L'œil de Téléfoot - Les grands exploits du Téfécé

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Par CReaFeed - Ilyes Ramdani|Ecrit pour TF1|2017-05-09T13:17:58.824Z, mis à jour 2017-05-09T13:17:59.850Z

Auteur d'un maintien inespéré la saison dernière, le Toulouse Football Club a écrit une nouvelle page de sa glorieuse histoire. Or, les grandes heures du Téfécé sont hélas trop méconnues. Retour sur les principaux faits marquants des Violets.

Depuis sa création en 1970, le Toulouse Football Club a remporté deux fois le championnat de France de Ligue 2, en 1982 et 2003. Son ancêtre, qui portait le même nom, avait pour sa part remporté la Coupe de France en 1957. Cela peut sembler mince mais le Téfécé n'a pas à rougir de son histoire qui l'a vu s'imposer sur le long-terme en Ligue 1 et engranger quelques succès - même sym-boliques - de prestige. "Le lendemain de Barça-PSG, j'écrivais un article pour Les-Violets.com, raconte Jean-Baptiste Jammes, supporter du club et fondateur du site internet. J'y expliquais que, pour un club, certains matches valent des trophées et que ce match-là en faisait partie pour le Barça. Au TFC, on n'a pas de trophées mais on a des victoires qui ressemblent à des trophées." 

A commencer par le simple fait d'être en Ligue 1 aujourd'hui. Sujet à une liquidation financière en 2001 puis redressé par Olivier Sadran, un entrepreneur de la restauration aérienne devenu son président, le Téfécé a chuté jusqu'en National. Quinze ans plus tard, il est bien installé en Ligue 1, malgré quelques frayeurs, comme ses deux 17e place consécutives en 2015 et 2016. "Toulouse est un club très bien géré, avec un président qui a mis beaucoup de sa personne pour pérenniser son équipe en Ligue 1", salue Bryan Bergougnoux, qui a passé quatre saisons en Haute-Garonne entre 2005 et 2009. Jean-Baptiste Jammes valide : "On aurait signé des deux mains en 2001 si on nous avait dit que, seize ans plus tard, on serait toujours en L1."

Le Téfécé s'offre le scalp du Napoli de Maradona

Il y a aussi, dans l'histoire du club toulousain, quelques épisodes européens fameux. "Le TFC a eu des heures de gloire, insiste Jean-Baptiste Jammes. Tout le monde se souvient que, en 1986, Toulouse a éliminé le Naples de Maradona, par exemple." A l'époque entraîné par Jacques Santini, le Téfécé avait réalisé l'exploit de sortir la formation italienne aux tirs au but pour sa première participation à une compétition continentale. Diego Maradona, sacré champion du monde trois mois plus tôt, avait même manqué sa tentative ! Les héros de la soirées avaient pour nom Bergerôo, Lestage, Ruty, Tarantini, Tihy, Durand, Despeyroux, Passi, Stopyra, Marcico et Bellus, sans oublier Espanol et Marx, entrés en cours de jeu.

Au tour suivant, le Téfécé avait affronté un autre adversaire prestigieux : le Spartak Moscou et sa pléiade d'internationaux soviétiques (Rinat Dasaev, Vagiz Khidyatulline, Aleksandr Bubnov, etc…). Le 22 octobre 1986, au Stadium, c'est le jour de gloire de Gérald Passi, auteur d'un triplé pour une victoire 3 buts à 1. Hélas, au retour, à Moscou, le Téfécé craque et s'incline 5-1. Mais dès la saison suivante, le Téfécé est de retour sur la scène européenne. Après avoir écarté le club grec du Panionios au premier tour, le Téfécé est éliminé au tour suivant d'une courte tête par le Bayer Leverkusen (1-1 au Stadium à l'aller, défaite 1-0 au retour) qui remportera l'épreuve cette année-là. 

Sadran ramène le Téfécé en Europe

Il a fallu attendre, ensuite, pour revoir Toulouse faire vibrer ses supporters. Finalement, la reprise en main du club par Olivier Sadran engendre deux montées consécutives et le retour en Ligue 1 en 2003. Trois ans plus tard, l'arrivée d'Elie Baup et un recrutement intelligent permettent aux Violets de réaliser la meilleure saison de leur histoire. Toulouse finit troisième de Ligue 1 et se qualifie pour le tour préliminaire de la Ligue des champions (le Téfécé y sera éliminé par le grand Liverpool avant de chuter lors de la phase de poule de la Ligue Europa). "On a fait une superbe saison, se souvient Bryan Bergougnoux. On marchait sur l'eau, on sentait qu'on pouvait battre n'importe qui. C'est un très beau souvenir pour moi."Nicolas Dieuze la légende face  Steven Gerrad

Le scénario même de cette qualification est resté dans toutes les mémoires. Elle a été scellée lors de la 38e journée et d'un derby face à Bordeaux remporté (3-1) grâce à un triplé du Suédois Johan Elmander. Bryan Bergougnoux ravive ses souvenirs : "Je me rappelle que, sur le terrain, à la fin, on était persuadés qu'on tenait cette 3e place. En fait, ce qu'on ne savait pas, c'est qu'il fallait que Lille ne perde pas à Rennes. Donc, quand le match se termine, on nous dit que, non, on n'est pas encore qualifié. On est sur la pelouse, quelques secondes après la fin de notre match, un peu choqués. Finalement, on nous annonce "but de Fauvergue" : Lille a égalisé à Rennes à la 94e minute. Et là, c'est l'explosion, avec l'ascenseur émotionnel en bonus…"

Jean-Baptiste Jammes, lui, était du côté des supporters : "Je me souviens d'une ambiance extraordinaire, en plus contre notre meilleur ennemi, Bordeaux ! Comme à Angers la saison dernière (quand le TFC de Dupraz s'est maintenu à la dernière journée, ndlr), c'était un moment mémorable pour nous. On a fêté ça comme si on était champions de France !" Même discours dans la bouche de Bryan Bergougnoux. "On l'a célébré comme un trophée, explique le milieu de terrain de 34 ans, aujourd'hui à Tours en L2. Je me souviens même qu'on a jeté le maire (Jean-Luc Moudenc) dans la piscine. Malheureusement, il n'y avait pas beaucoup d'eau, on lui a cassé une jambe (rires). C'était le moyen de partager avec les supporters qui nous avaient énormément poussé tout au long de la saison. "

Des exploits qui valent des trophées

Justement, pour les supporters, ces matches occupent une place à part dans l'imaginaire collectif. Jean-Baptiste Jammes le voit, lui qui tient le site numéro 1 des supporters toulousains : "Nous, le Téf, c'est notre vie, c'est notre passion. J'ai coutume de dire que les joueurs et les entraîneurs passent mais que, nous, on reste et on sera encore là dans vingt ou trente ans. A Angers, j'ai pleuré et j'ai vu du monde en larmes ! Ce match, comme celui de Bordeaux, restera dans l'histoire du club. Tout ça, ça vaut des trophées, pour nous."

Ces supporters qui restent se plaisent aussi à mettre en avant l'identité du club et ses jeunes du cru. "Pour nous, le centre de formation est une priorité, explique Jean-Baptiste Jammes. D'ailleurs, les deux ou trois années où on a un peu mis la formation de côté, on a failli descendre. En tant que supporters, on a besoin de ces jeunes qui aiment le club, qui l'ont dans le sang et qu'on voit éclater devant leurs yeux. Ça nous permet de nous identifier à des mecs qui aiment le club et la région. Ces jeunes, quand ils démarrent, on sent qu'ils mouillent le maillot. Les joueurs de l'extérieur, on sait que le TFC sera pour eux un passage, c'est tout."

Les belles années qu'a connues Bergougnoux (3e en 2007, 4e en 2009) ont permis l'explosion de jeunes à fort potentiel, comme Moussa Sissoko, Etienne Capoue ou Daniel Congré. Aujourd'hui encore, Toulouse est une belle fabrique de talents : Aban Lafont, son gardien de but, est un talent précoce à très gros potentiel, Issa Diop s'est imposé en défense centrale, Yann Bodiger ou Alexis Blin ont fait leur trou… "Il y a un excellent centre de formation à Toulouse, il y a beaucoup de joueurs qui sortent, confirme Bergougnoux, lui-même formé à l'OL. A l'époque, les Capoue, Sissoko, Tabanou étaient très bons et nous avaient fait du bien. C'est quelque chose sur lequel Toulouse doit s'appuyer. Mais ça ne fait pas tout."

[Alban Lafont, un pitchoun au top]


La promesse de Pascal Dupraz

Effectivement, il faut, pour réussir, un entraîneur talentueux - Pascal Dupraz a conquis en un an le cœur des supporters -, un recrutement intelligent et un brin de réussite. Pour les supporters, il est urgent que le cocktail fonctionne. "Rester en Ligue 1, c'est bien. Mais, en tant que supporter, ce n'est pas ce qui nous fait vibrer, résume le fondateur du site LesViolets.com. Le foot, c'est de l'émotion, des super matches… C'est ça, dont on a envie. On ne sera jamais le PSG, donc il faut se demander : comment peut-on vivre ici des émotions et du spectacle ? Il faut intégrer la formation, les supporters, en faisant revenir du monde au stade…"

A ce moment-là, il sera question de faire retrouver au Téfécé le goût des trophées. Les vrais, ceux qui se portent et s'affichent dans les armoires, mais pas seulement. Jean-Baptiste Jammes, encore : "On a envie de rêver. On veut vivre des fins de saison excitantes, des luttes pour l'Europe ou pour une coupe." Bryan Bergougnoux se remémore un regret sur son expérience toulousaine : "Avoir chuté deux fois en demi-finale de coupe nationale. Les supporters méritaient tellement de monter à Paris… Si j'étais encore joueur à Toulouse, ce serait un de mes objectifs majeurs". Fidèle suiveur du TFC, Jean-Baptiste Jammes conclut en souriant : "Pascal Dupraz nous a promis une finale de coupe avant la fin de son contrat, en 2019." Et ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.