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Ligue des Champions : Séville-Leicester, pour raviver le rêve des Foxes éteint bien trop tôt

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Riyad Mahrez   Leicester
Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2017-02-21T14:54:51.983Z, mis à jour 2017-02-22T13:13:11.533Z

Mal embarqué en championnat mais encore en course en Ligue des Champions, Leicester va jouer une grosse partie de sa saison face à Séville mercredi soir. Les Foxes seront-ils assez rusés pour surmonter l’obstacle espagnol ou les renards se montreront-ils trop craintifs sur la scène européenne ? Le champion d’Angleterre représente en tout cas le paradoxe de l’animal au pelage roux.

Que s’arrête le temps pour que dure l’instant. Ces dix mots suffisent à caractériser la pensée des supporteurs de Leicester lors du sacre de leur équipe, en fin de saison dernière. Personne ne s’attendait à voir les Foxes soulever le Graal. Alors, au moment de l’euphorie, tout le monde a souhaité figer le moment dans le temps. Les plaisirs les plus puissants sont ceux qui perdurent. Mais c’est bien connu, peut-être même trop. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement. A chaque surprise succède une autre surprise. Si personne ne s’attendait à voir les Renards en haut de l’affiche, glaner la première place aux traditionnels mastodontes, personne non plus ne s’attendait à un retour sur terre aussi brutal. Une illusion, une flatterie de plus, un mensonge, ou une ruse pour briller en Ligue des Champions ?

Le paradoxe du renard

Dans la culture traditionnelle, le renard dégage l’image d’un animal rusé, qui n’hésite pas à employer la flatterie et le mensonge pour parvenir à ses fins. Incapable physiquement de lutter avec ses prédateurs, le renard use de malice et d'autres artifices. Maître de la dissimulation, fin observateur, il se fond dans son paysage pour tromper son monde et surmonter les obstacles. Malgré tout, le renard demeure cet animal craintif, qui porte l’œil dans la symbolique du rêve. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si dans la mythologie grecque le renard de Teumesse perd son duel contre Lélaps. L’anime au pelage roux, destiné à ne jamais pouvoir être attrapé, tombe au combat contre le chien destiné à ne jamais manquer sa proie. Une allégorie qui représente bien la situation actuelle de Leicester : assez rusé pour s’être hissé vers les sommets, mais pas assez résistant pour y rester. A moins que tout ceci soit une duperie pour progresser en Ligue des Champions… 

Et Leicester céda son trône

Le plus difficile n’est pas d’accéder au sommet, mais bien d’y rester. Une dure réalité qu’est en train d’apprendre à ses dépens la bande de Ranieri. Entraîneur à la réputation de looser, qu’il traîne comme un boulet de club en club, l’Italien avait suscité l’admiration de tous ses pairs en accédant au titre. Tel un renard, il s’était perdu dans cette masse d’entraîneurs de milieu de tableau, bons mais pas assez pour viser les sommets. Maître de la dissimulation, il avait mené ses rangs à la victoire finale. Mais aujourd’hui, sa ruse ne fonctionne plus. A-t-il réussi à nous duper ou a-t-il plus simplement perdu son mojo ?


Leicester est actuellement 17ème de Premier League, avec 21 points pris en 25 journées, à une unité seulement de la zone de relégation. Les Foxes viennent d’enchaîner six matches sans inscrire le moindre but, une grande première pour un champion en titre en Angleterre. Pis encore, ils restent sur cinq défaites consécutives en Premier League et n’ont toujours pas connu l’ivresse des trois points en 2017. Le constat est accablant : Leicester est la pire équipe du championnat en 2017, mais également le pire tenant du titre depuis 54 ans. Il faut remonter à la saison 62-63 pour retrouver trace d’une équipe qui présente si peu de points après 25 journées (Ipswich Town).

Evidemment, il ne fallait pas espérer voir Leicester conserver son titre. Le sacre des Foxes, aussi rafraichissant fut-il, représente une anomalie dans l’histoire de la Premier League. La bande de Ranieri n’était clairement pas armée pour tenir la dragée haute à des écuries destinées à la gloire, telles les Manchester, Arsenal, Chelsea, Tottenham ou Liverpool. Cependant, voir les Renards tomber si bas était impensable. Ranieri a beau avoir perdu sa plaque-tournante, N’Golo Kanté, il a conservé la majorité de ses cadres, dont le meilleur joueur de l’exercice précédent, Riyad Mahrez, et l’avant-centre de l’Angleterre, Jamie Vardy.

Au bord de la relégation, Leicester ne tentera pas de trouver son salut en Ligue des Champions mais bien sa rédemption.   

L’Europe de la dernière chance

A l’inverse des cadors européens, Leicester n’a aucune obligation de résultats en Ligue des Champions. Quand des Real Madrid, des Bayern Munich ou des FC Barcelone doivent au moins viser la finale pour ne pas décevoir leurs supporteurs, les fans des Foxes perçoivent la compétition comme un bonus. Ce qui devait à la base être un plus s’est aujourd’hui transformé en opportunité de sauver une saison à l’antipode de la précédente, une sorte de dernière chance. Chassé de son propre royaume, Leicester va tenter d'en conquérir un nouveau. 

Mal en point en championnat, Leicester se débrouille plutôt bien en Ligue des Champions. Les Foxes ont battu coup sur coup Bruges, Copenhague et le FC Porto avant de connaitre des matches retour plus compliqués, avec une humiliation 5-0 face aux Portugais. Les Renards ont malgré tout terminé à la première place du groupe et devront maintenant en découdre avec Séville. Le 17ème de Premier League contre le 3ème de Liga. Sur le papier, l’affiche paraît complètement déséquilibrée. Mais avec Leicester, on n’est jamais à l’abri d’une surprise.


Rusé et astucieux la saison dernière, Leicester montre un visage plus craintif et docile en cet exercice. Mais les Foxes ont de la ressource et tels les renards qu’ils sont, ils sauront surmonter les obstacles qui se trouvent sur leur voie. Associé à l’âme humaine dans la symbolique des rêves, le renard devra dégager un supplément d’âme pour vaincre Séville. L’éclaircie Ligue des Champions pourrait alors ressembler à un arc en ciel.