L'impuissance du Barça

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L'impuissance du Barça
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-04-29T16:00:11.000Z, mis à jour 2010-04-29T16:00:11.000Z

Le FC Barcelone n'a jamais trouvé la clé du problème posé par Jose Mourinho et l'Inter mercredi soir au Camp Nou. Au terme d'une soirée terriblement frustrante au cours de laquelle il n'aura jamais pu (ou su) imposer son jeu, le Barça a quitté la Ligue des champions la mort dans l'âme.

Barcelone ne réussira donc pas là où tous les champions d'Europe ont échoué depuis deux décennies. Voilà 20 ans qu'aucune équipe n'a remporté deux fois de suite la Ligue des champions, depuis le doublé de l'AC Milan de Sacchi en 1989 et 1990. Le Barça semblait pourtant armé pour aller au bout, de par ses propres qualités, et de l'hécatombe qui a touché les autres favoris, du Real à Chelsea en passant par Manchester. Plus que jamais favoris avant ces demi-finales, les Catalans ont brutalement calé.


Face à l'Inter, leur jeu de rêve s'est heurté à un rude principe de réalité. C'est la deuxième fois en l'espace de 12 mois que l'équipe de Josep Guardiola se trouve confrontée, tactiquement parlant, à un problème quasi insoluble. L'an dernier, au même stade de la compétition, elle s'était déjà heurtée à un mur contre le Chelsea de Gus Hiddink. Tenu en échec à l'aller (0-0), mené au retour, le Barça ne s'en était tiré que dans le temps additionnel au match retour, à Stamford Bridge, sur un but d'Iniesta. Cette fois, il n'y a pas eu de miracle. "Aujourd'hui c'était notre tour de subir le côté cruel du football", concède le président Joan Laporta, philosophe.


Le piège était parfait


Habituellement si inventif, le jeu catalan est apparu à court d'idées face à l'équation italienne. Même la supériorité numérique provoquée par l'expulsion de Thiago Motta n'a pas simplifié le problème. Au contraire. Jose Mourinho a encore renforcé son double rideau défensif une fois son équipe réduite à 10. Guardiola, lui, ne peut que constater les dégâts. "Nous avons essayé de percer dans l'axe, de passer par les côtés... mais ils ont très bien défendu, admet l'ancien milieu de terrain. Eto'o et Milito ont presque joué latéraux, ce qui faisait une ligne défensive de six. Ils se sont beaucoup repliés et ils dégageaient loin le ballon. Nous n'avons pas pu avoir cette continuité dans le jeu que nous voulions."


Loin de la vague qui avait déferlé sur Arsenal en quarts de finale, Barcelone n'a jamais pu mettre à mal la défense intériste, à l'exception des 10 dernières minutes. Mais c'était trop peu, trop tard. Malgré leur profusion de talents, et en dépit du génie de Messi, les Catalans n'ont pas eu la nécessaire faculté d'adaptation devant le schéma impose par Mourinho. Certes, comme d'habitude, ils ont monopolisé le ballon. De façon plus marquée encore qu'à l'accoutumée. C'est dire. Mais ils n'ont jamais su quoi en faire. En fin de première période, il y eut une séquence révélatrice au cours de laquelle les Blaugrana ont enchaîné plus de 20 passes en une minute dans la moitié de terrain milanaise. Pour quel résultat? Un centre de Daniel Alves repoussé sans problème par la défense centrale de l'Inter. Bloqué sur les côtés, étouffé dans l'axe, le Barça a alors tenté de passer par les airs. Mais à ce jeu, les Nerazzurri se sont régalés. Le piège était parfait.


Guardiola devra se pencher sur les causes de cet échec et trouver à l'avenir les solutions pour éviter qu'il ne se reproduise. Sinon, il y aura toujours un Hiddink ou un Ancelotti pour venir faire déjouer la formidable machine à créer qu'est le Barça. Sur les deux dernières saisons, le FC Barcelone a joué six matches au Camp Nou en dehors des matches de poule. En quatre rencontres (face à Lyon, au Bayern, Stuttgart et Arsenal), il a inscrit 17 buts. Contre Chelsea et l'Inter, il n'en a marqué qu'un seul. "C'est très difficile de jouer face à des équipes aussi compactes et qui défendent aussi bien, constate Daniel Alves. Malheureusement pour nous, nos adversaires ont compris que c'est de cette façon qu'ils pouvaient nous battre. Et quand ils le font bien, c’est très dur. Ce soir (NDLR: mercredi), nous nous sommes sentis un peu impuissants et ça ne nous arrive pas souvent." L'impuissance que les équipes laminées semaine après semaine ressentent d'habitude face au Barça. Pas facile de passer du statut de bourreau à celui de victime.


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