L'oeil de Téléfoot - L'OM s'est promis de donner des Minots à son équipe pro

L'Olympique de Marseille a décidé d'ouvrir un ambitieux chantier dans un domaine où il faillit depuis des décennies, la formation. Voici comment l'OM de McCourt s'y prend pour séduire les Minots de talent, très nombreux en Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

À Marseille, tout est désormais histoire de labels anglophones. Depuis son rachat par l'homme d'affaires américain Franck McCourt à l'automne 2016, le club phocéen a mis en place deux projets pour retrouver les sommets : le fameux "OM Champions Project" et son petit frère. Un peu plus méconnu, le "Next Generation Champion" vise à replacer l'OM dans un domaine où il a longtemps failli : la formation. La bataille sera longue mais Marseille a entrepris de la mener.

"Les jeunes doivent savoir que la formation est une priorité pour nous, expliquait le nouveau président, Jacques-Henri Eyraud, dans L'Equipe en février. Le staff pro y passe beaucoup de temps. On ne voyait pas ça, avant à l'OM." L'arrivée d'Andoni Zubizarreta au poste de directeur sportif s'inscrit dans cette stratégie. L'Espagnol a occupé la même fonction dans un temple de la formation, le FC Barcelone, entre 2010 et 2015. Cet investissement dans l'avenir rappelle celui formulé par Nasser Al-Khelaïfi lors du rachat du PSG par QSI : "Faire du PSG un club fort, ce n'est pas seulement acheter des joueurs, c'est aussi s'appuyer sur le centre de formation, trouver le nouveau Messi."

"Ces garçons revenaient souvent avec la tête à l'envers"

Pour l'instant, l'OM ne s'est pas affiché comme en quête du nouveau Messi. Mais il a encore de la marge, à l'heure où il peine à faire éclore le nouveau Nasri. Car le constat est implacable : année après année, les joueurs qui sortent du centre de formation olympien n'arrivent pas à faire leur trou en équipe première. Il faut fouiner dans les archives pour trouver, çà et là, quelques pépites émergées de la Commanderie. André Ayew et Mathieu Flamini en sont les principales derrière Nasri.est parti au FC Séville avant même son premier contrat pro à l'OM, comme Flamini avec Arsenal en son temps. En ce moment, l'OM négocie avec Boubacar Kamara, un jeune défenseur déjà utilisé en pro par Rudi Garcia, pour lui faire signer son premier contrat professionnel.

Alors, il y a bien l'étincelle Maxime Lopez. Minot par excellence, formé à Burel puis à l'OM, et désormais chouchou du Vélodrome à même pas 20 ans. Tous rêvent, en leur for intérieur, que le gamin de Marseille ouvre la voie. "Pour que, demain, les jeunes prometteurs choisissent l'OM, il faudra qu'il y ait d'autres Maxime Lopez, qu'ils voient des aînés émerger en équipe première, confirme Christophe Poujol. L'attraction du maillot blanc, ça n'a pas d'égal. Quand vous donnez à un petit une convocation pour aller à l'OM, il a les yeux qui brillent."

Le représentant du club de Plan-de-Cuques demande, en revanche, du temps. "J'ai senti une volonté de prendre la bonne direction. Mais si ça se fait, si Lopez n'est pas juste un élément isolé, ça ne se verra pas l'année prochaine, prévient-il. Il faudra attendre cinq, dix ou quinze ans." A Burel, Serge Obré a envie d'y croire : "Quand je vois le vivier qu'on a et ce que font le Barça en Espagne ou Nice en France… C'est tout le mal que je souhaite à l'OM."

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