L'Allemagne aurait pu s'en passer

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Par Laurent VERGNE|Ecrit pour TF1|2010-06-28T20:45:03.000Z, mis à jour 2010-06-28T20:45:03.000Z

L'Allemagne a écarté l'Angleterre de façon spectaculaire (4-1), dimanche. Plus dynamique que l'équipe de Fabio Capello, lestée par une défense catastrophique, elle a aussi bénéficié d'un énorme coup de pouce de l'arbitre. Lampard avait bien égalisé à 2-2 (39e), mais le but a été refusé injustement.

ALLEMAGNE-ANGLETERRE : 4-1
Buts : Klose (20e), Podolski (32e), Upson (37e), Müller (67e, 70e)


Il se passe toujours quelque chose entre l'Allemagne et l'Angleterre. Les Allemands pestent depuis 44 ans contre le "but" de Geoff Hurst, qui avait offert le titre mondial aux Anglais à Wembley en 1966. On peut penser que les sujets de sa Majesté rumineront aussi longtemps l'invraisemblable erreur d'arbitrage commise par l'arbitre uruguayen M.Larrionda et son juge de touche. Comment ont-ils pu ne pas voir que le ballon était largement rentré dans le but de Neuer après avoir heurté la barre transversale sur cette frappe du droit de Frank Lampard à la 39e minute? Une erreur colossale qui a incontestablement pesé sur l'issue de ce huitième de finale, puisque ce but aurait permis à l'Angleterre de revenir à 2-2 à quelques minutes de la pause.


Bien sûr, la lecture sèche du score peut laisser penser que la Mannschaft s'est promenée. Cela a failli être le cas. Après un premier quart d'heure d'observation, les Allemands ont mis au supplice une défense anglaise pathétique, particulièrement dans son axe central. C'est là que les joueurs de Joachim Low ont appuyé et ils ont bien eu raison. Le premier but restera comme une caricature de cette criante faiblesse anglaise. Où étaient Terry et Upson sur le dégagement de Neuer, qui est devenu sur ce coup le premier gardien de but à réussir une passe décisive en Coupe du monde depuis... 1966? Un signe sans doute... Klose, lui, était là pour venir tromper de près un David James apathique. Le match était commencé depuis 20 minutes. 12 de plus et l'Allemagne menait 2-0 grâce à Podolski, complètement oublié dans la surface sur le côté gauche.


Une raclée en trompe-l'oeil


L'Angleterre aurait pu sombrer. En quelques secondes, elle a pourtant été tout près de revenir à hauteur de son adversaire. Il y eut d'abord le but de la tête de Matthew Upson. Puis ce "but" de Lampard, qui va faire causer dans les chaumières anglaises. Dommage, car ce match aurait peut-être pu devenir exceptionnel avec un deux partout à mi-parcours. Au lieu de quoi l'équipe de Fabio Capello n'a jamais réussi à remettre les Allemands suffisamment sous pression pour que ces derniers craquent. Certes, il y a eu ce coup-franc sur la barre de Lampard, décidément bien malheureux dimanche à Bloemfontein, en seconde période. Mais plus les minutes passaient, plus l'issue apparaissait inéluctable. Contraints de se découvrir, les coéquipiers de Steven Gerrard allaient être punis en trois minutes sur deux contres terribles et magnifiquement menés, conclus à chaque fois par l'épatant Thomas Müller. Cette fois, à 20 minutes du terme, l'affaire était définitivement pliée. Les vieilles jambes anglaises étaient trop lourdes dans le contexte du match face à l'attaque virevoltante de la Mannschaft. Pour les Allemands, c'était le scenario idéal. En menant au score, ils ont pu jouer sur leurs qualités.


Globalement, la meilleure équipe a sans doute gagné dimanche. La plus fraiche. La plus joueuse. La plus "lucky", aussi, donc. C'est une raclée en trompe-l'oeil. On ne saura jamais ce qu'aurait donné ce huitième de finale sans cette colossale erreur d'arbitrage. Ce n'est pas le problème de l'Allemagne, qui bénéficie peut-être de la chance du champion, même si le chemin est encore très long. N'empêche, la Mannschaft est au rendez-vous des quarts de finale, comme toujours depuis 1950. Une régularité remarquable, qui ne doit rien au hasard, elle. Pour l'Angleterre, c'est probablement la fin d'une génération. Sur ce tournoi, elle avait autant de lacunes qu'elle peut avoir de ressentiment envers l'arbitrage. C'est dire l'ampleur de ses manques...