’importe quelle passe. Jeu long, jeu court, l’Italien maitrise tout. Mais son arme de prédilection, avec laquelle il est capable de venir à bout de n’importe quel adversaire, demeure son ouverture millimétrée. Face à l’AS Monaco, c’est lui qui sert Morata sur un plateau d’or dans l’action qui amène le penalty.



Le chef d’orchestre

Amateur de vin, Andrea Pirlo aime également la musique. Et pour cause, l’Italien est un chef d’orchestre digne de La Scala de Milan. C’est lui qui oriente le jeu de son équipe, qui décide du rythme à insuffler. Métronome hors pair, il dicte le tempo. Placé sur l’estrade, il ne se fatigue pas, et fait jouer les autres. Après tout, courir n’a jamais été son truc. Pourquoi se fatiguer à faire d’innombrables foulées quand le ballon peut rouler ? Pour compenser un trait de caractère critiqué par certains observateurs, Pirlo use sa science du placement comme personne d’autre. Sur un terrain, il sait où il doit se trouver pour ensuite trouver ses coéquipiers.

Le chirurgien

Doté de pieds de velours, Andrea Pirlo a façonné sa science des coups francs avec le temps. Désormais, il en est le maître. Son élégance et son calme se retrouvent et se croisent au moment de cet instant crucial où, l’espace d’un instant, le monde s’arrête de tourner. Les yeux rivés sur l’Italien, tous attendent le moment où le cuir va faire trembler les filets. Ce bruit amer résonne d’ailleurs dans la tête de plusieurs gardiens, victimes de la précision chirurgicale de l’ancien de l’AC Milan.



Pirlo, footballeur

Avant d’être cet homme élégant, cette machine à laver, ce constructeur de l’extrême, ce chirurgien ou ce chef d’orchestre, Andrea Pirlo est avant tout un footballeur. En 20 ans, il n’aura jamais quitté son Italie natale, voguant de Brescia à la Juventus Turin, en passant par l’Inter Milan, la Reggina et l’AC Milan bien sûr. Comme tout footballeur, Pirlo vieillit. A 36 ans, celui qui n’a été utilisé que 20 fois en championnat cette saison, a fait le choix de s’en aller. Partir avant d’être un boulet pour Massimiliano Allegri. Un dernier geste de classe, pour un footballeur qui aura marqué l’histoire de ce sport de ses pieds de velours.