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Liga / FC Barcelone - André Gomes évoque son mal-être : "Je ne me sens pas bien sur le terrain"

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Par Alexandre COIQUIL|Ecrit pour TF1|2018-03-13T16:26:21.391Z, mis à jour 2018-03-13T16:41:58.017Z

LIGA - En difficulté depuis son arrivée au FC Barcelone, André Gomes a confié son mal-être dans un entretien donné au magazine Panenka.

André Gomes sort du silence

André Gomes sort du silence. Et c’est assez poignant. En très grande difficulté au FC Barcelone où il évolue depuis l’été 2016, l’international portugais traîne son spleen depuis une grosse année en Catalogne où il n’arrive pas à s’imposer.


D’ordinaire discret dans la presse, l’ancien joueur de Valence a accepté de parler et de mettre des mots sur ce qu’il ressent dans un entretien donné au magazine espagnol "Panenka". C’est un joueur et un homme visiblement perdu qui s’est confié au journal. Au-delà du footballeur que l'on peut aisément comparer à une machine, ce que traverse le Portugais est un des affres du sport de haut niveau. Et quelque chose de très important.

"Je ne me sens pas bien sur le terrain, je ne profite pas du tout", a révélé le milieu de terrain dont la confiance s’est peu à peu effritée au fil des mois en Catalogne. "Les six premiers mois se sont très bien passés, mais les choses ont rapidement commencé à changer. Peut-être que les mots choisis ne vont pas être les bons mais cela a commencé à être l’enfer pour moi. J’ai commencé à avoir beaucoup plus de pression. Moi, la pression je vis bien avec. Ce que je ne vis pas bien c’est de me mettre la pression moi-même."


Incapable de s'imposer comme un titulaire, que ce soit avec Luis Enrique ou Ernesto Valverde, Andre Gomes a payé cher sa volonté de rejoindre le FC Barcelone. Un club où il désirait absolument évoluer après son passage à Valence où il n’a réussi qu’à disputer une bonne saison sur deux. Très talentueux, mais irrégulier au possible, Gomes a payé cher, très cher ses envies de Barça. Un club dont le style de jeu ne lui correspondait pas au premier abord. Mais ceci est un autre débat.


Jamais vraiment à l’aise dans la maison catalane où le joueur de contre qu’il est n’a jamais pu s’exprimer, Gomes est entré dans un cercle vicieux dont il n’arrive plus à sortir. Maladroit et incapable de produire son jeu, il a peu à peu perdu confiance en lui. Et cette perte de confiance est évidemment la pire chose qui puisse arriver à un footballeur (et à un sportif tout court). Le psychologique détermine tout le reste. "Quand je m’entraîne, je suis très tranquille. Evidemment qu’il y a des jours où je suis en mal de confiance, d’ailleurs cela peut se ressentir jusqu’aux entraînements. Tu sais que tu as souffert. Si tu as joué un ou deux jours avant, tu as encore l’image de la rencontre en toi et cela ne te permets pas d’avancer. Mais à l’entraînement, je me suis avec mes coéquipiers. La sensation que j’ai pendant les rencontres, elle, est mauvaise."





"Ce qui me coûte le plus, c’est d’avoir conscience de tout"


Ne pas assumer ses faiblesses, avoir honte de ne pas justifier les attentes, Gomes a perdu confiance en lui et surtout pris peur de la réaction du public, très critique envers lui depuis ses débuts en tant que Blaugrana. "Trop penser me fait mal. Car je pense aux mauvaises choses, à ce que je dois faire, et cela me met un frein. Mes coéquipiers m’aident énormément mais les choses ne se passent comme ils le souhaiteraient."


Le joueur poursuit et évoque son mal-être au quotidien. "Je me suis enfermé. Je ne me permets pas de me débarrasser de la frustration que j’ai. Donc ce que je fais c’est que je n’en parle à personne, je n’embête personne. C’est comme si je me sentais gêné. Il m’est arrivé plus d’une fois de ne pas vouloir quitter la maison. Par peur du regard des gens, j’avais peur d’aller dans la rue par honte (…)"


Le problème que rencontre Andre Gomes est plus psychologique que sportif. Même si le sportif a directement impacté sur le premier. Si on n’ira pas mettre le mot dépression sur ces symptômes, pas impossible que le Portugais y soit asujetti. Comme grand nombre d’autres sportifs qui souffrent en silence. "Je garde les choses pour moi jusqu’à que cela explose", a confié le joueur formé au Benfica qui a pu compter sur l’aide de ses amis. "Ils me disent que je me mets un frein à main. Ce qui me coûte le plus, c’est d’avoir conscience de tout. Cela me dérange qu’ils me disent que je peux faire beaucoup de choses. Je me demande : pourquoi est-ce que je ne les fais pas ?"




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