L'oeil de Téléfoot - A l'ASM, le beau jeu n'est pas une révolution, c'est une tradition

Encore en lice sur quatre tableaux, l'AS Monaco brille cette saison par un football séduisant et une armada offensive flamboyante. Loin d'être surprenante, cette vigueur de l'attaque monégasque est en fait la nouvelle page d'une histoire du beau jeu à l'ASM, longue et ancrée dans l'ADN du club.

Les chiffres donnent le tournis. Cette saison, en 30 journées de Ligue 1, l'AS Monaco a inscrit 87 buts. A la même époque, l'an dernier, le compteur des Monégasques n'en était qu'à 44, soit peu ou prou la moitié ! Au-delà des chiffres, les joueurs de Leonardo Jardim dégagent cette année une puissance offensive impressionnante qui fait en grande partie sa force. Ses attaquants, dont les trois complémentaires Falcao, Germain et Mbappé, ont torturé nombre de défenses en France comme en Ligue des champions, à commencer par celle de Manchester City en huitième de finale (3-5, 3-1).

Voir l'ASM de Jardim devenir une référence de football offensif, c'était pourtant loin d'être gagné. Lors de ses deux premières saisons - réussies - en Principauté, le technicien portugais était plutôt vu comme un bétonneur, chef d'orchestre d'un bloc difficile à manœuvrer et redoutable en contres. Avec une cinquantaine de buts marqués par saison de Ligue 1, les statistiques tendaient à corroborer cette thèse d'une ASM solide mais pas franchement emballante à regarder.

Pour autant, l'AS Monaco cru 2016-2017 n'est pas une révolution, loin de là. En fait, Jardim n'a fait que replacer son équipe sur les rails d'une tradition ancestrale à Monaco : le beau jeu. "Le spectacle fait partie de l'ADN du club, rappelle à juste titre Alfred Vitalis, champion de France avec le club en 1978 et 1982. De tous temps, l'AS Monaco a été vue comme un club attaché au beau jeu." Il y a bien eu quelques périodes plus insipides, où l'ASM avait perdu ses valeurs. Mais à chaque fois qu'il a soulevé des trophées, le club l'a fait en pratiquant un jeu offensif et séduisant. Et ce à travers les décennies, des premiers titres de 1961 et 1963 aux championnats raflés en 1988 avec Arsène Wenger, 1997 avec Jean Tigana et 2000 avec Claude Puel.

[Quand Monaco écrasait le Real Madrid en Ligue des Champions]
Trezeguet faisait trembler les filets avec Thierry Henry.

Aujourd'hui encore, l'ASM fait du jeu le centre de son attention. Dès son arrivée, Leonardo Jardim a surpris son monde en écartant les légendaires footings d'avant-saison au profit d'une préparation physique intégrée, avec le ballon au centre de tout. L'attrait pour l'attaque se traduit aussi dans les chiffres. L'équipe première est la meilleure attaque de Ligue 1. En CFA (4e division), pourtant neuvième au classement, l'équipe réserve est la meilleure attaque de sa poule. Même chose en U17 et U19, deux équipes en tête de leur championnat de National. Un 4 sur 4 unique en France.

Dans ces équipes de jeunes, figurent plusieurs profils que l'on verra peut-être bientôt briller en Ligue 1. A l'instar de celui d'Irvin Cardona, 19 ans, terreur des défenses de CFA et comparse de Kylian Mbappé en attaque lors de l'épopée victorieuse en Coupe Gambardella la saison dernière. Deux joueurs aussi talentueux sortis du centre la même année, ça n'a pas toujours existé sur le Rocher. "A mon époque, il n'y avait pas de formation, j'étais même le seul stagiaire, rappelle Vitalis. Le style venait en grande partie des recrues qui nous rejoignaient, notamment les Sud-Américains." Ajouter plusieurs cordes à son arc pour perpétuer la tradition : c'est peut-être, là aussi, une grande force de l'AS Monaco.

Vidéos associées

News associées