Les losers sont en finale

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Les losers sont en finale
Par Philippe DA COSTA|Ecrit pour TF1|2010-07-09T17:00:01.000Z, mis à jour 2010-07-09T17:00:01.000Z

Souvent favoris, jamais gagnants. C'est un peu l'histoire des Pays-Bas et de l'Espagne en Coupe du monde. L'un des deux décrochera pour de bon son étiquette de "loser" dimanche. L'occasion de revenir sur les éditions où Néerlandais et Espagnols n'ont pas assumé leur statut jusqu'au bout.

PAYS-BAS: 1974, 1978, 1990


En 1974, les Pays-Bas et leur football total sont menés par les talentueux Johan Cruyff, Johan Neeskens, Johnny Rep ou encore Ruud Krol pour ne citer qu'eux. Les qualifications ont été douloureuses mais après le premier tour, les Oranje impressionnent et font donc figure de grands favoris. Même devant l'Allemagne, championne d'Europe et pays hôte. Le deuxième tour et les victoires sur l'Argentine (4-0) et le Brésil (2-0) ne font que renforcer ce statut. Avec l'ouverture du score en finale deux minutes après le coup d'envoi, personne n'ose croire à une victoire de la RFA. Ce sera pourtant le cas (2-1).


Quatre ans plus tard l'histoire bégaie. Le premier tour est plus difficile pour les Néerlandais avec un nul face au Pérou et une défaite devant l'Ecosse. Ils passent quand même, battent l'Italie (2-1) et l'Autriche (5-1) avant d'écarter la RFA (2-2). En finale, les Oranje retrouvent, comme en 1974, le pays hôte, l'Argentine. Une fois de plus, ils s'inclinent (3-1, après prolongation), rejoignant Hongrois et Tchécoslovaques au rang des doubles finalistes malheureux. Un traumatisme qui les suivra pendant dix ans.


En 1990, les Pays-Bas retrouvent la Coupe du monde. Ils ont manqué les deux dernières éditions mais sont devenus champions d'Europe en 1988 grâce à la génération van Basten, Gullit and co. Lorsqu'ils débarquent en Italie, ils ont donc l'étiquette de favoris sur le dos. POurtant, ils ne gagneront aucune rencontre. Au premier tour, les Néerlandais obtiennent trois nuls face à l'Angleterre (0-0), l'Irlande (1-1) et l'Egypte (1-1). Ils passent quand même mais dès les 8e de finale, face à la RFA, le couperet tombe (2-1).


ESPAGNE: 1986, 1998, 2006


En 1986, l'Espagne reste sur un échec au 2e tour de sa Coupe du monde (1982) et une finale perdue face à la France à l'Euro (1984). Au Mexique, la Roja est notamment emmenée par Emilio Butragueño et Michel. Elle perd devant le Brésil mais domine l'Irlande du Nord et l'Algérie au premier tour. En 8e, elle se retrouve face au Danemark, épouvantail de la compétition après ses trois victoires dont un 6-1 face à l'Uruguay et un 2-0 face à l'Allemagne. Personne ne donne cher de la peau des Espagnols. Ils s'imposeront pourtant 5-1 avec un quadruplé de Butragueño. Une sensation... avant de chuter face à la Belgique au tour suivant, lors des tirs aux buts (5-4).


En 1998, l'Espagne figure parmi les nombreux favoris. De plus, elle a été bien aidée par le tirage au sort qui lui offre le Nigéria, le Paraguay et la Bulgarie au 1er tour. Tout ira de travers pour la Roja. Une première défaite face au Super Eagles (3-2) avec une boulette de Zubizarreta et un nul médiocre face au Paraguay (0-0) mettent les Espagnols dans une situation difficile. Malgré la large victoire sur la Bulgarie (6-1), la victoire du Paraguay sur le Nigéria scelle l'élimination de la Roja. Dès le premier tour. Une surprise, un fiasco.


En 2006, l'Espagne arrive avec une formation jeune (Torres, Villa, Xabi Alonso sont déjà là) et joueuse. Sur le terrain, ça fonctionne parfaitement. L'Ukraine (4-0), la Tunisie (3-1) et l'Arabie Saoudite (1-0) en font les frais en phase de poules. En 8e, la Roja se retrouve favorite face à la poussive France et annonce fièrement vouloir mettre Zinédine Zidane à la retraite. David Villa ouvre le score mais les Espagnols s'écroulent (3-1) sous l'impulsion de Vieira et Zizou. Ils quittent l'Allemagne frustrés comme jamais.