L'Argentine a tout pour elle

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L'Argentine a tout pour elle
Par Maxime DUPUIS (à Johannesburg)|Ecrit pour TF1|2010-06-28T20:45:02.000Z, mis à jour 2010-06-28T20:45:02.000Z

Qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde où elle rencontrera l'Allemagne vendredi, l'Argentine ne fait plus rire personne. Diego Maradona non plus. Victorieuse de ses quatre premiers matches sans réellement forcer, l'Albiceleste a le profil d'une championne du monde en puissance.

Diego Maradona est un homme heureux. Dimanche soir en conférence de presse, le sélectionneur de l'Argentine, ravi d'être là et de la tournure des événements, a fait durer le plaisir et poursuivi la discussion avec les journalistes durant quelques minutes supplémentaires. Une petite prolongation dont son équipe n'a pas eu besoin dimanche pour battre le Mexique (3-1). Certes, les doubles champions du monde (1978, 1986) ont bénéficié d'un coup de main de monsieur Rosetti et de son assistant sur leur premier but. Mais au final, leur victoire est tout ce qu'il y de plus logique, même si Javier Aguirre laisse entendre le contraire, ce que l'on peut aisément admettre.


Sur la pelouse de Soccer City, l'Albiceleste s'est montrée globalement supérieure à son adversaire. Si les Mexicains ont parfaitement démarré la partie, l'Argentine, après l'ouverture du score, a parfaitement géré son affaire. "Je pense que nous avons été supérieurs au Mexique. On savait que si on décidait de les attaquer, on pourrait prendre l'avantage. Et c'est comme cela que ça s'est passé", a confié Diego Maradona après la partie. Ce ressenti, les spectateurs et les observateurs présents à Johannesburg, l'ont également eu. Dimanche soir, l'Argentine a joué à son rythme et, comme depuis le début de la compétition, ronronne. Le moteur tourne bien. Mais pas encore à plein régime. Les Argentins mettront sans doute le pied sur le champignon vendredi au moment de croiser le fer avec l'Allemagne dans un remake de 2006 qui devrait faire des étincelles.


Une première depuis 1930


Si les Allemands ont développé jusque-là un football plutôt agréable et enlevé, l'Argentine n'a pas été en reste et, surtout, a marqué les esprits avec une puissance de feu impressionnante. Diego Maradona a mis sur pied un trident offensif qui a déjà fait ses preuves. Avec Lionel Messi en position de meneur de jeu axial et deux pointes nommées Carlos Tevez (2 buts face au Mexique) et Gonzalo Higuain (4 réalisations, dont une dimanche), l'Albiceleste présente la meilleure attaque du tournoi jusqu'ici : 10 buts en quatre sorties. Quatre sorties pour autant de victoires, une première depuis... 1930.


Principalement composée de joueurs axiaux, la défense argentine est, dit-on, le - petit - point faible actuel de cette équipe. Un peu lourde et parfois à la peine, ce qu'elle compense avec une hargne jamais démentie, elle n'a encaissé que deux buts depuis le début du tournoi, dont un dimanche alors que le match était déjà plié et que les Sud-Américains avaient levé le pied. S'ils ne convainquent pas tout le monde dans leurs seize mètres, les défenseurs argentins ont prouvé qu'ils n'étaient pas maladroits dans la surface de réparation adverse, sur les coups de pied arrêtés. Gabriel Heinze en a donné la preuve face au Nigéria (1-0). Très bon de la tête, le Marseillais n'est pas un cas isolé dans une équipe nationale argentine qui a déjà trouvé la faille à quatre reprises avec la "cabeza".


Attaque de feu, précision sur les coups de pied arrêtés, Lionel Messi enfin à l'aise (même s'il n'a toujours pas marqué), défense qui tient largement la route malgré ce qu'on peut dire, banc de touche plutôt garni et Diego Maradona assagi, le tableau argentin n'est pas loin d'être idyllique. Que manque-t-il pour qu'il le soit définitivement ? Trois victoires supplémentaires.