L'Inter a changé

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L'Inter a changé
Par eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2010-03-17T09:44:00.000Z, mis à jour 2010-03-17T09:44:00.000Z

Intouchable depuis quatre ans en Serie A, l'Inter Milan n'arrivait pas à transposer ses qualités sur la scène européenne. En éliminant Chelsea mardi soir à Stamford Bridge, les Nerazzurri ont franchi ce cap. La validation d'une métamorphose, qui permet à l'Inter de se poser en candidate au titre.

Revoilà donc l'Inter dans le top 8 européen. Une première depuis 2006. Et autant le champion d'Italie avait évolué sur la pointe des pieds pour se frayer un chemin jusqu'en huitièmes de finale, autant sa victoire face à Chelsea annonce avec fracas le grand retour dans le cercle des grands d'Europe. Enfin, serait-on tenté de dire. Presque la moindre des choses pour un club disposant d'un grand entraîneur, José Mourinho, de grands joueurs, d'un président aux moyens illimités et qui phagocyte la Serie A depuis 2005.


L'Inter a changé

L'énigme résidait plutôt dans le fait que l'Inter, de façon durable, n'exerçait aucune influence au plus haut niveau européen. Le contraste entre cette suprématie nationale et cette inconsistance continentale avait trop duré. Le talent, l'Inter l'a toujours eu. Plus que d'autres. Elle en est même gavée. Mais il lui manquait cette grinta, cet esprit guerrier sans lequel on ne va nulle part en Ligue des champions. Et depuis quatre ans, l'Inter n'était rien, ou presque, dans cette épreuve. La densité de son effectif, la qualité de ses stars lui avaient permis de passer systématiquement le premier tour ces dernières saisons.


Mourinho: "Ce n'est pas la tactique, c'est l'attitude"


Mais une fois les huitièmes de finale arrivés, quand le talent ne suffit plus, le club lombard ne pesait plus très lourd. Face à Manchester, l'an dernier, à Liverpool il y a deux ans, ou Valence en 2007, ce constat fut implacable. Sur la longueur d'une saison, l'Inter pouvait imposer la supériorité de ses individualités et la profondeur de son effectif. D'où ces quatre Scudetti consécutifs. Mais en Ligue des champions, ces deux atouts, maitres en championnat, s'estompent considérablement. La double confrontation avec les Reds, notamment, avait affiché au grand jour la différence entre une équipe possédant une vraie mentalité de Coupe d'Europe, prête à se surpasser et une équipe beaucoup trop lisse pour ce type de duels. Celui qui renonce à devenir meilleur cesse déjà d'être bon, dit la devise d'un (ex) grand club français. Or en Europe, être bon ne suffit pas.


Quel contraste, en tout cas, avec le visage affiché mardi soir à Stamford Bridge, où Milan n'a pas seulement été bon, mais grand. Le match livré par les hommes de Mourinho à Londres, jamais ils n'auraient pu l'offrir à leurs supporters il y a 12 mois. Bien sûr, il y a la patte de Mourinho, dont l'audace tactique, mardi, a pris de court Carlo Ancelotti. En alignant un seul véritable récupérateur (Cambiasso) et trois attaquants (Pandev, Eto'o et Milito), "The Special One" a encore montré pourquoi il était si spécial. Résultat, Chelsea n'a jamais trouvé la clé du problème milanais et à l'exception des cinq dernières minutes de la première période, l'Inter n'a jamais perdu le contrôle de ce match. On pourra toujours épiloguer sur le penalty non sifflé sur Drogba. Il n'en reste pas moins que la meilleure équipe a gagné. Mais au-delà du cas Mourinho, il y a autre chose. Mourinho était déjà là l'an dernier quand les Nerazzurri avaient eu l'air de petits garçons face à Manchester. La différence, c'est cette implication de chaque instant, et ce supplément d'âme, d'engagement, que les joueurs ont bien voulu mettre. "Nous avons été supérieurs dans tous les domaines. Ce n'est pas la tactique, c'est l'attitude sur le terrain", explique Mourinho.


Il y a quelques semaines, l'entraîneur portugais expliquait vouloir inculquer à l'Inter le même état d'esprit que celui du FC Porto, qu'il avait mené au titre européen en 2004. "Si j'y parviens, nous serons très, très forts, parce que l'Inter possède plus de talents que Porto n'en avait à l'époque." Si l'on en croit ce que l'on a vu face à Chelsea, il est sur la bonne voie. A plusieurs reprises cette saison, l'Inter a démontré cette force de caractère qu'on ne lui connaissait pas dans un passé récent. En guise d'exemple, on citera la victoire arrachée à domicile face à Sienne (4-3), alors que les Toscans menaient 3-2 à deux minutes de la fin, ou la victoire dans le derby, malgré l'expulsion de Sneijder en début de match. Alors, oui, l'Inter a changé. Jusqu'à quel point? Mourinho répond: "J'ai appris ce soir que nous pouvions battre n'importe qui. Parce que Chelsea n'est pas n'importe qui. C'est l'un des meilleurs. Nous pouvons gagner dans n'importe quel stade." Qui a envie de le contredire?