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L'oeil de Téléfoot - La meilleure défense du DFCO, c'est l'attaque

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Dijon FCO   Oeil de Téléfoot
Par CReaFeed - Ilyes Ramdani|Ecrit pour TF1|2018-02-26T15:11:36.160Z, mis à jour 2018-02-26T15:16:13.523Z

Plus mauvaise défense de Ligue 1, le DFCO est pourtant une des belles surprises du championnat de France cette saison. Ce résultat n'est pas dû au hasard : la philosophie de Dijon, c'est de se maintenir en jouant et en attaquant. A tous les échelons du club.

En football, les statistiques ne disent pas tout. Mais elles disent parfois l'essentiel. Illustration avec l'équipe fanion de Dijon. Après 26 journées, la voilà treizième du championnat de France. Le tout avec la cinquième meilleure attaque, derrière les quatre grosses cylindrées (PSG, Marseille, Lyon et Monaco). Le DFCO possède aussi la plus mauvaise défense de Ligue 1, avec une moyenne de deux buts encaissés par rencontre.

Voilà qui vous pose une équipe. Offensive et résolument tournée vers l'avant. Pas si commun pour une petite écurie de Ligue 1, là où tant d'autres, avec le même statut, font le choix de la sécurité défensive pour accrocher leur si précieux maintien. Cette orientation, Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur du DFCO, l'assume pleinement. "On est montés en Ligue 1 comme ça (en 2016, ndlr), rappelle-t-il. On nous a beaucoup demandé si on allait continuer à jouer ou non. On a pris le pari de dire que oui, on allait tenter. Et depuis, ça dure et on est toujours là."

Le technicien est modeste. Car Dijon fait mieux qu'être là, puisque le club est une des bonnes surprises de l'exercice en cours du championnat de France. Surtout, les Bourguignons se sont distingués par une éthique de jeu qui séduit tous les observateurs. "C'est un bel adversaire qui joue bien au ballon", complimentait par exemple fin février Leonardo Jardim, l'entraîneur de l'AS Monaco après avoir battu le DFCO (4-0). "Quand on regarde Dijon, on ne s'ennuie pas, confirme Himed Hamma, recruteur pour le DFCO en région parisienne. On voit que l'entraîneur prône le jeu, veut attaquer et ne ferme pas les matches. C'est quelque chose qui fait du bien à la Ligue 1."

Du jeu à toutes les sauces à l'entraînement

Olivier Dall'Oglio tente d'établir les grandes lignes de ce projet de jeu qui fait le charme de son équipe. "A la maison comme à l'extérieur, on cherche à marquer des buts, clame-t-il. Pour ça, on essaie autant que possible de repartir de derrière. On veut que nos joueurs aillent au bout de leurs idées et de leur créativité, même nos défenseurs. Qu'ils s'expriment au sein de notre collectif sans être bridés. Chez nous, tout le monde peut participer offensivement mais tout le monde doit être impliqué par sa récupération."

Cette sorte de football total à la dijonnaise est le fruit d'un travail considérable à l'entraînement. "On fait quasiment tout avec le ballon, indique Olivier Dall'Oglio, à la tête du DFCO depuis 2012. Il y a une petite partie athlétique sans ballon. Sinon, on axe énormément sur le jeu sous toutes ses formes. Avec une part importante de travail tactique. On répète, à vide ou avec opposition, les déplacements des uns et des autres selon les différentes situations." Himed Hamma, lui-même entraîneur à Drancy (Seine-Saint-Denis) en U19 Nationaux, salue la méthode : "Olivier Dall'Oglio fait un énorme travail depuis son arrivée. Dijon est un club de petite taille mais bien organisé et très familial. Tout est pensé pour l'épanouissement des joueurs."

Dernier ingrédient du succès, un recrutement élaboré en conséquence de ces principes de jeu. "Quand on prend un joueur, ces critères-là sont évidemment importants, reconnaît le coach du DFCO. On aime les joueurs offensifs qui nous apportent ce côté spectaculaire." C'est en ce sens que le club n'a pas hésité à attirer, l'été dernier, Marvin Martin puis, un an plus tard, Naïm Sliti. Deux meneurs de jeu à petit gabarit prêtés par le LOSC. Et l'échec du premier n'aura pas freiné les velléités du DFCO à tenter ce genre de paris. Pour l'amour du jeu.

Les jeunes aussi jouent au ballon

L'amour du jeu a infusé toutes les strates du club dijonnais. Himed Hamma a affronté à deux reprises les U19 du DFCO cette année avec son équipe de Drancy (pour deux défaites, 1-0 et 2-1). "C'est une équipe portée vers l'avant et qui cherche à jouer, se souvient-il. Nous avons rivalisé face à cette belle équipe et c'était une fierté, car ils ont des profils très intelligents et très joueurs. L'aspect athlétique n'était pas prioritaire chez eux, loin de là : ils faisaient jouer une majorité de joueurs U17 et U18, très peu de U19."

Le technicien parisien peut également témoigner des désidérata du club en matière de formation, puisqu'il fait partie de sa cellule parisienne de recrutement. "Le DFCO fait face à une grosse concurrence au niveau national et recrute peu, faute de places au centre de formation, détaille-t-il. Donc le club essaie d'avoir des idées, de recruter malin. Et en lien avec sa philosophie : des milieux de terrain qui ont une sensibilité technique, à l'aise dans le jeu court, des latéraux offensifs... Sur le plan du jeu, on retrouve des vraies similitudes entre l'équipe professionnelle et les jeunes."

Ce n'est pas pour déplaire à Olivier Dall'Oglio. "Au club, on tire tous dans ce sens-là, assure-t-il. A commencer par le président (Olivier Delcourt, ndlr), qui ne veut pas s'ennuyer au stade. On a essayé de mettre quelque chose en place. Cette philosophie est partagée, elle perdurera sûrement même si je venais à partir."

De fait, les jeunes générations évoluent avec une même propension à aller de l'avant. "Les U17 ont fait les play-offs du championnat de France la saison passée, les U19 sont dans la course cette année, ce n'est pas rien pour un club comme le DFCO", souligne Himed Hamma. De fait, l'équipe réserve est deuxième de sa poule de National 3, les U19 font office de favoris pour le titre dans leur championnat, les U17 sont sur le podium, juste derrière Saint-Etienne et Lyon et les U15 sont deuxièmes de leur poule d'élite régionale. Sans oublier un contingent important de jeunes internationaux français. Tout jeune promu en Ligue 1, Dijon défend ses ambitions sans complexe.