L'oeil de Téléfoot : Bourg-Péronnas, le Petit Poucet du foot professionnel n'aspire qu'à grandir

L'oeil de Téléfoot : Bourg-Péronnas,  le Petit Poucet du foot professionnel n'aspire qu'à grandir
Premier club professionnel du département de l'Ain, le Football Bourg-en-Bresse Péronnas 01 réussit l'exploit, depuis deux ans et demi, de se maintenir en Ligue 2. Loin des standards du football professionnel, le club s'évertue pourtant à se structurer et à grandir sans renier son côté artisanal et humain. Ce cocktail pourrait bien l'amener à perdurer à ce niveau.

Au club, on en rit jaune. A chaque journée de Ligue 2, deux matches sont diffusés en intégralité et en décalé, le samedi après-midi et le lundi soir. Ce qui fait, par saison, une soixantaine de rencontres mises en valeur. Depuis deux ans et demi qu’il évolue en Ligue 2, le club de Bourg-Péronnas n’a eu ce privilège qu’une seule fois. « On est abonnés au multiplex du vendredi soir, explique Vincent Poupon, le manager général du club. On ne se prend pas pour ce qu’on n’est pas mais, au bout de deux ans et demi, j’aurais espéré un peu plus. C’est vrai que ça génère un peu de frustration chez nous. »

Cet exemple est révélateur du mal dont souffre le FBBP 01 - pour Football Bourg-en-Bresse Péronnas 01. Débarqué en Ligue 2 en 2015 pour la première fois de son histoire, le club de l’Ain traîne, depuis, une image de petit Poucet du football professionnel français. « On a encore un défi là-dessus, admet Vincent Poupon. On veut être un point sur la carte que les gens connaissent. L’objectif, c’est que les gens qui aiment le football français sachent qu’il y a un club professionnel dans l’Ain. »

Celui-ci s’est construit à la force du poignet. En 2008, le club promeut Hervé Della Maggiore, alors entraîneur de la réserve, à la tête de son équipe fanion, laquelle évolue en CFA 2, le cinquième échelon du football français. En sept saisons, le club gravit un à un les échelons jusqu’à son accession en Ligue 2 à l’été 2015. Un véritable exploit pour un club sans le moindre historique avec le football professionnel et sans moyens, ou presque. « On a fait quelque chose qui n’est pas commun », reconnait modestement Vincent Poupon.




La 18e affluence de Ligue 2 seulement


Mais pas question d’avoir les yeux plus gros que le ventre. Car les marges de progression sont encore nombreuses. « On n’est pas encore au niveau des standards de la Ligue 2, reconnaît Vincent Poupon. On se dit qu’on est obligés de faire bien avec moins de moyens que les autres. » Au rang des lacunes, il y a aussi l’engouement autour du club, encore trop versatile. « Ce n’est pas un club qui fait énormément parler de lui, constate Romain Brusc. Bourg a la 18e affluence de Ligue 2, par exemple. Et aux conférences de presse en semaine, il y a deux ou trois journalistes, pas plus. »

Avec 2700 spectateurs en moyenne, le club s’est construit un noyau de supporters fidèle. Mais il s’agit à présent de l’élargir. « Il y a encore tout un public, ici, qui va venir quand il y a du beau, juge Romain Brusc. Alors il faut l’attirer. Pour ça, il faudrait un parcours en Coupe qui fasse parler de Bourg, une saison un peu plus excitante que les autres. C’est tout à fait dans les cordes du club. » Vincent Poupon analyse : « On a bénéficié d’une certaine curiosité autour de nous pendant les dix-huit premiers mois de Ligue 2. Mais cette étape est finie. »


Un club à taille humaine... qui tient à le rester


L’heure est venue, aujourd’hui, pour le club de s’affirmer et de développer son identité. Et il n’est pas aidé par la concurrence locale, celle du basket et du rugby. « En Pro A, Bourg joue tout le temps à guichets fermés, assure Romain Brusc. Et en rugby, même si l’équipe n’est qu’en Fédérale 1 (la 3e division nationale, ndlr), elle attire plus de monde que le club de football. » Au club, on est tout à fait conscient de cette donne. « Nous sommes dans un petit département avec un sport de haut-niveau dynamique, résume le manager général. Aujourd’hui, nous sommes crédibles et nous avons une image positive. A nous d’installer une dynamique et un engouement autour de nous. »

Paradoxalement, le fait d’être encore un « petit » club constitue une force pour le FBBP 01. « C’est un club qui a gardé les bons côtés du football amateur, analyse Romain Brusc. Ici, tout marche à l’affectif. Le coach est en place depuis 2008 et on le laisse travailler, même quand ça va un peu moins bien au niveau des résultats. Lui revendique de choisir ses joueurs en grande partie selon des critères humains. Il veut des bons mecs. » Vincent Poupon justifie cela sans difficulté : « On n’a peu de moyens donc on compense par un certain nombre de valeurs et un savoir-faire. Il y a, à l’intérieur du club, un climat qui permet aux joueurs de s’épanouir, de s’émanciper et de progresser. On est un club qui sait valoriser les gens. On y tient beaucoup. »

C’est cette identité qui doit permettre au FBBP 01 de grandir, selon son manager général : « On tient à être implanté sur notre territoire, axé sur la jeunesse et la formation. On a signé en ce sens un partenariat avec notre voisin de l’Olympique Lyonnais. Ça fonctionne très bien, ils nous prêtent des joueurs, on échange des compétences… » Mais Vincent Poupon et son club voient encore plus loin. « Une descente peut freiner notre projet mais ça ne le remettra pas en cause. On ne tient pas à rester le Petit Poucet du football professionnel. On prétend à grandir. » En la matière, Bourg-Péronnas sait faire et il l’a déjà montré.



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