K.-O., do Brasil

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K.-O., do Brazil
Par Glenn CEILLIER|Ecrit pour TF1|2010-07-05T07:45:03.000Z, mis à jour 2010-07-05T07:45:03.000Z

Mental défaillant, style décevant, joueurs pas au niveau : le Brésil n'a pas assumé son rang en Afrique du Sud. Le départ de Dunga entériné, les Auriverde doivent très vite analyser les raisons de leur revers. C'est une cause nationale : dans quatre ans, la Coupe du Monde aura lieu chez eux.

UN MENTAL DEFAILLANT


Ce qu'il a manqué
Le maillot frappé de cinq étoiles est-il trop lourd à porter ? D'habitude, ce sont les adversaires qui sont impressionnés. En Afrique du Sud, ce sont les joueurs brésiliens qui ont semblé subir la pression. Le symbole ? Felipe Melo en quarts de finale. Le milieu de terrain de la Juventus Turin est passé à côté de son match face aux Pays-Bas (2-1) et s'est fait expulser pour une faute grossière. Son cas n'est pas isolé. Face aux Bataves, les Brésiliens ont presque tous perdu pied après l'égalisation. Moins sereins, ils n'ont pas su poser leur jeu pour renverser la situation comme face aux Etats-Unis en finale de la Coupe des Confédérations (3-2). Et cette nervosité n'est pas sortie de nulle part. Jamais les Auriverde n'ont semblé sûr de leur fait en Afrique du Sud. "Anxieux" lors de leur entrée en lice contre la Corée du Nord (2-1) selon Dunga, les Brésiliens avaient les nerfs à vif. Ils quittent le tournoi avec sept cartons jaunes et deux joueurs expulsés en cinq matches. Une instabilité et un manque de maitrise qui ont coûté cher. En 2006, le groupe avait été « écrasé » par sa notoriété en monnayant ses entraînements et en oubliant de réaliser une préparation physique digne de ce nom. Elle avait explosé physiquement contre la France (1-0).


Le chantier 2014
Le Brésil a gagné la Coupe des confédérations en 2005 et en 2009 en formulant beaucoup de promesses. Un an après, il s’est crashé en quart de la Coupe du Monde, une première fois physiquement, une deuxième fois mentalement, comme écrasé par la mauvaise pression liée au poids de son maillot. En 2014, celle-ci sera bien pire, à domicile. La CBF a du pain sur la planche pour définir un projet solide au futur staff et lui donner les moyens de travailler à moyen terme. Sinon, la nation connaîtra un nouvel été été bien douloureux.


UN STYLE DECEVANT


Ce qu'il a manqué :
Le Jogo Bonito. Ce style de jeu est dans les gènes du Brésil. La sélection auriverde vit toujours sur le mythe de Pelé et du football pratiqué en 1970 où les dribbles chaloupés de Jairzinho et le football offensif avaient enchanté toute la planète du ballon rond. Pour beaucoup de Brésiliens, il doit rester la marque de fabrique de l'équipe. Ce n’était pas l’avis de Dunga. Comme depuis son arrivée sur le banc brésilien en 2006 et comme nombre de ses prédécesseurs depuis 1990, il a prôné un football rugueux mais efficace en Afrique du Sud. Et la Seleçao n'a enthousiasmé personne. Le huitième de finale face au Chili (3-0) a fait espérer les fans brésiliens. La première mi-temps contre les Pays-Bas aussi (2-1). Ce fut un feu de paille. Kaka, loin de son niveau suite à ses soucis physiques, et Robinho, étaient bien seuls dans ce groupe de "besogneux". Au pays, l'équipe auriverde a laissé l’image d'une sélection au style européen sans génie.


Le chantier 2014
Le style bien sûr. Comment le Brésil pourrait se présenter à un Mondial à domicile sans un jeu séduisant? Cela semble tout simplement impossible. Le nouveau sélectionneur devra convaincre les supporters et la presse, agacée par l'isolement de l'équipe imposé par Dunga. Les noms de Luiz Felipe Scolari, qui a mené la Seleçao sur le toit du monde en 2002, ou Leonardo, parti du Milan AC, sont évoqués.


UN GROUPE SANS TALENT


Ce qu'il a manqué :
Le Brésil a manqué d'artistes en Afrique du Sud. Alors que Dunga s'est privé de certaines vedettes (Ronaldinho, Adriano, Pato…), les Brésiliens auteurs d’un belle saison 2009-2010 dans un club prestigieux n’étaient pas légion dans les 23 retenus. Certes, Lucio, Maicon et Julio Cesar ont brillé avec l'Inter Milan, Juan et Daniel Alves se sont illustrés à la Roma et au Barça. Mais pour les autres, l’exercice 2009-2010 a été poussive. Kaka est passé à côté de sa première année avec le Real Madrid. Robinho a été contraint de retourner au Brésil pour retrouver son jeu. Gilberto Silva, sur le déclin, évolue au Panathinaikos. Felipe Melo a déçu à la Juve. Et Julio Baptista n'est plus le même. Si riche en talent les années passées, le Brésil en a manqué en Afrique du Sud. C'était un choix de Dunga qui a façonné son groupe à son image en s'appuyant sur des joueurs que d'autres n'auraient peut-être pas choisis pour avoir un groupe uni. Le pari n’a pas été gagnant.


Le chantier 2014
Le groupe. Le Brésil a besoin de nouvelles têtes. Avec 29 ans et 3 mois de moyenne d'âge en Afrique du Sud, la sélection auriverde y est contrainte. Son formidable réservoir de joueurs devrait lui permettre d'y arriver. Thiago Silva (Milan AC), David Luiz (Benfica) ou encore Alex (Chelsea) auront leur mot à dire en défense. Anderson (Manchester United) aussi au milieu. Pato (Milan) également en attaque. Mais au Brésil, on mise beaucoup sur le meneur de jeu Paulo Henrique Ganso et l'attaquant Neymar. Pour la presse brésilienne, les deux perles de Santos, snobées par Dunga, ont les qualités pour permettre au Brésil de retrouver son identité footballistique...