Lloris, suspect N°1 ?

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Lloris, suspect N°1 ?
Par AFP|Ecrit pour TF1|2009-09-03T07:04:06.000Z, mis à jour 2009-09-03T07:04:06.000Z

Pour affronter la Roumanie et la Serbie, Raymond Domenech aurait choisi d'aligner Hugo Lloris dans le but tricolore. Le choix de la stabilité avant deux rendez-vous capitaux. Alors que le débat Lloris-Mandanda n'en finit pas de diviser, le Lyonnais ne devra pas se louper.

"Quelle est la nouvelle hiérarchie des gardiens ?" . La semaine dernière, Raymond Domenech n'a pas vraiment éclairci le débat. "Il y a déjà la réponse dans la question", s'est-il contenté de rétorquer. Il faut dire que le sélectionneur a lui-même brouillé les cartes il y a deux semaines en bouleversant l'ordre établi avec la titularisation d'Hugo Lloris aux Iles Féroé. Depuis, Domenech réfléchit. "C'était sur ce match-là. Je voulais le mettre dans la situation d'un match à pression, qu'il sente ce que c'est qu'un match avec pression. Lloris et Mandanda ont toujours été à égalité, a expliqué le patron des Bleus. J'ai quinze jours, trois semaines, pour faire un bilan, voir comment ils réagissent en club. Ils sont à égalité, c'est pour ça que c'est délicat de choisir". Voilà pour la version officielle.


Car, selon L'Equipe, le choix serait déjà fait depuis longtemps. C'est le Lyonnais qui devrait une nouvelle fois se retrouver dans le but tricolore face à la Roumanie, samedi, puis en Serbie, mercredi prochain. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il ait eu à sortir le grand jeu face aux Féroé. "Dans ce match là, Lloris n'a pas eu grand chose à faire, mais ce sont les matches les plus compliqués à faire pour les gardiens, car il y a toujours un petit quelque chose à faire finalement", reconnaît Domenech lui-même. Mais le Lyonnais, déjà décisifs à plusieurs reprises en Ligue 1, signe un début de saison remarquable. Et il n'a jamais caché ses ambitions. "Cela a toujours été un objectif. Aujourd'hui, il y a des choix qui sont faits. Je ne revendique rien. Je ne maîtrise que le terrain et je serai toujours là pour donner le meilleur de moi-même", prévenait-il en début de saison.


Barthez : "J'adore les deux"


De son côté, Steve Mandanda fait sans doute les frais de ses prestations peu rassurantes chez les Bleus. Impeccable en club, il est apparu beaucoup moins serein dans le costume de numéro 1 qu'il porte depuis l'après-Euro 2008. Et il le reconnaît volontiers. Dans un chat organisé par La Provence, le portier de l'OM a jugé ses performances "très moyennes". S'attendait-il à prendre place sur le banc ? "Ça fait partie de l'enjeu : si on n'est pas bon, on passe sur le banc. Donc à moi d'être performant pour garder ma place. Je sais que, derrière, ça pousse" , estimait-il alors. Pourtant, il assure ne pas être touché pour le changement de hiérarchie aux Féroé. "Il n'y a pas mort d'homme. Je ne comprends pas pourquoi il y a eu tout ce cinéma autour de ça. J'ai été déçu parce que je suis un compétiteur mais je n'ai pas été spécialement affecté", assure-t-il.


Sur la forme du moment, principe érigé par Domenech depuis son arrivée à la tête des Bleus, difficile de trancher entre les deux jeunes gardiens. Au niveau du talent, les deux se valent. "J'adore les deux (Steve Mandanda et Hugo Lloris), je n'ai pas de préférence", avait lui-même avoué Fabien Barthez, présent cette semaine à Clairefontaine et qui avait déjà connu en son temps une concurrence semblable avec Grégory Coupet. Mais ce débat aura rarement mis aux prises deux gardiens de la même génération. Sur ce sujet, chacun à son avis. "Je crois que le meilleur doit jouer. Ce sont deux jeunes gardiens, qui ont plus ou moins la même expérience en bleu même si Steve (Mandanda) a joué un peu plus de matches", s'est risqué Julien Escudé cette semaine. Mais, au final, c'est Raymond Domenech, en concertation avec Bruno Martini, qui doit trancher.


Au nom de la stabilité


Et, aujourd'hui, c'est justement ce principe de stabilité qui semble prévaloir pour Hugo Lloris. A ce poste si particulier, tout le monde est d'accord. La concurrence ne sied pas forcement aux gardiens qui ont besoin de repères et d'automatismes avec leur défense. "Pour un gardien, c'est important de venir régulièrement aux rassemblements, de faire des matches référence", a ainsi insisté Escudé. Et il n'est pas le seul. Pour Grégory Coupet, les Bleus sont entrés dans un "cycle Lloris" aux Féroé en propulsant l'ancien Niçois en premier plan pour un match officiel. Avant deux rendez-vous capitaux, Raymond Domenech serait en tout cas bien inspiré de clarifier la situation s'il veut offrir davantage de sérénité à son titulaire. Quoi de pire que se savoir sur la sellette à chaque match ?