Comment Koscielny est devenu le boss d’Arsenal

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Laurent Koscielny   Arsenal   Oeil de Téléfoot
Par Lucile Alard - Agence CReafeed|Ecrit pour TF1|2016-10-14T12:41:15.240Z, mis à jour 2016-10-17T09:49:53.250Z

Laurent Koscielny est devenu, à 31 ans, un joueur essentiel à Arsenal, pour avoir su maîtriser l’indiscipline qui l’a longtemps ralenti. Il l’a fait sans se renier, en restant un défenseur central capable de prendre tous les risques.

A Arsenal, c’est lui qui porte le brassard depuis le début de la saison. Laurent Koscielny profite, certes, de la blessure de son partenaire de la défense centrale, l’Allemand Per Mertesacker, nommé au mois d’août par Arsène Wenger. Mais voir le défenseur central des Bleus capitaine d’un grand d’Europe dit beaucoup de choses du joueur qu’il est devenu. Six ans après son arrivée à Londres en provenance de Lorient, Laurent Koscielny est désormais l’homme fort de son club. Ses boulettes et ses penalties provoqués semblent loin derrière lui.

« Personne n’est indispensable mais il a un nouveau statut avec nous, confirme Arsène Wenger. Il a acquis de l’expérience et de la confiance en lui. » Avant le choc en Ligue des champions entre le PSG et Arsenal (1-1, score final), le boss des Gunners, qui était encore apparu fantaisiste aux yeux des Anglais pour avoir recruté un joueur inconnu dans un club moyen de Ligue 1, a décrit un leader incomparable. « Il a toujours eu du talent mais ça n’a pas toujours été reconnu en France parce qu’il était à Lorient, qui n’est pas un grand club. Pendant longtemps, il n’a pas eu la réputation qu’il méritait. Mais il s’est fait un nom dans le football anglais. Je pense qu’aujourd’hui, il est l’un des meilleurs défenseurs du monde. »


Neuf penalties provoqués en quatre saisons de Premier League

Thierry Henry, légende du club, ou encore Rio Ferdinand, référence au poste en Angleterre, ont publiquement partagé la même analyse au cours de l’année écoulée. La rupture avec l’image qui a longtemps escorté Koscielny est totale. Cette réputation prend corps lors du premier match de sa carrière en Premier League, contre Liverpool (1-1, le 15 août 2010). Il la termine sur… un carton rouge en toute fin de match après avoir écopé d’un deuxième jaune. La suite sera rythmée par quelques boulettes mémorables, qui éclipseront toujours le reste dans un contexte de disette sportive pour son équipe.

Celle qu’il commet face à Birmingham en 2011 va faire beaucoup pour entacher sa réputation. Alors qu’Arsenal est proche de son premier titre en six ans, il se troue complètement dans les derniers instants de la finale de la Carling Cup, l’équivalent de notre Coupe de la Ligue. Obafemi Martins profite de l’erreur et offre le trophée à Birmingham (2-1). Koscielny, lui, aura bien du mal à se débarrasser de cette image. Sa fâcheuse tendance à provoquer des penalties (neuf lors de ses quatre premières années en Premier League, le plus gros total pour un défenseur sur cette période), ne joue pas en sa faveur. Sous le maillot bleu, son penalty provoqué et son carton rouge reçu après un mauvais geste envers un adversaire lors du barrage aller contre l’Ukraine en 2013 lui couteront sa place de titulaire. Ces boulettes, c’est « trop », admet-il devant les médias en 2014.


« Koscielny fait toujours les bons choix »

La spécificité du jeu de Koscielny est de prendre de risques, d’anticiper, de jouer haut sur le terrain. Ce degré de risque ne laisse pas le droit à l’erreur et transforme ses légèretés en fautes grossières. Désormais, le chouchou du président Hollande, qui loue ses origines corréziennes, a réussi à gommer une bonne partie de ses sautes de concentration. En se disciplinant davantage  - il prend moins de cartons jaunes qu’à ses débuts en Angleterre par exemple (quatre seulement la saison passée en championnat) - il est devenu le boss de la ligne arrière londonienne.

Quand ses prises de risques ne coûtent rien à son équipe, le reste du bagage de Koscielny peut éclater : il perd très peu de duels, bénéficie d’un bon jeu de tête malgré son 1,84m, est très tonique sur les appuis, possède une qualité de passe au-dessus de la moyenne à son poste et se jette de moins en moins face aux attaquants adverses. « Mon coach à Tours, Daniel Sanchez, m'a toujours dit qu'un défenseur par terre ne pouvait plus défendre, expliquait-il dans un long entretien accordé au journal L’Equipe au mois de juin. Au début de ma carrière, je taclais pas mal... Et, là, c'est vrai que c'est moins. »


Aujourd’hui, plus personne ne se risque à pointer du doigt le joueur révélé en Ligue 2. « Il fait toujours les bons choix et dégage un sentiment de sécurité qui rejaillit sur ses partenaires, disait de lui en décembre 2015 Petr Cech au micro de Sky Sports. C’est un bonheur de l’avoir devant soi quand on est gardien de but. » Sa carrière sous le maillot bleu reflète aussi sa nouvelle rigueur. Numéro 3 dans la hiérarchie derrière Sakho après le barrage face à l’Ukraine en 2013, "Kos" s’est depuis installé dans la charnière centrale de Didier Deschamps. A l’Euro 2016, il a été l’un des meilleurs joueurs de l’Equipe de France. Propre, solide, rapide, il a tenu l’arrière-garde tricolore, orpheline de Raphaël Varane, comme il le fait désormais chaque week-end en club. Sans lui, Samuel Umtiti ne serait pas aussi bien entré dans la compétition.

Efficace en club et en bleu

Pour la reprise d’Arsenal cette saison, Koscielny ne figurait pas dans le onze de départ aligné par Arsène Wenger. La doublette composée de Calum Chambers et Rob Holding a pris l’eau face à Liverpool (défaite 3-4 d’Arsenal). Quatre but encaissés en un seul match, c’est autant que le nombre de buts concédés par Arsenal depuis le retour de Koscielny en tant que titulaire (huit matches, toutes compétitions confondues). Il bonifie l’international allemand Shkodran Mustafi qui joue à ses côtés en attendant le retour de blessure de Per Mertesacker.


La prestation des deux hommes lors de la victoire face à Chelsea le 24 septembre a été remarquable et aboutie (3-0). Il n’est plus certain que Mertesacker retrouve sa place de titulaire malgré son statut initial de capitaine. Koscielny, lui, n’a aucun souci à se faire. Dans la lignée de son championnat d’Europe réussi - son match lors de la victoire française en demi-finale face à l’Allemagne (2-0) a été un chef-d’oeuvre - il continue de marcher sur l’eau. Face aux Pays-Bas lors de la victoire des Bleus lundi (0-1), il a encore été impeccable. 100% de tacles réussis, 10 ballons récupérés. Koscielny a été désigné homme du match. C’est presque devenu un statut pour lui.