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Stade Rennais   Oeil Téléfoot
Par Xavier BEAL|Ecrit pour TF1|2017-05-18T12:00:08.393Z, mis à jour 2017-05-18T12:00:08.393Z

Dépourvu du moindre titre depuis 1971, Rennes traîne ce palmarès vierge comme un boulet. Pourtant, le club breton n'a pas de quoi rougir de sa progression. Il se développe sur le terrain comme en dehors : stade refait à neuf, formation d'élite, longévité en Ligue 1… Les Rennais ont de quoi être fiers de leur club et ne se privent jamais de le faire remarquer.

C'est un running gag qui dure, qui perdure. Il suffit pour s'en convaincre de taper "Rennes" et les mots "titre", "palmarès" ou "trophée" dans un moteur de recherche. Chaque jour ou presque, les fans de football de la France entière s'amusent du palmarès désespérément vierge du Stade Rennais depuis 1971. "On ne peut plus débattre avec un supporter d'un autre club sans qu'on nous le sorte, sourit Lilian, supporter du club breton exilé à Paris. C'est presque entré dans le langage courant. Pour les autres supporters, Rennes = 0 titre, c'est tout."

La réalité historique est un tout petit peu plus clémente pour le SRFC. Rennes a bien quelques trophées : deux Coupes de France glanées en 1965 et 1971. Un peu maigre comparé à la place qu'occupe le club dans le paysage footballistique français. Avec 60 saisons dans l'élite à son actif, c'est même un monument du football hexagonal. Seuls Marseille (67), Bordeaux et Saint-Etienne (64) peuvent en dire autant actuellement en Ligue 1.

Rennes, le plus grand club breton

"C'est le plus grand club breton, le premier historiquement et sportivement, salue Laurent Schmitt, agent de joueurs originaire de la région. Il jouit d'une très bonne image, y compris sur le plan national. Et sa longévité au plus haut niveau est le signe de sa bonne santé sportive." A Rennes, c'est bien là que sont les vrais trophées : dans une pérennité qui fait office de progression linéaire et de victoire pour son propriétaire, l'homme d'affaires François Pinault, qui a redonné un socle à un club qui ne cessait de faire l'ascenseur avec la Ligue 2 avant son arrivée. "Qu'est-ce qui est rouge et noir, qui monte et qui descend en permanence ?" Voilà quelle était la blague à la mode il y a vingt ans.

Les supporters du Stade Rennais

Depuis 1994, Rennes a disputé chaque saison de Ligue 1. Avec, 14 fois sur 22, une place dans le Top 10 français à l'issue de la saison, dont trois saisons finies dans le Top 5. Mieux : depuis 2005, Rennes s'est qualifié à quatre reprises pour les compétitions européennes (en 2005, 2007, 2008 et 2011). Bref, le bilan sportif du club est plutôt honorable et montre que la formation bretonne s'est imposée comme une valeur sûre du championnat en deux décennies.    

Cette force est tirée d'une gestion sportive et économique saine, comme l'explique Laurent Schmitt. "C'est une chance inouïe pour un club comme ça d'avoir un actionnaire aussi passionné et amoureux de son club, explique-t-il en référence à François Pinault. Sur le plan sportif aussi, c'est une affaire bien gérée. A Rennes, il y a eu énormément d'entraîneurs mais il y a un savoir-faire. Les dirigeants savent reconnaître leurs erreurs et corriger le tir quand il le faut." Après trois années hésitantes marquées par les passages mitigés de Philippe Montanier et Rolland Courbis, le SRFC a confié ses destinées techniques à Christian Gourcuff. Lequel va tenter d'apposer sa patte sur le club, faite d'un système fétiche (le 4-4-2) et d'un projet de jeu étudié jusque dans les moindres détails.

Une belle réputation et de la malchance

"Rennes n'est pas un club du ventre mou ou un club qui se bat pour son maintien, insiste Lilian, le supporter. On a quand même une certaine réputation d'équipe qui joue au football, qui est bien installée en Ligue 1. Et je pense qu'on a vocation à jouer l'Europe tous les ans. Pour moi, Rennes est juste en-dessous des mastodontes comme Paris, Monaco, Lyon ou Marseille. Je ne vois pas ce que Saint-Etienne, Nice ou Bordeaux ont de plus que nous. Sur les dernières années, ce qu'il nous manque, c'est juste un titre ou un coup d'éclat."

Au rayon des cicatrices pas complètement refermées, on trouve un peu partout les souvenirs des finales de Coupes de France de 2009 (1-2) et 2014 (0-2). Deux finales, deux espoirs et finalement deux défaites, face au même adversaire : Guingamp. "Leur grand malheur, c'est d'avoir perdu deux fois contre l'En Avant, résume Laurent Schmitt. C'est plus une histoire de malchance qu'autre chose. Guingamp, ce n'est pas n'importe qui, c'est le "petit" rival régional. L'étiquette de "losers", elle vient de là, en fait."Romain Alessandrini - Rennes-Guingamp

Pour l'agent de joueurs, qui a notamment géré les intérêts de Yoann Gourcuff, les trophées ne sont plus le meilleur moyen de juger un club. "Les titres, aujourd'hui, ce n'est plus un indicateur parlant de la santé sportive d'un club, juge-t-il. Aujourd'hui, en France, qui est capable de gagner des titres ? Le PSG rafle tout, Monaco va le rejoindre… Même des clubs comme Nice ou Saint-Etienne ne peuvent quasiment plus gagner de titre, en fait, mais ça ne veut pas dire que ce sont des mauvais clubs."

Un centre de formation au top

Parmi les indicateurs que Laurent Schmitt juge plus parlants, figure notamment le centre de formation. Et, dans ce domaine, Rennes excelle. Depuis son dernier titre en 1971, le club rouge et noir a remporté trois Coupes Gambardella (1973, 2003 et 2008), deux championnats de France des réserves (2004 et 2007), un titre de champion de France des U19 (2007)...François Pinault Salma Hayek Stade Rennais

Dans le même temps, il a fait émerger de nombreux joueurs de son centre de formation : Yann M'Vila, Yoann Gourcuff, Rod Fanni, Moussa Sow ou encore Yacine Brahimi en sont tous sortis ces quinze dernières années. L'année dernière, Rennes a vendu un phénomène au Borussia Dortmund : Ousmane Dembélé, pur produit de son centre et aujourd'hui international A à 20 ans à peine. Et ce n'est visiblement pas fini : Joris Gnagnon et Adama Diakhaby, 20 ans aussi, se sont imposés cette saison dans le onze de Christian Gourcuff.

[Archive - Ligue 1 : Dembélé, la pépite rennaise]
 

Autant de pépites qui auront peut-être l'occasion d'évoluer dans le nouveau bijou du club : le Roazhon Park, renommé et refait à neuf en 2015. Avec l'avènement d'un projet centré sur l'identité du club, le temps laissé au développement du projet de jeu cher à Christian Gourcuff, bâtisseur hors-pair, et la poursuite d'un projet de formation référence, Rennes peut nourrir quelques espoirs. Lilian, par exemple, en a quelques-uns : "Se qualifier pour l'Europe, y faire une ou deux performances qui peuvent nous faire rêver, continuer à sortir un phénomène de temps en temps, offrir du spectacle au stade… et gagner un trophée, bien sûr !"