L'Allemagne, jeunesse triomphante

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Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2010-06-18T12:00:03.000Z, mis à jour 2010-06-18T12:00:03.000Z

La Nationalmannschaft est jeune et séduisante. Conquérante face l'Australie (4-0), elle n'a pas raté son entrée en matière et révélé aux yeux du monde cinq de ses nouveaux visages. Zoom sur ces jeunes bourré de talents qui retrouveront la Serbie ce vendredi (13h30).

Certains sont champions d'Europe des moins de 21 ans, d'autres sont titulaires indiscutables au Bayern Munich, tous ont moins de 25 ans et pourtant ces cinq hommes, tous titulaires face à l'Australie (4-0), devraient rapidement devenir des pions essentiels du dispositif de Joachim Löw même si aucun d'entre eux ne dépasse encore le seuil des 10 sélections. Après les Lahm, Podolski et Schweinsteiger en 2006, l'Allemagne ressort quatre ans après sa nouvelle cuvée. Présentation.


MANUEL NEUER, 24 ans


Ce n'était pas gagné d'avance. Devant lui se dressait d'abord René Adler. La blessure du portier du Bayer Leverkusen laissait planer une grosse incertitude sur le nom de son suppléant. "Si on veut devenir champion du monde, cela sera difficile avec Neuer comme N.1, car il commet toujours quelques erreurs", balançait Jens Lehmann avant la compétition. Et pourtant le portier de Schalke 04 s'est imposé dans le but allemand, fort d'une belle saison à Schalke, devant Butt. 24 ans certes mais déjà 122 matchs de Bundesliga et 10 de Ligue des Champions, de quoi aborder sereinement le rendez-vous sud-africain : "Je suis prêt à prendre mes responsabilités, j'ai la maturité pour tenir ce rôle", déclare-t-il sur le site de la FIFA. Il semble prêt à assumer l'héritage des Maier, Kahn ou Lehmann. Membre de la nouvelle vague allemande, il ne tarit pas d'éloges sur ses jeunes partenaires : "Beaucoup de nos jeunes joueurs se connaissent très bien. Nous jouons ensemble depuis les juniors, ce qui explique pourquoi notre jeu collectif est si bien en place."


Ce qu'en pense Andreas Köpke (entraîneur des gardiens) : "La balance a penché en faveur de Manuel, car il a fait une super saison avec Schalke 04."


HOLGER BADSTUBER, 21 ans


Qui aurait pu lui prédire un tel destin ? Lors de la saison 2008-09, il évoluait encore en troisième division, perdu dans l'anonymat de la réserve du Bayern Munich. Les blessures qui déciment l'effectif munichois le propulsent en début de saison sur le devant de la scène. Il s'impose en Bundesliga comme l'une des révélations du dernier exercice. Du haut de ses 21 ans, il décroche le doublé Coupe-Championnat et participe à la finale de la Ligue des champions. Sa présence en Afrique du Sud n'est que la conséquence logique d'une ascension qui n'a pas encore connu sa limite. En Afrique du Sud, sa carrière suit la même trajectoire. Badstuber, qui peut aussi dépanner dans l’axe, démarre face à l'Australie sur le côté gauche de la défense allemande alors qu'il ne compte que deux sélections. Il semble définitivement parti pour durer en club comme en sélection.


Ce qu'en pense Joachim Löw (sélectionneur allemand) : "Il joue calmement et commet très peu de fautes. On sent chez lui une certaine sérénité, même lors des rencontres importantes."


SAMI KHEDIRA, 23 ans


C'est sans doute lui qui doit faire oublier Michael Ballack. Pour son premier match en Coupe du monde, il fut l'un des Allemands qui a touché le plus le ballons. Véritable plaque tournante, la perle du VFB Stuttgart forme avec Schweinsteiger un duo redoutable, à la fois ratisseur de ballons et première rampe de lancement. Capitaine des champions d'Europe des moins de 21 ans, il se fait peu à peu sa place au sein du dispositif de Löw même s'il ne compte que 6 sélections. Son énorme volume de jeu devrait lui permettre de s'inscrire dans la durée.


Ce qu'en pense Joachin Löw : "Avec l'absence de Ballack, je devais trouver une solution. J'ai eu de la chance que beaucoup de joueurs ait répondu aux attentes. Avec Sami Khedira, vous pouvez tracer un parallèle entre lui et un jeune Ballack."


THOMAS MÜLLER, 20 ans


Müller emprunte à peu près la même trajectoire météoritique que son coéquipier du Bayern Munich, Badstuber. A 20 ans, pour sa première saison pleine chez les professionnels, il est un maillon essentiel des champions d'Allemagne (12 buts) malgré l'impressionnante armada offensive du géant bavarois (Klose, Toni, Olic, Gomez etc.). En sélection, pour sa troisième cape, Müller est titulaire en soutien des attaquants, un poste où son sens du dribble et sa vitesse font la différence. Il marque d'ailleurs face à l'Australie (4-0) pour l'entrée en matière de l'Allemagne en Coupe du monde après avoir offert l'ouverture du score à Podolski. "C'est vrai que cela a été très vite, mais j'espère que ce n'est que le début, j'ai pour ambition de jouer à ce niveau pendant longtemps", prévient-il. Il a hérité sous le maillot de la Nationalmannschaft du numéro 13. Comme avant lui, Ballack ou un autre Müller, Gerd. De là à le désigner comme l'héritier de son glorieux homonyme...


Ce qu'en pense Gerd Müller (membre de l'encadrement du Bayern Munich) : "C'est pour moi l'avant-centre N.1 en Allemagne, il est fort de la tête, il marque du droit, du gauche et c'est surtout un brave gamin."


MESUT ÖZIL, 22 ans


Peut-être le plus talentueux de tous. Révélation du match face à l'Australie, il n'a pas raté son premier rendez-vous en Coupe du monde. Certes, il n'a pas marqué mais dans l'organisation du jeu, il est déjà indispensable, à 22 ans. Impliqué sur le premier but, il sert Cacau dans un fauteuil pour le quatrième. Il lui reste à se montrer plus efficace mais sa classe naturelle, ses prises d'initiative et la finesse de sa patte gauche l'imposent comme un leader technique précieux. L'absence de Ballack devrait précipiter son éclosion aux yeux du monde. Barcelone, Arsenal, Chelsea et l'Inter Milan lui font déjà les yeux doux.


Ce qu'en pense Horst Hrubesch (ancien international allemand) : "On met au-dessus du lot Wayne Rooney, Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi. Mais nous aussi nous avons notre Messi, c'est Mesut Özil."